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CONCLUSIONS

Le nombre des avortements suit depuis quelques années un accroissement énorme, impossible à prouver absolument par des chiffres, mais relativement facile à constater par ce qui se passe dans les services de maternité des hôpitaux et par la diminution du nombre de naissances dans tous les endroits en France. Ce nombre a presque doublé en l’espace de 10 années, au point que lon peut estimer à 114.000 au maximum ou à 50.000 au minimum suivant les auteurs, le nombre des avortements faits à Paris et que sur 60.000 conceptions, il se fait environ 20.000 avortements, soit 1/3 en chiffres ronds.

Cette progression ascendante des avortements est selon nous, attribuable à plusieurs causes.

I°. — Progression croissante des avortements pathologiques, due :

a) A l'alcoolisme, prenant de grandes proportions dans les milieux féminins et d’autant plus grandes chez les femmes que leur système nerveux est plus irritable, un abus pouvant facilement faire avorter. D'où la nécessité de prévenir les femmes des méfaits de l’alcool chez

elles particulièrement,

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b) A l'emploi de plus en plus fréquent des femmes, dans des ateliers mal aérés et dans lesquels sont manipulées des substances toxiques. D'où nécessité d’une observation plus stricte des lois de l'hygiène et d’une réglementation impartiale du travail des femmes.

c) Au développement croissant des maladies vénériennes qui, non soignées, s'étendent en taches d’huile et sont comme chacun le sait, une cause classique d’avortements.

Ile. — Croissance effrayante du nombre des avortements

criminels :

a) Par l'impossibilité de sévir où se trouve bien souvent la justice, l’avortement étant trop facile à dissimuler. D'autre part, les magistrats montrent trop souvent une indifférence coupable vis-à-vis des scandales qui ne manquent pas d'éclater de temps en temps.

Il serait donc nécessaire d’établir une législation appropriée contre le crime d'avortement : la précision dans les textes de loi étant un élément indispensable de bonne application de la justice. À

b) Par suite des honteuses réclames dont sont émaillés la plupart de nos quotidiens et de nos périodiques.

c) Enfin et surtout par la faute de nos mœurs actuelles qui dans tous les rangs de la société excusent l’avortement : La fille-mère, avorte pour échapper à la misère ; la femme pauvre, pour ne pas augmenter les charges de son ménage ; la femme riche, dans un but de lucre,

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d’égoïsme et de bien-être. D'où, à côté de l'utilité qu'aurait, ainsi. que le déclare M. Bertillon, une police spéciale qui informerait la justice, la nécessité d’une protection efficace de la fille-mère, de la jeune fille, de la femme en général ; la réorganisation de la recherche de la paternité, en vigueur dans de nombreux pays. La déclaration obligatoire des cas d’avortement par les médecins et les sages-femmes chargés de les soigner arrêterait beaucoup de femmes sur la pente du crime. Mais à l’avis de notre maître M. Maygrier et au nôtre personnel, le remède le plus efficace serait le relèvement moral de la femme en général et c’est là que pourra surtout se faire sentir le rôle héroïque du médecin.

Vu, Le Président,

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