IX. CONFIANCE EN DIEU
Deux hommes étaient voisins, et chacun d'eux avait une femme et plusieurs petits enfants, et son seul travail pour les faire vivre.1
Et l'un de ces deux hommes s'inquiétait en lui-même en disant : Si je meurs, ou que 2 je tombe malade, que deviendront 3 ma femme et mes enfants ?
Et cette pensée ne le quittait point et elle rongeait son cœur comme un ver ronge le fruit où il est caché.
Or, bien que la même pensée fût venue 4 à l'autre père, il ne s'y était point arrêté ; 5 " car, disait-il, Dieu, qui connaît toutes ses créatures, et qui veille sur elles, veillera aussi sur moi, et sur ma femme, et sur mes enfants."
Et celui-ci vivait tranquille, tandis que le premier ne goûtait pas un instant de repos ni de joie intérieurement.
Un jour qu'il travaillait 6 aux champs, triste et abattu à cause de sa crainte, il vit 7 quelques oiseaux entrer dans un buisson, en sortir, et puis bientôt y revenir encore.
Et s'étant approché,8 il vit deux nids posés côte à côte,9 et dans chacun plusieurs petits nouvellement éclos10 et encore sans plumes.
Et quand il fut retourné n à son travail, de temps en temps il