‹ Progress of Great Britain by M.P.F.[!] PorterChapitre 2 sur 2 · pour · texte numérisé non relu

pour

Le mouvement des assurances sur la vie n’a pas été moins rapide, si l’on en juge par l’état d’extrême prospérité des compagnies. M. Porter évalue à 40 millions de liv. st. (plus d’un milliard de francs) les capitaux que possèdent ccs compagnies; « et cette estimation, ajoute-t-il, ne paraîtra pas exagérée, si l’on songe qu’une seule, VEquitable, dispose du quart de cette somme. » L’accroissement du droit sur les legs mobiliers est également un indice de la plus-value de la richesse personnelle en Angleterre. Ce droit a été perçu :

Années. Valeur des legs.

En 1836 sur 41,768,806 liv.

Années. Valeur des legs.

En 1839 sur 42,032,297 liv.

M. Porter range les progrès des caisses d’épargne dans la catégorie des faits économiques propres à démontrer l’accroissement de la richesse mobilière. Cette opinion est contestable ; à nos yeux, ce progrès signalerait plutôt une amélioration morale que matérielle dans les classes ouvrières. M. Porter répond que l’un des effets de la caisse d’épargne est d’exciter au travail et de favoriser la production : il ajoute que l’accroissement des dépôts doit d'autanl mieux être considéré comme la preuve d’un mieux-être matériel, que l’ouvrier trouverait aujourd’hui, selon lui, le moyen de satisfaire à ses besoins et d’économiser; mais c’est précisément ce qu’il faudrait démontrer, et c’esl ce que ne fait point M. Porter. Voici le tableau du mouvement des caisses d’épargne pour le ltoyaume-Uni, de 1856 à 1841 :

Années. Déposants. .Montant des dépôts.

Années. Déposants. Montant des dépôts.

Le 1 t 1 uiv rt r l'état des caisses d’épargne, en 1811, seront lus avec intérêt ;

— Io¬

des déposants.

Institutions charitables . . 8,778

Sociétés de secoursmutuels 8,261

Total

des dépôts.

3,067,668 liv.

D'après ces divers documents, M. Porter évalue, pour chacune des époques suivantes, le chiffre de la propriété mobilière à :

1811 1,200.000,000 liv.

1829 1,700,000,000 liv.

M. Porter va au-devant des objections que peut soulever ce calcul un peu hypothétique : « Qu’on ne s’étonne pas, dit-il, de cette plus-value de 800 millions; il suffirait, en effet, pour l'expliquer, de se rappeler que, pendant les dix dernières années de guerre, le budget des dépenses dépassait, en moyenne, 83 millions, et que, depuis la paix, il n’a pas dépassé 30 millions. Cette différence, pour une période de 23 années, suffirait pour produire les 800 millions 2 . »

M. Porter a recours à un document plus concluant pour établir l’accroissement de la richesse immobilière dans le Royaume-Uni; c’est le résultat des divers recensements opérés pour l’établissement de la taxe du revenu ( incomclux) ; voici ce résultat :

Capilal.

Augmentation, près

pour 100.

L’augmentation considérable que l’on remarque en 1812 n’a pas été le ré-

1 En France, les progrès des caisses d’épargnes a été non moins rapide :

Années. Déposants. Montant des dépôts.

96,576,622 fr. (non compris Paris!.

107,637,150 id.

200,339,981 (y compris Paris).

210,115,180 id.

262,758,728 id.

291,075,015 id.

2 Un journal anglais, le Times , donne, d'après un document officiel, les détails suivants sur les réductions qui ont été opérées sur le budget du Royaume-Uni, de 1811 à 1812: I» sur les douanes: 11,136,635 1.; 2» sur l’Excise (impôts de consommation), '17,200 1.; 3° sur le timbre, 1,150,061; 1" sur les taxes diverses, 611,731 1.; 5» sur les postes, 1,210,900 1. Le produit total des réductions de toute nature opérées par diminution ou par suppression totale d’impôts a été, pour la Grande-Bretagne, de 15,519,683 U; pour l'Irlande, de 2,116,981 1„ et en Ecosse de 18,110,821.

3 Evaluation du docteur Beecke.

1 D’après les prévisions de sir Robert Peel dans l’exposé des motifs du bill relatif au rétablissement de Vincome-tax.

sultat d’un mouvement ascendant régulier et normal ; une cause particulière v a contribué, c’est le renchérissement énorme et factice des produits agricoles pendant la guerre. M. Porter fait remarquer, en outre, que le recensement de 1812 comprit pour la première fois les revenus-dimes, estimés à 2,883,687, et produisant (X par 25) un capital de 64,892,175 1. qu’il faut distraire du chiffre total de l’accroissement.

La plus-value de 10 millions sterl. qui résulterait de l’estimation de sir Robert Peel, en 1842, doit être également attribuée en partie à ce que ce ministre y a fait figurer l'Ecosse, qui n’avait pas été comprise dans le recensement de

Le chiffre produit par sir Robert Peel se décompose ainsi :

Revenu de la terre. . 39,400,000 liv.

Revenu des maisons. 25,000,000

Dîmes, produit des mines, etc. 8,100,000

72,800,000 liv.

L'accroissement considérable de la richesse publique, en Angleterre, étant démontré, M. Porter se livre à des recherches intéressantes sur l’emploi qui a été fait de cette plus-value.

Les capitaux anglais se sont portés d’abord dans les travaux publics. Dans la métropole et la plupart des grandes villes, il a été établi, depuis la paix, une foule d’établissements d’utilité publique, comme des hôpitaux, des églises, des musées, des collèges, des bourses, des ponts, des canaux, des docks, des fontaines. Les chemins de feront surtout absorbé des capitaux immenses. Le tableau suivant fait connaître, par année, le nombre des bills qui ont autorisé leur création, ainsi que les dépenses portées aux devis, dépenses qui ont toujours été dépassées et souvent doublées.

Années. Dills. Capital.

1831 15 1,799,875 liv.

Capital.

23,589,665 lit.

Ces documents permettent d’estimer la dépense totale des chemins de-Ici anglais à près de 80 millions sterl. (2 milliards de notre monnaie) '.

Les routes ordinaires ont également employé des capitaux considérables, depuis une demi-siècle; M. Porter les évalue à 6 millions sterl. environ. Enfin, plusieurs compagnies industrielles ont un fonds social énorme ; seules, les compagnies du gaz, à Londres, réunissent plus de 2 millions sterl.

C’est surtout dans l’immense impulsion donnée aux manufactures et au commerce que l’on reconnaît l’effet de l’accumulation des capitaux depuis la paix. Dans les grandes cités industrielles, le nombre des agents mécaniques a quintuplé et souvent sextuplé. Au mois d’août 1841, on comptait, dans le Royaume- Uni, environ 16,000 machines à vapeur en activité, dont quelques-unes ont une force de 1,000 chevaux. En leur supposant,en moyenne, une force de 30

' L’ensemble des chemins de fer anglais forme un parcours de 2,600 milles. 66 nouvelles demandes de concessions seront présentées dans la session actuelle du Parlement ;1844) ; elles embrassent un parcours de 900 milles.

chevaux seulement chacune, elles représentent un total de 480 mille chevaux. Or, un cheval de vapeur égalant la force de cinq hommes et demi, les 10,000 machines anglaises remplacent les hras de 2,640,000 individus.

Le nombre des navires marchands s’est accru dans les proportions suivantes:

On pourrait s’étonner peut-être, dit M. porter, de ce que 1 augmentation, depuis 1814, n’a été que de 54 pour tOO; mais il faut songer que, pendant la guerre, la nécessité de convoyer les navires de commerce exigeait une marine marchande considérable, ce qui n’a plus lieu aujourd’hui.

Sur les 50,052 bâtiments dont se composait, en 1841, la marine marchande de l’Angleterre, on comptait 856 bateaux à vapeur faisant un service actif 2 . Ces 836 bâtiments avaient un tonnage total de 104,815 tonneaux, et réunissaient une force de 75,000 chevaux.

L'esprit de spéculation et les emprunts ont également appelé les capitaux anglais sur le continent et dans les deux Amériques. Les États-Unis seuls ont reçu, de 1858 à 1842, plus de 23 millions sterl., soit en emprunt, soit en placement dans les canaux, les chemins de fer et les banques. Les compagnies des mines d’or de l’Amérique du Sud ont réuni un capital social de près de 5 millions sterl., aujourd’hui à peu près entièrement et improductivement dépensé. Les sociétés quise sont constituées, il y a quelques aimées, pour l’achat et la revente des terres dans les colonies anglaises de l’Amérique du Nord et de l’Australie, ont pu réunir en peu de temps 2 millions sterl. On n’a pas le chiffre précis des capitaux anglais engagés dan 1 | t tr igers ; mais

on peut l’évaluer à plus de 23 millions sterl. Enfin, les perfectionnements agricoles ont entraîné, en Angleterre, depuis un demi-siècle, d’énormes dépenses ; un seul propriétaire, le comte de Leicester, a consacré, dit-on, plus d’un demimillion sterl. à l’application, dans ses vastes domaines, des nouvelles méthodes d’agriculture.

Après avoir étudié les progrès du Royaume-Uni dans les voies de la civilisation matérielle, M. Porter devait naturellement examiner si la condition morale du peuple anglais s’était améliorée ; c’est l’objet de la seconde partie de ce volume.

D’après les statistiques criminelles officielles, en Angleterre et dans le pays

1 Mouvement de la marine marchande française :

Ainsi, notre marine marchande est inférieure des deux tiers à celle de l’Angleterre.

Il ne faut pas oublier que le nombre, des bâtiments français que nous venons de donner se compose du total des entrées cl des sorties. Il doit en être probablement de même des chiffres donnés par JI. Porter pour l’Angleterre.

■ En 1810, lors des menaces de guerre qui suivirent le traité du 15 juillet, plusieurs compagnies réunies offrirent volontairement au gouvernement plus de 200 bâtiments â tapeur!...

de Galles, le nombre des individus jugés pour crimes ou délits a quintuplé, depuis 1800; il a septuplé, en Irlande, de 1805 à 1839; il a sextuplé en Ecosse, de 1815 à 1839. Le tableau suivant fait connaître le mouvement de la criminalité en Angleterre et dans le pays de Galles, de 1805 à 1841.

De

Total. Condamné:

L’analyse de ce tableau présente les résultats suivants :

Rapport des Rapport des Rapport des Rapport des Rapport des Rapport des Années. accusés à la accusé9 aux femmes aux coud.à mort descxécui. exécut. pour population, condamnés, hommes, auxaut. cond.auicond.cap. meurtre aux

1805 1 sur 2,498 1 à 1.65 1 à 1.36 1 à 10.3; 1 à 51.19 1 à 6.il

1811 1 sur 575 1 à 1.36 1 à 4.31 1 à 60 1 à 9 là 1.28

Le fait le plus remarquable est l’augmentation des accusés, qui de 1805 à 1841 a été de 502 par 90, tandis que la population n’a fait que doubler. L’accroissement du rapport des condamnations aux accusations est également digne d’attention ; voici comment l’explique M. Porter: « Plusieurs causes, dit-il, ont influé sur l’augmentation du chiffre des condamnés ; nous citerons particuliè-

■ Si les juridictions et les qualifications pénales étaient les mêmes en France et en Angleterre, on aurait, pour la France, seulement 1 accusé sur 4,583 habitants, et pour l’ADglelerre, 1 sur 629, ainsi qu’il résulte des documents suivants extraits de nos statistiques criminelles :

Périodes.

Do 1832 à 1836 De 1836 à 1841

Total. Con lamnés. A mort. Exécutés.

Mais ces chiffres ne peuvent èt les atteintes à la propriété étant Pour rendre les deux termes du comparer le mouvement de la cr France, les vols simples aux vols

re compares aux documents analogues anglais, toutes rangées, en Angleterre, dans la catégorie des crimes, rapprochement aussi exacts que possible, nous allons •iminalité dans les deux pays, en joignant, pour la qualifiés. Nous aurons alors :

Périodes.

De 1834 à 1837 De 1838 à 1841

En 1841, on comptait :

Accusés d'atteintes à la propriété.

Angleterre. France.

1 sur 677 liab. 1 sur 1481 bah.

Rapport i

tir

rcment la mesure prise, depuis quelques années, de rembourser à la partie poursuivante et aux témoins leurs déboursés et leurs frais de déplacement; la simplification de la procédure criminelle ; l’organisation d’un nouveau corps de police dans de meilleures conditions que celui qu’il a remplacé ; enfin l’adoucissement de notre législation pénale, qui, en faisant cesser l’énorme disproportion qui existait autrefois entre le crime et la peine, disposait le jury à l’indulgence au préjudice d’une bonne justice. »

C’est surtout depuis 1830 que de graves modifications ont été apportées au Code pénal anglais. En 1852, la peine de mort a été abolie pour le vol do bestiaux, de chevaux et de moutons, pour vol d’une valeur d’une livre sterl. au plus dans une maison habitée, pour faux et fabrication de fausse monnaie. En 1853 , elle a été abolie pour crime d’effraction; en 1850, pour évasion d’un lieu de déportation; en 1853, pour sacrilège et vol de lettres par les employés de l’administration des postes; en 1837, pour tous les crimes autres que le meurtre ou la tentative de meurtre ayant eu un commencement d’exécution, le rapt et le viol d’un enfant au-dessous de dix ans, les attentats graves à la pudeur, le vol accompagné de coups et blessures, l’incendie des maisons habitées, la piraterie suivie de meurtre, les faux signaux ayant causé un naufrage, l’incendie des vaisseaux de la marine royale, le riot ou démobs-i ment de» maisons, en cas d’émeute, les détournements commis par les employés de la banque, le crime de haute trahison ; en 18il, enfin, la peine de mort a été abolie pour ces deux derniers crimes et celui de rapt.

« he fait suivant permettra de juger des adoucissements apportés à notre Code pénal, dit M. Bedgrave, employé supérieur au ministère de l’intérieur ; si les crimes ou délits jugés en 18 il l’eussent été en 1851, au lieu de 18 condamnations capitales, il y en aurait eu 2,172 de prononcées. »

Avant 1831, les statistiques criminelles anglaises se contentaient de disposer les crimes et délits par ordre alphabétique: depuis, ils ont été divisés en six classes ; 1° crim ntr 1 | r nn 0 rimes contre la propriété avec

violence ; 5° atteintes à la propriété sans violence ; 4 « atteintes malignes (malicioits offenses) à la propriété; 5» faux, fabrication de faux billets ou de fausse monnaie, banqueroute Irauduleuse; 0° crimes et délits non compris dans les autres catégories. D'après cette division, le mouvement de la criminalité a été comme il suit, de 1854 à 1841 ;

De 1831 à 1837 2,036 1,3S0 16,781 ISO 103 1,18»

De 1838 à 1811 1,972 1,091 20,255 108 17» 1,111

Ainsi, d’une période à l’autre, les crimes contre les personnes ont diminué

de. 4.23 pour 100

Les crimes contre la propriété avec violence ont augmenté

de. 23.75 —

Les atteintes à la propriété sans violence ont augmenté de 20.07 —

Les atteintes malignes à la propriété ont diminué de. 58.88 —

Les faux, les fabricants de fausse monnaie, etc., etc., ont

augmenté de. 18.83 —

Les autres crimes ou délits ont diminué de. 7.02 —

Dans un pays essentiellement manufacturier comme l’Angleterre, il était intéressant de comparer, sous le rapport de la criminalité, les districts agricoles et industriels ; c’est ce qu’a fait M. Porter. II résulte du tableau où il a consigné

les éléments de ce rapprochement, que pour les comtés agricoles le chiffre des accusations a augmenté, de 1805 à 1841, de 498, et, dans les comtés industriels, de 499 pour 100, pendant que, dans le même intervalle, la population augmentait, pour les premiers, de 55, et pour les seconds, de 92 pour 100. Os chiffres seraient de nature à faire croire que les campagnes, au moins en Angleterre, sont bien plus encore un foyer de corruption que les villes, puisque l’accroissement des crimes y aurait été à peu près aussi rapide, bien que les tentations et les provocations soient plus redoutables dans les centres industriels, dans les grandes agrégations d’hommes, que dans la paix et la solitude deschamps. Ce qui confirmerait cette induction, c’est que le plus grand nombre des crimes ou délits constatés dans les districts agricoles, en Angleterre, sont précisément de ceux qui se commettent le plus facilement dans les districts manufacturiers 1 .

De 1836 à 1841, période pendant laquelle l'administration anglaise a, pour la première fois, recueilli des documents sur lage des accusés, on constate qu'il n’a que fort peu varié. C’est ce que prouve le tableau suivant calculé sur cent individus,

Do 12 ans et au-dessous. 1.65 De 12 à 16 9.78

De 16 à 21 29.13

De 21 à 30 31.47

De 30 à 40 11.58

De 40 à 50 6.81

De 50 à 60 3.19

Au-dessus. 1.51

Ages inconnus. 1.88

Le fait le plus saillant de ce tableau est l'accroissement régulier et considérable des accusés au-dessous de seize ans. De 1856 à 1858, les tribunaux anglais ont jugé 6,575 jeunes garçons et 1,162 jeunes filles ; de 1859 à 1841, ces chiffres se sont élevés, pour les garçons, à 7,667, et pour les filles, à 1,576. Le gouvernement anglais s’est, depuis quelques années, préoccupé de la nécessité de remédier à cette précoce corruption, et, comme il a Constaté que les récidivistes formaient la majorité des accusés de cet âge, il a pensé que la création d’établissements pénitentiaires arrêterait le mal dans sa source. C’est dans ce but qu'a été créé le reformatory prison de file de Wight 5 .

1 Ces résultats ne sont pas confirmés par nos statisliques criminelles. En effet, d'une part, on ne voit pas, en France, le chiffre des crimes augmenter dans nos départements agricoles, et de l’autre, il existe entre eux et tes départements industriels une assez grande différence quant au nombre moyen annuel des crimes. Le rapport des accusés à la population, sur nos vingt departements industriels, est de 1 sur 4,430 habitants, et dans les vingt départements les plus agricoles, seulement de 1 sur 6,055 habitants.

8 Ces calculs ayant été faits sur les six categories d’accusés établies par les statistiques anglaises, catégories dans lesquelles figure, comme on l’a vu, un grand nombre de délits qualifiés tels par la toi française, nous ne pouvons les comparer qu’approximativement aux documents français analogues, qui ne portent que sur les accusés de crimes.

En Angleterre, comme en France, l’âge des accusés ne varie que faiblement. Toutefois le nombre des accusés au-dessous de 25 ans a augmenté dans les deux pays. En France, leur nombre moyen, de 1830 à 1835, a été de 33, et de 1835 à 1839, de 35. En Angleterre comme en France, presque tous les crii i | r II usés de cet âge sont des atteintes à la propriété.

3 La France possède depuis 1830 plusieurs établissements pénitentiaires destinés aux

Empruntant à l’administration française ses catégories sur le degré d'instruction des accusés, les statistiques anglaises ont recueilli, à cet égard, depuis 1836 seulement, les documents suivants :

Ainsi, sur 1-13,591 accusés dont le degré d'instruction a été vérifié, 129,411, ou plus de 90 pour 100, n’en avaient aucune; 070 avaient reçu une instruction supérieure, et 13,174 savaient bien lire et écrire. Sur les 129,441 accusés dénuésd’instruction, on compte 23,334 femmes ou 19.37 p. 100. Sur les 13,474 sachant lire et écrire, elles sont au nombre de 1,272, ou 9.44 pour 100. Sur les «76 ayant reçu une instruction supérieure, on ne trouve que 28 femmes, ou ■1.14 pour 100.

La justice criminelle est mieux rendue en Écosse qu’en Angleterre, avantage que 11. Porter attribue à ce que le premier de ces deux pays est doté d’une institution assez semblable à celle du ministère public en France. Les officiers do justice, en Ecosse, sont en effet chargés de poursuivre d'office, sur les plaintes et les dénonciations, et on n’oblige pas, comme en Angleterre, les parties lésées à poursuivre elles-mêmes la répression des crimes ou des délits dont elles auraient été victimes. Ils doivent également faire sur-le-cbamp une enquête dès qu’une atteinte à la loi pénale leur est signalée, sans attendre que le prévenu soit arrêté, condition préliminaire de toute poursuite judiciaire en Angleterre. « Si cette double mesure, dit SI. Porter, n’a pas pour effet de diminuer les crimes, il est certain qu’elle assure plus efficacement leur répression. »

Le nombre des accusés, en Écosse, a été :

Périodes. Hommes. Femmes. Total.

De 1836 à 1838 2,408 738 3,1 46

Les crimes sont moins nombreux en Écosse qu'en Angleterre. En Angleterre on comptait, en 1841,1 accusé sur 623 personnes, et, en Ecosse, seulement 1 sur 738.1,543 femmes, en Ecosse, fournissent une accusée, et seulement 1,565

jeune» détenus, notamment la prison de la Roquette à Paris, où le premier essai du système cellulaire a été pratiqué, et le» prisons des jeunes détenus de Lyon, Marseille et Bordeaux. La plupart des maisons centrales ont également des quartiers séparés pour les enfants de moins de 16 ans, appelés quartiers de correction. Quand les jeunes détenus se sont fait remarquer par leur docilité et leur lionne conduite, ils sont mis en apprentissage en ville ou renvoyés dans des colonies agricoles. Bordeaux, Marseille et Paris ont des

s'naÜntrT 6 ’ *"■ un nombre moyen annuel de 7,549 accuses, de 1830 à 1840, 4,281 ne

bien lire et écrire; enfin, 244 seulement avaient reçu une instruction supérieure : ce qui, pour 100 accusés, donne les proportions suivantes :

en Angleterre. Le rapport des condamnés aux accusés est également plus considérable en Ecosse. De 1836 à 1838, il a été de 74.99 pour 100, et de 1859 à 1841 de 73.27, tandis que, dans le cours des mêmes périodes, il a été, pour l’Angleterre, de 71.81, et de 73.09 pour 100. Les rapports entre les âges sont à peu près les mêmes qu’en Angleterre, si ce n’est peut-être que le nombre annuel des accusés au-dessous de 16 ans augmente plus rapidement en Ecosse. Les documents sur le degré d’instruction des accusés ne présentent pas de différence sensible.

La position exceptionnelle de l’Irlande, l’extrême misère qui décime sa trop nombreuse population, les vices essentiels de son organisation sociale, appellent une attention particulière sur les comptes-rendus delà justice criminelle de ce malheureux pays. A un premier examen, on est frappé des irrégularités que présente le chiffre annuel des crimes et des délits. En 1830, il s’élève à 23,801; l’année suivante, à 14,804 seulement, ce qui fait une diminution de 38 pour 100 ; en 1839, il est de 26,592, soit une augmentation de 67 pour 100, et 1 accusé sur 307 individus. La moyenne annuelle du rapport des condamnés aux accusés, est de 60 pour 100; elle est de 70 en Angleterre.

En divisant les accusés en six catégories, comme en Angleterre, on constate les résultats suivants :

De 1835 à 1841 42,310 5,087 57,137 2,028 1,286 37,86.»

C’est dans la première et la troisième elasseque se rencontrent leplusd’acctisés, c’est-à-dire dans la catégorie des attentats contre les personnes et des atteintes à la propriété sans violence. L’état de rébellion ouverte du petit fermier contre le propriétaire suffirait, à défaut d’autre cause, pour expliquer le grand nombre de crimes contre les personnes. Cette hostilité permanente s’explique, si elle ne se justifie pas, par l’insatiable cupidité des intendants des grands domaines, et par la barbarie avec laquelle le remboursement du loyer de la terre (loyer toujours exagéré) est chaque jour poursuivi sur de malheureuses familles que l’on réduit ainsi aux plus fatales extrémités de la faim et du désespoir. Ces deux causes d'irritation ont une telle intensité, elles exercent sur ce pays une si déplorable influence, que, sans l’intervention pacifique du clergé catholique, il y aurait longtemps qu’une révolution sociale se serait opérée en Irlande.

Sur lOOaccusés, en Irlande, 43.76 ne savent ni lire ni écrire; 20.44 savent lire ; 33.80 savent lire et écrire. Le nombre des accusés au-dessous de 16 ans y est moins élevé qu’en Angleterre.

M. Porter complète cette intéressante étude par des recherches curieuses sur les modifications survenues dans les mœurs des classes ouvrières en Angleterre.

« L’ivresse, dit M. Porter, était un vice si commun et en quelque sorte si amnistié en Angleterre, dans le dernier siècle, qu’il n’était pas rare de lire sur les enseignes des tavernes l’avertissement suivant: ici on s’enivre pour 1 penny • pour 2 pence on devient ivre-mort, et on peut dormir sur de ta paille fraîche. »

En 1736, le Parlement, pour arrêter le mal, vota un droit de 20 scbell. par gallon de spiritueux, dont la venteen détail fut prohibée, et porta des peines sévères contre l’ivresse. Deux ans après, 12,000 individus avaient encouru ce# peines, qui, d’ailleurs, existent encore et sont très-fréquemment appliquées.

Dans le mime intervalle, la consommation des spiritueux, quon devait s'attendre à voir diminuer, augmenta de 10,300,ÜIIO {talions à 111,000,000 (près de ■100 pour 100), soit, pour une population de 0 millions d'habitants environ, 3 salions j par individu. En 1811, pour une population de 10 millions d'âmes, la consommation n'a été <pie de 8,100,083 gallons, soit j gallon par tète.

!,c rapport du comité chargé récemment par la Chambre des communes de faire une enquête sur les mœurs du peuple, en Angleterre et dans le pays de Galles, établit par des faits nombreux, qu'une amélioration sensible se manifeste dans les habitudes et dans la vie intérieure, des classes ouvrières; ce que les personnes entendues dans l'enquête attribuent à la propagation de l'instruction primaire et à l'influence des caisses d’épargne ; « L'ouverture à Londres et dans les provinces d’un grand nombre d'établissements où, au lieu de gin, on boit du café et du thé, est un signe évident, dit 11. Porter, de la diminution de cet ignoble penchant à l'ivrognerie, qui, il y a cent ans, dégradait, en Angleterre, jusqu'aux classes élevées. Ces odieux pugilats, connus sous le nom de box, qui étaient autrefois un des plaisirs favoris de la populace anglaise, sont également devenus fort rares ’, et les mêmes journaux qui, autrefois, se croyaient obligés d'en faire connaître les moindres détails à leurs lecteurs, rougiraient aujourd’hui de salir leurs colonnes de pareils récits. »

Si les mœurs des classes ouvrières ne sont fias encore dignes du peuple qui se flatte de marcher à la tète de la civilisation, il faut en accuser en partie, selon M. Porter, le gouvernement anglais, qui a été le dernier en Europe à provoquer le vote législatif d'un fonds spécialement consacré à l'instruction primaire, indifférence'd'autant plus coupable, que la population anglaise, étant surtout industrielle, exerce sur l'ordre intérieur la [dus immédiate influence. Ce n’est qu'au mois de février LSôOque le gouvernement anglais fut d'avis que l'Etat devait intervenir directement dans la grave question de l'instruction du peuple. 11 lit voter à cet effet un fonds de ô(),(l()0 1.et en confia l’emploi à un comité créé sous le nom de conseil de l’instruction publique. 11 est triste de dire que ce fonds ne fut voté qu'à une majorité de 273 voix contre 273, à la suite d’un débat de trois jours, et que quelques mois après, la Chambre liante adoptait une motion par laquelle la reine était suppliée de dissoudre le conseil de l'instruction publique, motion qui, nous devons le dire à la louange du ministère de cette époque, resta sans effet.

1 Ici il faut faire une distinction que nous ne trouvons pas dans le livre de M. Porter. Iles! certain que les combats de box ont diminué, mais seulement parce que ta police inlcr- 'ienl, séparé les combattants cl même les arrèlo, ce qu'elle ue luisait pas auparavant. Toutefois qu'arrive-t-il? C’est que les duiuipious, ne se ballant plus dans la rue, se donnent rendez-vous dans des endroits écartés et s'y livrent des combats beaucoup plus meurtriers qu’aulrefois, en présence de nombreux spectateurs des deux sexes qui protègent les adversaires contre la police, en formant autour d'eux un cordon infrancbNsablc. Il y a quelques jours, tons les journaux anglais (quoi qu'eu dise M. Porter, oui midu compte avec une extrême complaisance d'un (ujht-prize (lutte entre deux boxeurs de profession pour gagner un prix offert par un gentleman; dans lequel fun des aiber-aires a succombé. Les mêmes journaux ont également raconté que deux boxeurs s'étant donne rendez-vous sur une petite île de la Tamise, pour un fiyhl-prize , plus de 2,000 personnes les suivirent en bateau, et que la police fut obliger d'embarquer une centaine il'ui/ents qui ne séparèrent les champions qu'avec la plus grande peine.

s En 18,0, le fonds consacré en France à l'instruction publique s'est élevé à I 1,777,000 francs. Sur cette somme, les communes ont fourni 8,717,:178 francs; les départements. (.658,381; l’Étal, 1,600,000. En 18! t, ce tonds a dépasse 1.7 millions.

En 1835, des documents ( non officiels et dont AI. Porter suspecte l’origine, sur l’état de l’instruction primaire furent soumis au Parlement. D’après ces documents, il y aurait eu en Angleterre, en 1818,19,320 écoles ouvrant chaque jour, et b,443 ouvrant seulement le dimanche. Les premières recevaient 603,704 enfants, les autres 425,495. Si l’on admet que, dans cette statistique, les enfants fréquentant les écoles du dimanche ne font pas double emploi avec les autres, 1,031,197 enfants auraient reçu, en 1818, les premiers éléments de l’instruction, ce qui, pour une population do 11,816,037 habitants environ, donne 1 élève sur 11.49 habitants, et 1 sur 2.75 enfants avantde 5 à 13 ans, le nombre total des enfants de cet âge étant évalué, pour cette époque, à 2,843,053. En 1833, le nombre des enfants allant aux écoles de chaque jour s’élevait à 1,270,947, et de ceux fréquentant seulement les écoles du dimanche à 1,548,890 ; total : 2,823,857'. .Mais il faut déduire de ce chilfre 152,195 enfants faisant double emploi, ce qui le réduit à 2,073,642, soit, pour 14 millions d'habitants, 1 sur 5.23 habitants, et, pour 3,432,023 enfants ayant de 5 à 13 ans, 1 suri 30.

S’il fallait s’en rapporter à ces chiffres, l’Angleterre serait peut-être le pais de l'Europe, à l’exception de quelques cantons suisses, ou 1 instruction primaire serait le plus répandue. Il n'en est rien pourtant, et c'est ce qu'explique H. Porter, en disant que l’ei nu 11 1 écoles primaires, en Angleterre, est complètement insignifiant. « Les instituteurs, ajoute-t-il, n’ont d’autre titre à cet emploi que leur profonde incapacité qui les a empêchés d’en trouver un plus fructueux. » Sur 102 enfants détenus au reformatory prison de Parklmrst (lie de Wight), et ayant, à l’exception de 8. fréquente les écoles :

20 lisaient passablement,

38 lisaient mal,

14 épelaient à peine,

30 ne savaient pas lire du tout.

Et cependant :

2 avaient suivi l’école de 8 à 12 années.

Depuis 1859, on a appliqué, en Angleterre, un moyen fort simple et très-efficace d’avoir quelques renseignements sur l’état de l'instruction en Angleterre; il consiste à faire signer parles deux conjoints le registre du mariage. Les personnes qui savent écrire signent leur nom ; les autres apposent sur le registre une simple marque. Le dépouillement des registres, pour l’Angleterre seulement, de 1859 à 1841, a donné les résultats suivants :

Personnes signant d'une marque.

1 En 1840, les écoles communales et privées onl reçu en France 2,881,679 élèves, ce qui, pour une population de 34 millions d’habitants, ne donne qu’un élève pour 11.80 habitants.

En Ecosse, chaque paroisse est obligée, comme chaque commune en France, d'avoir une école publique, et en 1841, ce vœu de la loi était généralement accompli- Voici l’analyse des documents officiels sur l’état de l’instruction primaire, dans cette partie du Hoyaume-l ni, à diverses époques :

Écoles paroissiales. .">6,2:12 élèves. 57,332 élèves. (11,021 élèves.

Non paroissiales. iul,t5» 119,330 I2S,318

Proportion centésimale sur le nombre

des enfants ayant de 5 à 15 ans .. . 28.81- 29.18 3l.il

En Irlande, l’instruction primaire est, depuis 1831, dirigée par un conseil établi sous le nom de commissaires de l’instruction nationale. Ce conseil fut substitué à deux sociétés rivales, dont les dissensions avaient longtemps affligé le pays, l’une catholique, l'autre protestante, qu’entretenaient des souscriptions particulières et des allocations du gouvernement. La création de ce conseil a eu la plus heureuse influence sur les progrès de l'instruction primaire. En 1851, on comptait en Irlande, 789 écoles suivies par 107,(112 élèves; en 1811, 2,537 écoles fréquentées par 281,819 enfants. L'année suivante, d’après le dernier rapport des commissaires, il devait être ouvert 382 écoles de plus, pouvant recevoir 48,000 enfants.

La réforme postale parait être, à M. Porter, un nouvel élément d'amélioration morale destiné à porter bientôt ses fruits. Ce fut le ! <r janvier 1810 que le célèbre plan de M. lîovvland Ilill fut mis à exécution par la réduction du tarif à un droit unique de 1 penny par lettre du poids d’une demi-once. L’effet d’une aussi large réforme, effectuée hardiment, malgré des besoins financiers urgents, ne tarda pas à se faire sentir. En 1859, le nombre des lettres reçues ou distribuées par l'administration générale des postes de Londres avait été de 21,087,892; en 1840, ce chiffre s'éleva à 18,033,411, ou 127.88 pour 100 d'augmentation, et en 1811, à 07,818,870, ou 201.00 pour 100. Les résultats des premiers mois de 1812 faisaient espérer mie nouvelle augmentation pour l’année; malheureusement, l’opinion des partisans delà réforme, que le produit (levaiten peu de temps égaler sinon surpasser la moyenne des recettes du trésor avant l’établissement du />cn»ÿ-p(«f, ne parait pas devoir se réaliser, au moins de longtemps. De 1810 à 1811, le produit de la poste était, par une singulière anomalie, resté à peu près stationnaire, malgré l’areroissenient de la prospérité du pays et les progrès du commerce, ainsi que l'établissent les chiffres suivants :

De 1810 à 1820 1,181,706 liv.

1831) il 1810 l’.777,968 '

0e 1840 à 1811, la réforme postale a fait tomber le revenu à 350,11111 1., suit, une diminution des deux tiers, et les documents publiés depuis par l'administration des postes ne permettent pas d’espérer qu’il atteigne de longtemps l'ancien chiffre. « Toutefois, ajoute Jl. Porter, si le fisc y a perdu, la communauté y a gagné; il n’y a qu’à se féliciter de ce résultat. »

Avant 1836, les journaux anglais étaient frappés d’un droit de timbre de huit sous par feuille. Ce droit, évidemment exagéré, restreignait leur publicité et

’ Lu produit des postes en France était en 1830 de 33,727,650 francs, et en 1811 de 18,159,165 francs. Augmentation, 12.82 pour 100.

favorisait une contrebande bien plus dangereuse pour la société que celle des objets de consommation, nous voulons parler de l’existence d’une foule de petites feuilles clandestines non timbrées, s’adressant exclusivement au peuple, et exerçant sur lui la plus péri i (1 i ] | d : de l’ordre

public et des mœurs. En 1850, le gouvernement fit adopter une réduction du droit à un denier (deux sous). La circulation des grands journaux augmenta bientôt dans de fortes proportions. Le nombre des exemplaires timbrés, qui, avant la réduction, s’élevait à 55,570,050, s’est élevé, en 1842, à GI,.i!la,î>03, près de 75 pour 100 1 ; il est vrai que le produit a diminué de près d’un tiers. Le tableau suivant indique l’accroissement du nombre des journaux et de leur tirage dans le Royaume-Uni :

Londres. 90 28,719,271

Angleterre (Londres excepté) . 212 17,255,798

Pays de Galles. 10 378,700

Écosse. 01 1,102,036

Irlande.

M. Porter termine ce troisième volume et son ouvrage par des recherches très-longues et très-détaillées sur le commerce de l’Angleterre avec ses colonies et le reste du monde. Nous nous bornerons à emprunter à ce travail le tableau suivant, qui en est un excellent résumé.

les colonies, autres marchés, coloniale. Tonnage. non coloniale. on,la 8<- 1832 10,110,979 36,150,931 10,805 2,031,209 35.601 5,700,131

Cette prospérité continue et immense de l’Angleterre est un des spectacles les plus imposants de cette époque ; elle est en môme temps féconde en enseignements. Une foule de causes y ont contribué ; en voici les plus apparentes : l'abondance etlahardiesse des capitaux, multipliés par une circulation de papiers de banque qui, à plusieurs reprises, a dépassé un milliard; un génie industriel et mécanique qui, chaque jour, se manifeste par des découvertes ou d’importantes améliorations ; la rapidité des voies de communication ; le bas prix des matières premières par suite du grand nombre, et de l’extrême richesse des mines de fer et de houille du royaume ; l’esprit national qui fait que, dans les conflits extérieurs, le peuple anglais se rallie à son gouvernement et lui donne une

1 Eu neuf mois, du 1" juillet au 31 mars 1843, les quaire principaux journaux (le Londres, le Morning-Chronicle, le Morning-Herald , le Morning-Post et le Times, ont fait timbrer 7,782,025 exemplaires. Le Times ligure dans ce total pour 4,425,000 numéros, indépendamment de 200,000 demi-timbres. Dans le même intervalle, le Morning-Chronicle a acquitté en droits d’annonces, 90,157 fr. ; le Morning-Herald , 65,079 fr. : le Morning-Post, 74,317 fr., et le Times à lui seul, 290,748 fr., c’est-à-dire un quart de plus que les trois autres réunis.

5 Voici le résumé du commerce extérieur de la France dans la même période :

Années. Valeur moyenne des exportations. Ihliimenis. Tonnage.

force morale immense; l'esprit national qui lait que, dans les crises industrielles, le commerce s’entend pour ne pas laisser déprécier les valeurs de circulation; l’esprit national qui fait que l’Angleterre ignore ces paniques funestes, si communes en France, si meurtrières pour le crédit et l’Etat; la hardiesse et la constance du négociant anglais qui, comptant sur l’appui du gou\ ernement, envoie ses produits sur les points du globe les plus reculés ; la fermeté résolue, et la rapidité avec laquelle le gouvernement, grâce à ses nombreuses stations maritimes, protège son pavillon commercial et scs plus obscurs citoyens à l’étranger; la haute réputation de solvabilité des maisons anglaises dans les lieux d’exportation ; la facilité avec laquelle les centres industriels de l’Angleterre sont informés des besoins de tous les marchés du monde ; l’aptitude particulière des fabricants à approprier leurs produits à tous les goûts, à toutes les fantaisies; labonne qualité de ses produits, qui les fait généralement rechercher; et enfin le bon marché de son fret, qui la fait rivaliser avec le pavillon américain pour le commerce d’importation des autres nations.

A. l.FGOVT.

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