‹ Progrès et position actuelle de la Russie en Orient;Chapitre 9 sur 12 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Un coup d'œit sur la carte démontrera que la Russie a étendu ses frontières dans toutes les directions ; il n'est pas jusqu'à la mer Caspienne y qui semblait présenter un obstacle à sou agrandissement^ qu'elle n'ait tournée à son avantage en se 'l'appropriant. Ai époque où elle démembrait des pays civilisés, en Europe et en Asie, pour augmenter ses domaines , les plaines de la Tartarie excitaient encore sa cupidité. Insatiable dans ses désirs , elle s'est transportée jusqu'en Amérique , où, en violation directe de ses engagemens avec l'Angleterre, elle conteste ànos marchands le droit de naviguer sut les fleuve dont l'embouchure se trouve sûr la côte occidentale de cet hémisphère. Les acquisitions qu'elle a faites' sur la Suède sont plus grandes que tout ce qui reste de cet ancien royaume ; celles sur la Pologne égaleiit en étendue tout l'empire d'Autriche; le territoire ravi

( a»o ) à la Turquie y en Europe y équivaut à toutes les possessions de la Prusse, moins les provinces rhénanes ^ les cbAquétes rosses sw la Turquie , en Asie, égalent en dimension les petits états de l'Allemagne, les provinces rhénanes de la

f™*s«» k Çç|igj<w« f% I? VpH?wIç vimm» les

p»jrs Jjrraphés à 1% Perce ap|)çoçhent de Tét^f^ ^e rAii|le|erre} ceux acquis eçi ICs^t^rie xfaf,-. fermeraient U Turquie d'Eurç^ , 1^ Çjrèfîç , ritalie et l'Espagne j| en^i) tout ce qu'elle ^ q^ îp»s 4ans 1^ courant de 6^ ^p^ée? , à^^s. ? 77% , *«rP«.??e:f en étendue çt ei» ÂRpoT^BCp , §on tspf^ P«« en^ec e^|i Çurçpp ^yaijt, çeWç ^qvie.

Voilà ^. ffi^s, inç9«\^5ti|yç$i^ çt, qu^ s«nt de nature à fr^pp^ de ^tupçflr XfffA hpinme qi;ii , jusqu'a%s, Tç(y ?\uf?i* psf réflpç^^, ft «airêliçr l'att^n^on de qi:^ç^x>,quç T W^. WJffOPWr ^\|r l'ét tat actuel de l'EWIW. ^ .4& l'A#-

Çl»?cu;9,ç. dç ç,e» C)i^^fl^^.,, e^FççpJt^ pPuM*»» celles en 'TaTlqri.e,, s^ ^«^ Çqlp c^tfç ^e», yi?^., 1^;^ intentions et le^ ip,téré^. 4^ l'Ang^tçrre, ^e dér mçmlpre^)enlt ^o 1^ Suè^f ,. le p^rti^e d« ^ Polog^e, ^ oQïvpête 4ç? pjrqyipfre* W^V^ ^

p^s9iie«y ont été Clément préjudiciables aux intérêts britanniques ; et quoique quelquetnans de oes actes «ient trouvé^ temporairement et pour un prix corurenU) fayeur à Vienne et à Berlin, aigourd'kui , ces états mêmes qui ont participé ^w; rapmes de la Russie ne peuvent phis les en^isfiger qu aiwe inquiétude*

l^ féree et les ressources de la Russie consis* leuit daQ$ li^ pays à l'ouest du Volga > et noti point dan$ les dés^rt^ de la Sibàrie ; sou empire en Europe a ^é presque doublé au Iwat d'un pM plus qiue d'un deoai-^sîècle. Dans l'espace die G4 ^^^9 ^Ue poussa ses frontières de trois QOitP^lieQeaTersVieniMi^ Berlin, Dresde, Munich et Fans; elle se rapprodsa de cent soixantedix lieues de Ck^nstantiiiople ; elle s'empara de la capitale de la Pologne et se pla^a à peu de Ue^ies de^ celle de la Suède', dont, à l'aYénement de Fienre4e4}rajnd , elle se trciuwtt éloignée encore

* La Russie fortifie actnellement l'île d^Aland, à peu <le distance de Stockholm , et force les Pcdonals, courbés sous leurs thébea, de river osUes de la S»ède.

de plus de ceqt lieues. Depuis ce temps«*-là / elle s'avHîiça de près de quatre cents lieues vers les Indes' ainsi que vers la capitale de la' Perse. Le régiment qui statioime aujourd'hui à l'extrémité de sa frontière ', à l'ouest de la mer Caspienne^ aurait à franchir la même distance pour retotirner à Moscou que pour aller à Attock sur l'iiidus^^ et se trouve phis éloigné de Saint-Pécerskourg que de Labore , capitale des Seihs. Les bataillons de la garde impériale; à l'artoée de Perse', s'apercevaient, à la cessation des hostilités, qu'ils étaient aussi près de Hérat que desr^es du Don-; qu'ils avaient déjà accompli k moitié oKï chémiû de leur capitale à Delhi , et que , pai^ cOnséqu^t, il y avait de leur camp la même distance à parcourir pour revenir àSaint-PétersboiU'g que pour s'avancer jusqu'à la capitale de l'Hki^os^ tan. La ' Gazette * de Moscou menace ^ en atteiU

dan t, 'de dicter à Calcutta le prochain traité de paix avec l'Angleterre , et la Russie ne cesse d'offrir à ses fixais au gouvememeut persan ses pfficiers d'instruction, ses armes et son artillerie, au moment où ses propres bataillons se tiennent

prêts à entrer en Pcr^e, dès que le shah se verra porté à réclamer leur assistance.

Ainsi ^ au moment où elle accusfB. les gouyernemens de l'Europe, plus libéraux. quç. le sien ,. du désir de renverser les institutions existantes,, c'est la Riissie qui mine elle-même les trônes qm» se trouvent à sa portée. C'est elle qui a renversé ce][uide la Pologne. Depuis la bataille de Narwa,. elle n'a c^ssé de ti'oubler et de mutiler h Suède , tantôt parla force, tantôt par l'intrigue; .depuis^ la bataille de Pultawa, elle a toujours, travaillé à la ruine de la . Turquie ; . dbpuis. la paix de Nystadt , elle a constamment poursuivi ses conquêtes en Perse. Ses intrigues en Allemagne, et ses projets ambitieux, sont, une \ source d'alarmes/ continuelles pour i' Autriche. La France $e trouve menacée d'une invasipji.

parce qu'on veut lui imposer un gouve^ne^lent qu'elle repousse. On veut faire acoroire. aux. Grecs. que leur pays ne jouira de la.tranqjuillité^ que Iprsqu'il deviendra une simple provinçi^ ro^se. La Prusse n'achète la .modér^tiôuc^dis. la; Russie k son égard qu'en se pliant au^Xidessieinst

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et jusqu'aux caprices de l'empereur. Des restrictions hostiles sont dirigées contre le conlmèrce de l'Angleterre^ et on menace outertemetit d^attaquer soti empire en Orient. Dans les déserts de la Tartane ^ à l'est et à l'ouest de la mer Caspienne^ au nord et au sud de la mer Noire ^ au centre de l'Europe comme dans la Baltique , partout nous trouvons que là Kussie est notre adversaire infatigable et heureux; avec un terri*toire plus étendu que celui qui a jamais appartenu à une seule couronne , la Russie ne cesse d'avoir soif des coiiquétes et dirige toute son éner^ gie non vers des améliorations intérieures , mais vers de nouveaux envahissemens territo^ riatlx.

Lors({ue les souverains de l'Europe exigeaient et obtenaient à deux reprises l'abdicatiùn de Pïapoléon, comment justifiaient-ils leur droit de chunger une dynastie en Franee? N'envisageaient* ik pas ce ehangement comme indispensable k leur s^urité? N'ont^ils pas déckré que le règne de Napoléon était incompatible avec la tranquillité de TEiii^pe ; que l'histoire entier de sa vie

lé Mollirait incapable dé mettre ùh freiii à son àinJbitibii et de laiséèr ëii paix ïés autres étais, et qiië, pâif Hànsêqiièni y iotiiés ses protestations pacifiques et modérées iié méritaient àiicÛhë êbhfîâncë? Sëi vues ëiàiëhi-ëlles pliis éii- Vàhissàiiiës , soii ainbliioii pliis démesurée, se» îrùsës plils perfides , ses âttaqiiës moins provot[ùêés, où ses conquête? plus étendues (jùe ceUes^ de la Kùssië ? 0|d bien le mal sérait-ii moindre ,

lorsqu'il est accompli par une série de sôuVë-

rams y que lorsqu il ne dépend que dq la vie a un

séiil homme?

Le droit d'iiitërvèntichi dans les affiiirés dès-

états indëpéiidàhs se foiiaé sui* le séiit pi*iûcipè

qiië, comme iiotf e propre conservaliôri sétrcKivë

notre premier devoir, elle remporte siir toutes

nos autres obligations. Four quel applicàiiôii ae

ce firîhcipè soit juste , il fàiiè îprbùvër qu îl y a

^hger non pour tés intérêts secondaires , ixiais

pour les intérêts vitaux de 1 état qui 1 invoque. Or

les questions internationales se fondent sur lé-

quité et non pas sur des lois positives. — II y a

sous ce ràppôi't dés parties y mais point dé juges

et de ti*ibuiiaux. Tout oe que les peuples peuvent donc exiger , c'est qu'il y ait une telle évidencç de danger, qu'elle ne puisse être méconnue par aucun esprit impartial. Si donc l'acquisition par la llussie d'un pouvoir suprême sur les forces et les ressources de la Turquie et de la Perse (or l'un implique l'autre) , se trouvait dangereuse pour l'existence de l'Autriche , pour le commerce iet les posse3sions de T Angleterre dans l'Inde, pour la tranquillité des états méridionaux de l'Europe,^ et pour la France en particulier ; si cette acquisition don nait à la Russie une prépondérance incompatible avec l'indépendance et les libertés de plus d'un

peuple, il est certainement hors de doute que les puissances européennes ont le droit de prendre toutes les mesures possibles pour prévenir un mal aussi grave ^ et que l'évidence de pareils projets de la part de la Russie leur fournit déjà tous les motifs pour s'opposea^ non seulement à leur

réalisation , mais encore à tou^ ce qui pourrait visiblement les favoriser, -r— Lorsque nous sommes dans ,1e cas de sonde^. les ix^)tifs et les ipten>

( :H7 ) tions d'un individu ou d'une masse d'hpmmes quelconque, leur histoire. antérieur et leurs qualités ^caractéristiques . forment xin élé^nt principal de notre jugement^.. Si. nops voyons qu'un gouvernement a poursuivi sans relâche un objet important à travers plusieurs règnes eli pendant l'espace de tout un siècle ; qu'iL a sacrifié à cet effet la vie d'un million de ses. sujets et des sommes immenses d'argent; si nous le voyons renouveller tous \es^ ans ses efforts et accumuler aes moyeu$ d!action^ a vançer constamment dans la même direction et se servir toujours des mêmes, moyens; il nous est impossible de douter qu'il ne continue à nourrir les mêmes intentions y et lorsqu'il les désavoue , c'est par des actes et non pas par des paroles qu'il pourra jamais nous prouver un véritable changement dans sa politique : — or voilà la position de la Ru^^ie à l'égard de ses voisins ; *•—

voilà ses vues et ses desseins. .

Mais on objectera que le danger attaché à

l'heureuse réussite de ces desseins est encore

^lOuteijix, Le moyen le plus facile 4'çclairçr ce.

( ai8) doute est de se dfematidèr quel i>arti prtendràiënl: Héit ilàtldns létiiropëéhnèï ^ et l'Angleten^ éh fàttxéidîék', A la Rtii^Ië s'éUàtikràit de CbUstJibtimpU. L'Aiitriëhe 'A ^M âè dëiii beufc ihillë MAaiàei i^'ëllë etii^lbiëHii pbbï' kj àpptiièt. li'Afiglëter^ et la F i^fac^ Ûe pati^isà^t pds ^ûlôii' s'y ^Uinëth^ bu séUl lAôihëni. ^1 dôiid ces puissanèéâ Mût dété^miâéëé d'atàâcë à avoir i^ëoourt aoïc àMeà poiù* i<ëiliédiér kit ijciàl lorsqu'il àtrbret&it , ëHei àdUeitëtit pât-^ ijue ce nid est iiUriiËtisé, puik[d'il Jùstlfiei^iè le recoure k dé ^réils iàôyehi, ei tWës kaûi par c6ù«iqUëilfc tfMlgéék dé i'ôppôétfr à jfàltt ce iqtii ittèntihiit é¥idèitittiéni à là téalidatlota de ce mal. Léè bidtès eh sëràûH toujéufi lé» métti^ s'il féMté de la f6i*éë dû de rifatrigiié, «t il est; au!^ Aébés^iM de fé^àtèic h Vtaaê iJodàdé »

Yiûité.

SA là Rilsdé refiiie de ddiuiër avoL autrëà j[itiîé* sanoes des garanties potù: l'aTënii', ijàé les V6ié» de sa politique et lé soin de lédf- plro^il^e ^Âreté îèi autorisent à deittafader, il déiriehdrà évident qd» Mh ftedemént elle est déèermitiée à për-

sistér dans ses ctesseins , mais que d^àîUeurs elle n'à aucuti égard poui' la pflijt de TËtuVipe^ qu^elle aftetàfè d'àVoîf* le désir sttlbète de ôônséi^èr. &i Iti àutreé états é|iient d^ùâ tàt jàldùx tous séà procédés y c'est que ses aàt^ et ta position qu^eUer occupe justifieiit cette coudtdte de leur part. Éi sëS {irôtestâtioris de ïnodéi^ation sôiit reçues avec méfiànCé , elle doit sentir que Tâbus qu'elle éh a fkit ju^'ici en à détruit toute k tàleur, et que dorénavant ce sont ses actes et non pas ses paroles qui décidei^nt de ce qu'oU l^eDsetâ de ses viles. Le seul état eti Europe ^i éhër^ké ii s'agrandir avtt déptùA de ses voisins , e'est là Ktissiè. Le setil état dofit la prépondérdtièe et l'àmbîtioù / méhààetït âé troubler k traiiqtdllité générale^ iï'est la Rtlè^e. L'uuic^ûe ^ssalidë qui cker^tîé à faire crouler des gouvernement éiKlstaUé^ c'est la Aussie. Toutes les nations désirent lUàititenir l'indépendauee des autres pârys^ conserver les éhoses comme elles tont^ et recorisfruire plutôt qu'abattre les édifices MciàUx. toi ftùs* sie seule làoeuace de renverser des trônes ^ de .bouleverser des empires , et de subjuguer des

Hâtions jusqu'ici indépendantes. C'est donc k elle qu'il appartient d'assurer la tranquillité du monde ^ en abandonnant la position menaçante qu'elle occupe^ et à fournir ainsi des garanties, de ses futures intentions , qui^ permettraient à rSurope de se reposer avec sécurité.

Le traité d'Unl^iar Skelessi ^ l'occupation prolongée de Silistrie, la donfination sur les bon-» ches du Danube 9 la position de la Russie eu Moldavie et en Valachie*^ sont autant d'indices de sa détermination à poursuivre la politique dont elle n'a pas dévié depuis un siècle.

Si la Russie ne cherche pas à s'agrandir du , côté de la Perse ^ si elle ne tend à s'emparer ni d'aucune portion de son territoire y ni d'une influence exclusive dans ses conseils^ elle n a qu'à, prouver sa sincérité en satisfaisant aux engagemens du général RiteschefT^ et en restituant à la Perse les districts situés au-delà de l'Araxe î qu'elle renonce donc à la domination du passage de ce fleuve à Âbbasabad^ qui n'est ni nécessaire lû même utile à sa défense , et pe peut servir qu^ pp^r l'attaque; qu'elle abandonne son droit'

de nàvijgation exclusive sur la mer Caspienne, qù'ëlfe pérmetteenfin à la Perse de se servir des eduxquibaignent ses propres rivages, pour avoir dés moyens d^observatîon sur sa frontière.

Tout' cela doit être fait,' i)on comme prix de concessions nouvelles et plus importantes , maife cdmtde gage quelconque de la ■ sincérité des professions de foi si modérées de la Russie; Si ^ elle ne fait rien pour faire naître chez

. it • ■

les autres puissances un sentiment de sécurïté,^i elle renouvelle seulement ses protestations, comment pourrait -on jamais y ajouter foi? "

La Grande-Bretagne n'a d^autres intérêts en Turquie et en Perse que c£ux de lem* înté^ grité et de leur indépendance. Elle n'y prépare aucunement des moyens d'agression, elle ne cfaerche qu'à y repousser les agressions de la Russie.

Si la Russie n'avait jamais franchi le Caucase, les rapports entre l'Angleterre et la Perse n'auraient jamais été que purement commerciaux.

C'est l'ambition de la Russie qui nous impose la

tàçhç cTy pr^^^vçr çç qw est; ivi^^mment né^ çevuaîre k W>tïï^ sécurité, — ?< Si e)l« oe v^t now dciDYi^i: avcuqe garantie pqiir revenir, ell« w saurait ^voir droit ^ci ^ plûndre qu9p4 npw

aurons rçwiw à to^s l«ii moy w« powl>les jKjmr w^r^yer |« n^rçhe qu'ellç pow^uit, ai^w mil 4? persj^yér^pqç^ Si elle ^'ts&orçe 4« jasti'-

fi^r fes agre^ÎQ^s^ çQininent |it)i«Ta-tHçUe se ré^ crier oQUtre, 4e« nxesi;u^ d^ dé&nsf^^ quelque iHjgQurçiiseï^ qu'^Ue^ sQiçnt;?

JL'inU^prité eç rin^^pe^d^nçc dç Igi Fcrse aout ia(écemii^ pQW la ^curité des Inde^ et de VEu^ rope ^ et tout essai de porter atteinte à Tune est W ço^p porté k l>Ubre > — un açle. d'hwtilité

pflttfffitje env^ rAugleteire.

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