INTRODUCTION
Il est de notoriété publique que notre pays se dépeuple. L’accroissement de la population ne suit plus Ics mêmes progressions que par le passé ; les mariages sont moins féconds ; les familles nombreuses deviennent de plus en plus rares. >
La moyenne des enfants par mariage était en effet de 4,3, au commencement du siècle dernier — et malgré une légère tendance à l'augmentation, il se trouve réduit à 2,9 et même moins à l’époque actuelle.
Il est impossible de nier un rapport entre cet état de chose et la progression rapide de l’aisance et de la richesse générale. Si, par exemple, nous consultons les statistiques allemandes de ces dernières années, nous pourrons constater, chez ce peuple auquel la fortuné commence à sourire, une tendance à la baisse du nombre
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des naissances et correspondant aussi à un accroissement de bien-être.
Quelles en sont les causes ? La question est très difficile à résoudre. Peut-être un léger affaiblissement de la race intervient-il pour une infime part. La principale est, croyons-nous, à côté d’autres moins importantes, la judicieuse application des théories Malthusiennes. Les ménages tiennent essentiellement à n'avoir que peu ou pas d’enfants et mettent en jeu, pour obtenir ce résultat, tous les moyens d’éluder la fécondation d’abord, la gestation ensuite,
L’avortement est une plaie de la société tout entière. Prenant des proportions inimaginables, il tend à se généraliser de plus en plus, et malheureusement à être excusé, pour ne pas dire approuvé dans bien des cas.
Nous nous proposons dans cette étude de mettre en lumière par quelques chiffres cette progression du ñombre des avortements. Il nous est impossible de l’établir en chiffres absolus, mais nous verrons, que toutes choses égales d’ailleurs, cette progression est régulièrement croissante ; que l’avortement parfois accident, quelquefois nécessité, en un mot pathologique, sans être une rareté, est cependant en infime minorité, comparé au nombre de ceux qui n’ont point de cause connue, mais dont on devine facilement l’étiologie. Puis nous nous efforcerons d’établir quelques-unes des causes sociales ou médicales d’un semblable état de choses.