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Progress of Great Britain by M.P.F.[!] Porter

Tel est le titre d'un ouvrage d’un grand intérêt dontM. Porter, chef du bureau destatistique centrale à Londres, vient d’achever la publication. Les deux premiers volumes, publiésen 1859et 1840, contenaient, entre autres documents , une étude approfondie du mouvement de la population et de l’histoire financière du Royaume-Uni. Celui que nous annonçons est consacré aux autres branches de la statistique générale de l’Angleterre; il contient notamment de nombreuses recherches sur la production industrielle, sur les consommations diverses, sur les progrès de la richesse mobilière et immobilière, sur le mouvement de la criminalité, l’état des mœurs, de l’instruction publique, et sur le commerce extérieur.

Nous allons examiner successivement chacune do ses divisions, en rapprochant, toutes les fois que nous le pourrons, les documents anglais des documents français analogues.

« Dans aucun pays du monde. dit M. Porter, on ne compte une population aussi industrieuse, aussi activement occupée qu’en Angleterre. L’ouvrier anglais a, en outre, sur celui des autres États industriels, l’avantage de donner une quantité de travail plus considérable. Sa supériorité à cet égard s'explique parce fait qu’il travaille moins longtemps que sur le continent, et que, cependant, il gagne un salaire plus élevé, ce qui lui permet de ménager ses forces et de se nourrir plus substantiellement. » D’après le recensement de 1851, sur 8,812,276 individus mâles âgés de 20 ans, on comptait :

Employés aux travaux agricoles. 2,470,111

Dans le commerce et les manufactures. 1,888,708

Dans des travaux divers.. 008,sss

Domestiques. 132,811

Ecclésiastiques et exerçant des professions libérales. 275,0(U 1

Ainsi 546,094 individus seulement n'exercent aucune profession, soit un peu moins de 6 p. 7 0 .

Si les richesses produites par cette masse de bras et d’intelligences se répartissaient également, l’Angleterre serait l’Eldorado du monde entier. Mais il n’en n’est point ainsi; plus que partout ailleurs, la valeur des produits se concentre dans un petit nombre de mains, et c’est ainsi que s’élèvent ces fortunes colossales qui assurent,. il est vrai, à l’industrie anglaise une supériorité décidée, en permettant au fabricant d’opérer sur une vaste échelle et de nouer

1 Ce renseignement manque complètement en France, du moins officiellement. Quelques statisticiens ont essayé de faire une répartition semblable de la population du royaume; mais ils n’ont opéré que d’après des indices très-vagues et très-incertains. Cependant, à l’époque des recensements généraux, les circulairesministériellos prescrivent de prendre note des professions, et des cadres prépai es dans ce but sont adressés aux autorités locales. Il faut croire que ce document reste aux archives des mairies ou des préfectures, car nous nous sommes assuré qu’il n'est adressé à aucun ministère.

«les relations commerciales avec les contrées les plus éloignées, mais aussi qui font de la classe ouvrière en Angleterre, peut-être la plus misérable de l'Europe, en la mettant entièrement à la discrétion d’une oligarchie industrielle sans entrailles. Toutefois, M. Porter reconnaît qu’il s’est fait de grands changements dans la situation matérielle des classes laborieuses ; le vêtement est plus confortable, la nourriture est meilleure ; l’habitation seule ne s’est pas améliorée; dans toutes les grandes villes, Sclieffield excepté, l’ouvrier est mal logé;une seule chambre réunit la famille entière souvent très-nombreuse, au préjudice des mœurs et de la santé de ses membres.

« 11 ne dépend pas du gouvernement de faire cesser un pareil état de choses, qui se réduit à une question de salaire; c’est aux fabricants, dit M. Porter, qu’il appartient d’y remédier. Ils ont, ajoute-t-il, deux moyens pour cela; le premier consisterait à loger l’ouvrier dans les dépendances de la manufacture, en faisant une retenue proportionnée sur le salaire ; le second à élever le prix de la journée de travail et à disposer du produit de cette augmentation pour le consacrer à l’assainissement ou à l’agrandissement du logement de l’ouvrier en dehors de la manufacture. » M. Thomas Ashton a employé le premier de ces deux moyens dans ses vastes ateliers de tlyde, et il n’a eu qu’à s’en féliciter. « Tout ce que j’ai dépensé pour loger convenablement mes ouvriers, disait-il dernièrement dans un meeting, m’a été rendu avec usure. Plus sains, plus dispos, plus vigoureux, ils ont travaillé avec plus d’ardeur et ont produit davantage. »

A la suite de ces réflexions générales sur l’aptitude industrielle de la population anglaise, M. Porter examine successivement les divers faits économiques par lesquels s’est manifestée l’augmentation de la richesse nationale :

Maisons. — Le nombre des habitants par maison est resté à peu prés le môme dans le Royaume-Uni, de 1801 à 1841 :

En 1801

Le chiffre total des maisons habitées, a, au contraire, augmenté rapidement.

En 1801 il était de 1,167,870 »

Si le nombre des maisons a augmenté, on ne peut pas en induire que la condition matérielle du peuple s’est améliorée. Il faut donc recourir à d’autres renseignements pour avoir quelques données à cet égard. Ces renseignements, ce sont les variations survenues dans le produit ou la valeur des maisons, variations que nous allons reconnaître dans le mouvement de la taxe dont elles étaient frappées avant 1854, époque de sa suppression. Cette taxe se divisait en trois classes : la première, de 10 à 20 1. sterl.; la deuxième, de 20 à 40 ; la troisième, de 40 et au-dessus.

De 10 à 201. De 30 à 40

49 22 172,708 ou 49 21 215,233 OU 49 08 227,64

Le produit annuel de ces maisons, d’après la taxe, était, pendant les années ci-dessus :

Ces chiffres ne représentent pas le produit exact de toutes les maisons existant en Angleterre à ces diverses époques. Il faut observer, en effet, qu’un grand nombre de constructions n'étaient pas taxées; ainsi les bâtiments d’exploitation rurale, les maisons habitées par leslaboureurs, échappaient à l'impôt. H «Maintenant, dit M. Porter, si l’on compare la moyenne do l’accroissement de la population et des maisons sujettes à la taxe, de 1812 à 1833, on trouve que : ppouriapopulation, elle est de 30.83 pour 100; 2" pour les maisons taxées de 10 à -101., de 48.96;3° pour les maisons taxées à 40 1. et au-dessus, de 10.(10. Si on ajoute à ces résultats celui-ci, non moins significatif ; d’une part, que le nombre des constructions agricoles est resté stationnaire, de l’autre, que celui des maisons rapportant de 3 à 10 1. de revenus (qui ont cessé d’être, taxées en 1823), n’a que très-faiblement augmenté, il faudra bien conclure que la population s’est portée de préférence sur les maisons taxées de 10 à 40 1., c’est-à-dire d’un produit moyen plus considérable, et par conséquent qu’elle a pu s'imposer, pour son loyer, un sacrifice plus considérable. »

Il serait facile de répondre à M. Porter, qu’en admettant cette conséquence comme vraie, il ne faudrait pas en induire que la condition de la classe qui s’est imposé ce sacrifice, s’est améliorée; l'hypothèse contraire serait plus vraisemblable, et nous en trouvons la preuve dans ce fait que nous constatons chaque jour en France dans nos grandes cités industrielles, c’est que l’ouvrier chassé delà ville par la cherté sans cesse croissante des loyers, se voit contraint d'aller habiter la banlieue et même la campagne. Les documents rapportés par M. Porter pourraient s'expliquer plus exactement par la formation d’une classe moyenne, sortie des rangs du prolétariat et s’enrichissant chaque jour parle commerce et la petite industrie.

Domestiques. — Le chill're des personnes taxées d'après le nombre de leurs domestiques mâles, de 1812 à -18il), n’a pas aussi rapidement augmenté qu'on aurait pu s’y attendre, d’après l’accroissement de la population et de la richesse publique.

La diminution que l'on constateeri 18-21, par rapport à 1812, est remarquable. D'après les progrès de la population, au lieu d’une diminution, on aurait dû constater dans le nombre des personnes taxées une augmentation de 15 pour cent. On ne sait comment expliquer le fait contraire, à moins de penser que les classes riches, en voyant diminuer leurs revenus, par suite du renchérissement des objets de consommation. pendant la guerre, ont été obligées, par mesure d’économie, de réduire leur livrée.

Si l’on évalue à 60 1. les gages, la nourriture, etc., etc., de chaque domestique mâle, la somme annuellement alïeelée à cette dépense aura été :

En 1831, 670,491 domestiques du sexe féminin ont été recensés en Angleterre, dans le pays de Galles et en Ecosse, lu estimant leurs gages à 33 L, on est autorisé à penser que, dans la Grande-Bretagne seulement, l'entretien des domesti-

ques coûte aux classes moyennes et supérieures une somme annuelle de 29,575,663 I.

En Irlande, le rapport des domestiques mâles au reste de la population est plus élevé qu’en Angleterre, sans doute par ce motif que les domestiques n'y sont pas taxés. En 1831, il a été recensé, en Irlande, 98,742 domestiques mâles et 253,155 servantes. En évaluant à 15 1., dans ce pays, les gages d’un domestique mâle, et à 25 1. ceux d’une servante, on arrive, pour le Royaume-Uni, à une dépense totale annuelle de 40,347,8301.

Voitures.— Le nombre des voitures a plus que doublé de 1812 à 1840. Voici dans quelle proportion les diverses espèces de voitures ont concouru à ce rapide accroissement :

Années. Voilures à 4 roues. Voilures à 2 roues. Voitures de louage. Total.

1812 16,596 augm. 27,286 atigm. 5,544 augm. 49,426

Si l’on admet que; l’entretien des harnais, la location de l’écurie, les frais de

vétérinaire, non compris les gages des domestiques et la nourriture des chevaux, coûtent 100 1. par an, il aura été dépensé annuellement, dans la Grande-Bretagne seulement,

En 1812 4,942,600

Chevaux. — En divisant les chevaux en trois classes, chevaux deluxe, non de luxe et chevaux d’agriculture non taxés, on trouvait en Angleterre, en 1838 et 1840, les chiffres suivants :

Chevaux de luxe. Non Je luxe. Exemptés de la taxe. Total.

Vaisselle d'or et d'argent. —Jusqu’en 181.'), les tavernes et beaucoup de maisons bourgeoises se servaient de couverts en fer ; il est fort peu tle tables aujourd’hui où ils ne soient pas en argent, et cependant le poids de la vaisselle d’or et d’argent a été plus considérable, de 1807 à 1815, que de 1830 à 18.77. Dans la première période, la vaisselle d'or soumise à la taxe pesait 30,750 onces (environ 1,421 kilog.), et la vaisselle d’argent 8,200,137 onces (252,123 kilog.l Dans la seconde, ces chiffres s’étaient ainsi modifiés :

M. Porter explique cette diminution de plusieurs manières : « Il est possible, dit-il, qu’à l'époque delà dépréciation du papier de banque, un grand nombre de personnes aient converti une partie tle leur fortune en métaux précieux, croyant ainsi s'assurer des valeurs certaines, sans dépréciation possible, tandis qu’en réalité, elles sont soumises à des fluctuations plus ou moins considérables, selon que la production de l’or et de l’argent est plus abondante. D’un autre côté, les bénéfices considérables que l'élévation de la rente de la terre, pendant la guerre, rapporta aux propriétaires et aux fermiers, de 1805 à 1815, ont dû leurpermettre d’augmenter leur comfort intérieur et d'acheter

' D’après un recensement récent, la population chevaline de la France est estinn e à 3,095,496 bêtes. C’est à peu prés t cheval pour 12 habitants.

beaucoup de vaisselle. Enfin, on peut également penser que les divers perfectionnements introduits dans la fabrication du plaqué, ont établi entre ce nouveau produit industriel et les métaux précieux une concurrence redoutable pour ces derniers

Céréales. Les céréales n’étant soumises, en Angleterre, à aucune taxe intérieure, il a toujours été impossible d’évaluer avec quelque certitude les quantités mises annuellement en consommation dans le ltoyaume-lni. On ne sait pas davantage quel est le produit annuel moyen en céréales par acre de terre, et la portion du sol affectée à leur culture ’, ainsi que la cou .ommation moyenne actuelle en céréales par individu. L’absence de ces divers documents est préjudiciable à la fois pour l’Etat, pour le consommateur, le propriétaire, le fermier et l’industriel : pour l'Etat; le lise gagnerait davantage, en effet, à ce que l’importation des blés étrangers, au lieu d’être livrée au liasard, fût la mesure exacte et régulière des besoins mamlestes sur le marche intérieur :1e consommateur; si la récolte était connue et son insuffisance, par exemple, constatée avant qu'elle soit livrée à la consommation, les arrivages de l’extérieur se feraient assez à temps pour arrêter l’élévation des prix J : le

1 Voici ce qu’en 18:10 onl produit en Angleterre les impôts somptuaires :

Domestiques mâles. 1,880,583 75

Gardes-chasse... , 7,(158 j.

propriétaire et le fermier; les produits des récoltes ne seraient conduits au marché que selon les besoins, ce qui éviterait les engorgements, et, par suite, les dépréciations des prix : enfin l’industriel ; en ce sens que le pain étant moins cher, le consommateur pourrait consacrer à d’autres dépenses une plus forte partie de son revenu ou de son salaire. Malheureusement, ajoute M. Porter, il y a dans ce pays une antipathie, une répulsion instinctivescontre toutes recherches statistiques, agricoles ou autres, et il est à craindre que longtemps encore, les efforts du gouvernement n’échouent contre cette mauvaise disposition des esprits, qui voient dans toute espèce de recensement la menace d’un impôt nouveau, ou d’une aireravalion d impôt. »

Sucre. —Voici qu’elles ont été, pour la Grande-llretagne, les quantités de sucre mises en consommation, et exportées à diverses époques :

3,341,496 tonneaux 1 3,398,367 Exportalions. 350,639 106,010

Consommât, par lèlc. 301. » 3/1 29 4 1/3

ld. pour l’Ilrande. 6 3 7 14 1/2

Bien que le droit sur le sucre ait été réduit, depuis 18lo, 31. Porter est d’avis qu’il pourrait être encore abaisse sans aucun inconvénient pour le trésor ; c’est ce que semblerait prouver le tableau suivant, qui montre que les recettes du fisc se sont accrues en raison directe de la diminution du droit.

M. Porter établit ensuite, par un relevé de la dernière période décennale, qu’à l’exception de l'année 1833, pendant laquelle une prospérité industrielle sans exemple procura aux classes ouvrières, en Angleterre, un bien-être exceptionnel, l’élévation du prix du sucre a toujours coïncidé avec une diminution dans la consommation. En 1839, il a suffi d’une augmentation de 2 deniers (20 cent.) par livre, pour amener en six mois une diminution de 23,001) tonn.dans la consommation, et la réduire à 12 liv. 5/4 par tète, pour la population générale; à 40 liv., pour les classes riches; à 0 liv., pour les classes ouvrières 8 .

A ce sujet, M. Porter se prononce fortement contre la protection évidemment ruineuse pour le consommateur anglais que la métropole accorde à scs colonies sucrières des Antilles. Par suite de cette protection, en effet, les importations de ces colonies, qui s’élevaient, en 1851, à 200,000 t., sont descendues, en 1810, à 110,000 t., et, malgré un supplément de 12,o00 t. de sucre du Bengale, admis à cette époque sur le môme pied que celui des Antilles, la consommation a dû diminuer considérablement.

' Le tonneau vaut 1015,65 kit.

8 Voici quelle a été la consommation du sucre en France de 1832 à 1842 :

Sucre colonial. Indigène.

1832 77,232,722 kil. «

kil. 40

nâ

Les principaux économistes anglais, Mil. Senior, 'l'orrons, etc., etc., sont également d’avisque le gouvernement doit modifier largement son larirau profit des sucres étrangers, et cette opinion a pris une grande force, en ce moment (jiie le traité de commerce avec le Brésil est% la veille d’expirer. Mais un grand nombre d'hommes politiques, surtout dans le parti tory, s’y opposent vivement, au moins jusqu’à ce que le succès de l'émancipation des esclaves soit devenu complet et définitif, c’est-à-dire jusqu'à ce que le problème peut-être un peu utopique des avantages du travail libre sur le travail esclave, dans les Antilles,aitété résolu.« Nous avons acheté, disent-ils, 20 millions steri.la liberté des nègres. Dans l’état d’esclavage, ils n’avaient pas à pourvoir à leur existence ; le maître s’en chargeait. Si, maintenant que vous les avez contraints de vivre du produit do leur travail, vous leur suscitez la concurrence écrasante des sucres brésiliens et havanais, précisément au début de l'exercice de leur liberté, ions les réduisez à mourir de faim; ions les obligez à maudire le bienfait de leur émancipation. »

Le raisonnement, que M. Porter combat victorieusement au point de vue économique, mais très-faiblement au point de vue de l'humanité, a frappé, en Angleterre, un grand nombre de lions esprits, et il est certain qu’il suspendra longtemps toute réforme du droit sur le sucre étranger ; dans tous les cas, c’est avec raison que M. Porter fait observer que la mesure de l'émancipation coûte beaucoup plus cher à l’Angleterre qu'on ne l’avait pensé d'abord ; c’est ce que démontre le calcul suivant: 3,704,710 tonnes de sucre consommées en )8i0, ont coûté, déduction faite du droit, 9,130,872 liv. st.; une quantité égale importée du Brésil ou de la Havane n'eût coûté que 4,141,-180 lir. st.; économie : 3,013,691 liv. st. — Poussant ce calcul plus loin, M. Porter établit que de 1837 à 1840, en prenant pour moyenne la consommation de 1831, le sucre étranger eût été admis au droit de 50 schcllings et 3 pour 100 par tonneau, le sucre colonial anglais restant taxé à 21 schell. et 3 pour 100 par tonneau, le chiffre des recettes eût été tel, que non-seulement le budget anglais n’aurait pas été en déficit, mais qu’il y aurait eu encore un boni de 1,137,800 liv. st.

Café.— Pour le café, comme pour les autres denrées, l’expérience a démontré que les droits élevés ont toujours été préjudiciables au consommateur et

Ainsi, quand le droit était de ! schell. 0 deniers par livre, le café était une consommation de luxe. De 1801 à 1811, il descend à 0,7 <1., et elle s’élève de 730 pour 100; de 1811 à 1821, nouvelle augmentation du droit; la consommation s'arrête aussitôt; seconde réduction en 1825 ; augmentation de la consommation de 200 pour 100, et du revenu dans une forte proportion.

L’histoire des importations du cale en Angleterre est assez curieuse. Dès 1833, la production des Antilles restant au-dessous des besoins, l’élévation des

consommation du café, de 1837 à 1812, a été ainsi qu’il suit : Années. Quanlilé. Kil. consom. Par tète.

1837 12,311,«8 kit. 0 kit. 37

1810 li,372,i11 0 12

! En France, la

prix détermine les planteurs indiens à envoyer leurs cafés sur les marchés de la métropole, malgré un droit différentiel de 9 d. par livre. Ce droit ayant été réduit à 0 d. o, la consommation s’élève aussitôt, mais pour s’arrêter peu de temps après, les deux cafés ne pdhvant suffire à la demande. Il sc fit alors une singulière spéculation : le café venant de colonies anglaises autres que les Antilles et les Indes, ne payait que 9 d. par livre ; on vit alors le commerce étranger porter du café au cap de Bonne-Espérance, puis le réexporter, pour venir jouir sur les marchés de la métropole de la faveur du droit de 9 d., et éviter ainsi le payement de celui de 1 sch. 5 d. par livre qui frappait le café étranger. Ce droit a depuis été abaissé ; mais le café indo-américain n’en conserve pas moins un avantage de 57 sch. par tonneau sur la concurrence étrangère.

Thé .— Mômes résultats, mêmes phénomènes économiques que pour les antres objets de consommation.

96 p. 0/0 sur la valeur.

96 p. O/O au-dessous de 2 sch. par liv.

et 100 p. 0/0 au-dessus.

2 sel). 1 d. par livre.

Coosomm. lolal 20 , 237,753

On sait que c’est en 1853 qu’a cessé le monopole du commerce du thé que possédait la compagnie des Indes. Avant cette époque, la consommation restait stationnaire pour plusieurs motifs ; c'était, d’une part, l’élévation et le mode de perception du droit qui s’établissait d’après les mercuriales officielles, sur le prix de vente; de l’autre, la faculté qu’avait la compagnie d'élever arbitrairement ce prix. A peine le commerce du thé eut-il été rendu libre , que le droit dut cesser d’être perçu a<l valorem , et que les prix tombèrent.

Dréche.— L'usage devenu général du thé, du café et des spiritueux devait naturellement diminuer la consommation de la dréche qui, en effet, est moins considérable que dans le siècle dernier ; l’élévation du droit a également contribué à ce résultat.

IIUlOIMim t9,6V3,3V5 20,676,827 29,393, Vit

Droiî. Consomm. par tôle.

De 1740 à 1790, la consommation par tête était :

En 1710 de 3 78 0 6 d.

Spiritueux. — Consommation pour le Royaume-Uni, de 1802 à 1841 :

1 Consommation du thé, en France, de 1837 à 1811 :

1837 98,599 toi. 000,29k"-

la diminution que l’on remarque en! 841 est spécialement applicable à l’Irlande. De 12,296,542 gallons, en 1858 la consommation est descendue dans ce pavs, à7,401,051 en 1840, et à 6,483,445 en 1841. I.c zèle d’un seul homme a suffi pour amener une aussi profonde réforme dans les mœurs du peuple irlandais, le célèbre Théobald Mathew.

De 1801 à 1841, les quantités suivantes de spiritueux étrangers ont été consommées dans le Royaume-Uni :

î’2lVs’ 1U8 22 sch. 6 (I.

En 1812, les ports anglais furent fermés aux spiritueux exportés de Hollande; cette circonstance explique la diminution sensible que l’on remarque en 1812, surtout si l’on songe que les spiritueux français avaient, jusqu’à cette époque, pénétré en Angleterre, sous le pavillon hollandais. Depuis, le gouvernement anglais ayant, on ne sait trop pourquoi, conservé le droit énorme qui, comme une arme de guerre, frappa, en 1812, les produits des distilleries étrangères, la consommation a régulièrement et constamment diminué. On a lieu de croire toutefois que des quantités considérables de spiritueux étrangers entrent en contrebande. C’est la conséquence nécessaire de tout droit équivalantà une prohibition.

Fins. — II a été consommé dans le Royaume-Uni :

Le droit sur les vins étrangers a subi de fréquentes variations; en voici le ie chiffre de 1801 à 1841, pour l’Angleterre seulement;

Une diminution sensible s’est opérée depuis longtemps dans la consommation des vins en Angleterre. En 1700, elle était d’un gallon par individu, elle n’est plus que du quart aujourd'hui. M. Porter ne trouve d'autre cause à ce résultat que l’élévation excessive des droits ; il critique, en outre, le mode de perception qui ne distingue pas entre les vins fins et ordinaires, et favorise ainsi l’importation des premiers. .M. Porter voudrait que le droit fût perçu , non sur la quantité, maisnd valorem, et il croit qu’il serait possible de prévenir les fraudes que cechangement dans l’assiette du droit ne manquerait pas de provoquer.

Dans te dix-septième siècle, les Anglais faisaient une consommation eonsidé-

1 Le gallon impérial vaut 4 litres 1/2 environ.

râble de vins français. Elle s’arrêta tout à coup après le traité de Hethuen, qui accorda aux vins de Portugal à peu près le monopole du marché anglais. Ce monopole a cessé en 1851, à l’expiration du traité de Methuen, et un droit uniforme de S sch. 6 d. a été établi sur tous les vins étrangers indistinctement. On aurait pensé que depuis cette époque l’importation française se serait accrue; il n’en a point été ainsi, ce qui s’explique par le goût exclusif que les Anglais ont, depuis longtemps, pour les forts et alcooliques vins de Portugal ; il est même remarquable que c’est précisément à l’expiration du traité de Methuen, que la consommation des vins français a diminué en Angleterre.

De 1815 il 182; 13sch.8d.

Bière. —Voici le chiffre de la consommation des diverses espèces de bière, de 1801 à 1829, pour l’Angleterre et le pays de Galles :

Ces chiffres ne comprennent que les quantités de bière livrées au commerce et sur lesquelles seules le droit est perçu; ils ne donnent pas, par conséquent, une idée exacte de la consommation, puisqu’ils ne tiennent aucun compte des quantités qui se préparent dans l’intérieur des maisons pour l’usage particulier des familles.

Tabac. — L’aggravation des droits, depuis 1801, a fait diminuer, dans le Royaume-Uni, la consommation du tabac, ainsi qu’il résulte des chiffres suivants:

En 1821, le droit fut élevé, en Angleterre, de 2 sch.2d. à i sch. par livre; et, en Irlande, de 1 sch. 7 d. à 5 sch. ; c’est ce qui explique la diminution considérable qui eut lieu, cette année, sur la consommation.

Tissus. Coton. — « Il est fort difficile, dit M. Porter, d évaluer et le capital employé et la valeur produite annuellement dans les manufactures de cotuu du Royaume-Uni. » M. Mac Culloch, dans son Dictionnaire du commerce, a porté cette valeur à une somme annuelle de 54,000,000 de liv. D’après un calcul de M. Baine, qui estime la valeur des produits d’après les quantités de matières premières employées, le commerce des cotonnades anglaises aurait été, en 1855 et 1841 , ainsi qu’il suit :

1 La livre anglaise (sotinil wrighl) unit 0.1531 kilog.

es Livres <lc coton ^ Valeur^ Valeur ( déclarée ) Quantités

1833 283,000,000 31,388,6931. 12,451,060d. 496,352,096yards(soitl2solsp. yard).

<839 I) » 16,378,415 731,450,123 (soit 10 sols par yard).

!8il 437,000,000 48,641,343 ' 24,668,618 » »

Ainsi, de 1833 à 1839, le prix moyen du yard ( ou 1/2 mètre environ ) a diminué de 10 centimes, par suite de l’économie introduite dans les procédés de fabrication.

Soie. — Les manufactures anglaises ontreçu les quantités suivantes de soies écrites et tordues, de 1856 à 1841.

En 1830 4,533,455 litres.

On estime, en moyenne, à 6 1. le produit en tissu d’une livre de soierie. Si cette estimation est exacte, on peut évaluer, en y comprenant l’importation étrangère, à 20,000,0001. s. la valeur des tissus mis en consommation dans le Royaume-Uni, en 1841 2 . Dans les dix premières années de ce siècle, elle ne dépassait pas la moitié de ce chiffre. C’est en 1803, que le gouvernement anglais se décida, malgré les plaintes des fabricants qui prétendaient que cette mesure allait les ruiner, à lever la prohibition qui frappait les tissus étrangers, et à la remplacerpar un droit protecteur de 50 p. 100. La concurrence étrangère ne justifia pas les craintes des producteurs nationaux; on vit au contraire le goût des soieries se répandre généralement, et les manufactures indigènes prendre un rapide essor. Nous croyons, contre l’opinion de M. Porter, qu’il n’en aurait pas été ainsi, si les fabricants anglais eussent été obligés de lutter tout d’abord, et sans transition, à armes égales, avec les soieries françaises, par exemple ; et nous doutons beaucoup, malgré la haute opinion que notre auteur paraît avoir de l’intelligence et de l’habileté des ouvriers anglais, qu’ils fussent sortis victorieux de cette lutte. C’est ce que JI. Porter démontre d’ailleurs, sans paraître s’en douter, par un tableau dans lequel on voit que la contrebande des tissus français, malgré les progrès réalisés par la production indigène, produit en-

1 M. Baine évalue ainsi à 2 fr. 74 c. la valeur du produit fabriqué avec une livre de malièrc première. Cette évaluation ne peut s’appliquer à la France, où les procédés de fabrication sont moins economiques quen Angleterre, et où par conséquent la valeur produite est relativement plus considérable. En portant à 3 fr. (d’après l’avis de personnes fort compétentes), la valeur du produit fabriqué en France avec une livre de colon, nous aurons les résultats suivants :

Moyenne de 1833 à 1837 39,299^076 235,794,456 60,420,000 175,374,456

de 1837 à 1842 51,584,306 309,505,836 90,640,000 218,865,836

■ Nous aurions voulu pouvoir faire le même calcul pour la France ; mais les documents officiels nous manquent complètement en ce qui concerne la production sèricicole indigène. Voici les seuls renseignements que nous fournissent les publications de l'administration des douanes :

Moyenne de 1833 à 1837 877,145' 125,180,000

core en Angleterre d’énormes bénéfices, il résulte de ce tableau, dont les éléments ont été pris dans les publications statistiques des douanes françaises et anglaises, que de 1827 à 1841 il a été importé de France en Angleterre une quantité de 5,544,416 livres de tissus de soie, et qu’il n’en a été déclaré à la douane anglaise seulementque 2,691,866 livres, ce qui établit une différence de 50,57 p. 100 au profit de la contrebande. « Voilà, dit avec raison 11. Porter, le fruit des droits élevés, une perte considérable pour le consommateur, pour le fabricant indigène, pour le marchand de bonne foi et pour le fisc ! »

Fer. — La fabrication du fer est devenue, depuis le commencement de ce siècle, la première branche de l’industrie anglaise. Les documents suivants montrent dans quelle énorme proportion elle s’est développée de 1806 à 1811.

Années. Fabrication du fer Importations. Exportations. Consomm. intér.

£1806 258,000 tonn. 1 2 3 * . 27,111 tonn. 11,554 tonn. 213,857 tonn.

Plusieurs causes ont contribué à cet immense accroissement de la fabrication du fer en Angleterre : les plus importantes sont l’extrême richesse des mines de bouille et de fer, les économies introduites dans les frais d’extraction et l’adoption du procédé de la fonte à l’air chaud.

En 1840, l’Angleterre et l’Ecosse réunissaient 464 hauts-fourneaux, dont les produits se répartissaient ainsi :

Localités.

Forest of Dean . .

South Wales. . . .

Nortli Wales. . . .

Nortliuniberland..

Yorkshire.

Derbyshire.

Nortb Staffordshire South Slaffordshire Shropshire ....

Ecosse.

Le bas prix du fer en Angleterre en a popularisé l’usage. Dans les constructions, il tend chaque jour à se substituer au bois et aux autres matériaux. On évalue déjà à plus de 150 le nombre des bâtiments à vapeur en fer qui sont

1 Le document anglais que nous traduisons ne fait pas connaître si ces chiffres comprennent la fonte et le fer forgé. Nous croyons pourtant qu’ils n’indiquent que la fabrication de la fonte.

2 Le tonneau anglais vaut 1015,65 kil.

3 Voici, en quintaux métriques, la valeur de la production du fer en France, à diverses époques. Nous ne pouvons comparer cette valeur au produit similaire anglais, car nous ne sommes pas sûr que les chiffres ci-après expriment deux quantités differentes, en d’autres termes, qu'il faille additionner, pour obtenir le total de la fabrication du fer en France, les totaux séparés de la fonle et du fer forgé, car, dans ce cas, nous pourrions être exposé à faire souvent double emploi.

Années. Fonte. Fer forgé. Importation.

Tonnes de fer Tonnes de charbon fabriqué. employées à la fabric.

sortis des chantiers anglais. Le Aaron-Manby fut le premier essai dans ce genre. Ce bateau, construit à llorsley, en 1820, a fait pendant longtemps un service de transport entre Londres et le continent. On assure qu'après vingttrois ans de service, sa coque est aussi intacte qu’à sa sortie de l’usine. En J832, le Elburkcà sortit de l.iverpool pour la côte d’Afrique, et remonta deuv fois le Niger. Un seul constructeur, JL John Laird, de Birkenhead, près Liverpool, a construit 43 bateaux en f»r, du poids total de 12,000 tonnes. Parmi les plus grands bâtiments en fer lancés des chantiers anglais, on cite le Gmuhlupe (appartenant au gouvernement américain), frégate à vapeur de 788 tonneaux, et portant des paixhans de 08; et surtout le Great-llritain, qui a 32u pieds de longueur, ol de largeur, 31 de hauteur à partir du fond de cale, et un tirant d’eau de IG pieds, quand il est chargé. La machine de ce bâtiment est d’une force de 1,000 chevaux; il est mû par la vis d’Archimède.

Le prix moyen du fer, pris à Clascow, de 1833 à 1813, a été :

1830 0 1. 13sh.»d. par tonne. 1810 31. 18sli.»d.

Cuivre.— Les chiffres suivants indiquent le mouvement de la production d ■ cuivre du Royaumo-Eni, de 1801 à 1840 :

Moyenne du proilml.

Consommations diverses par famille. — D’après des renseignements particuliers à M. Porter, voici quelle a été, en 1840, la consommation en viande, pain, beurre ci lait, d’une famille d'un des riches quartiers de Londres, composée du mari, de la femme, de fi enfants et de 10 domestiques :

Par jour et par personne.

0,008 livres de viande. l.ni 1.910 liv.

511 — de beurre. 1.317,105

1,782 quarters 2 de lait. 0.287,211 q.

1/2 liv.

Dans une maison de commerce considérable de Londres, composée personnes des deux sexes, toutes adultes, il a été consommé, en 1841 :

Par jour H par personne. Par an.

31,984 livres de viande. 0.839,077 liv. 300 1/1 liv.

40,101 — de pain. 0.972,101 355

Dans une maison d’asile, renfermant en moyenne 290 enfants des deux sexes et où la nourriture n'est pas à discrétion, comme dans les deux maisons que nous venons de citer, il se consomme en moyenne :

' Nous lie sommes pas moins inférieurs à l’Angleterre pour la produilion du i-uivi que pour celle du fer :

Années. Kil. (le cuivre. Années. Kil. de cuivre.

’ Le quarter vaut l'ancienne pinle de Paris.

46,415 liv. de viande. Par jour et par personne, 0.438,497 liv. Par an, ICO liv.

«0,780 de pain. — 0.857,628 — 313

Ces chiffres pourraient être de quelque utilité, si les exemples étaient plus nombreux, les cas plus semblables ; si, en outre, M. Porteravaitfait les mêmes recherches pour les diverses classes de la société, et enfin s’il avait pu constater par des renseignements précis l’influence de la cherté des divers objets de subsistance sur la consommation. Tels qu’il nous les donne, ils ne présentent aucun intérêt économique.

La fortune mobilière et réelle s’est accrue, en Angleterre, dans les proportions les plus considérables. Quoique M. Porter ne constate ce progrès que par des documents que nous appellerons indirects , il n'est pas moins réel à ses yeux que s’il lui était démontré par des chiffres précis et catégoriques.

l’n des signes par lesquels, selon M. Porter, l’augmentation de la propriété mobilière s’est révélée depuis le commencement de ce siècle, c’est le mouvement des assurances contre l’incendie; il a été :

Années. Valeurs assurn En 1801 dû 232,21*2,225

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