‹ Progressive French reader. With copious notes, philological and grammatical; and numerous references to Ottos French conversation grammarChapitre 50 sur 177 · LE CHIEN DU LOUVRE · texte numérisé non relu

LE CHIEN DU LOUVRE

tait sa course. Au fur et à mesure qu'il approchait,20 il distinguait plus clairement la monstrueuse bête qui se mouvait dans l'ombre foulant aux pieds le corps de Guillaume, et le déchirant par lambeaux.

François était à quatre pas d'eux, et l'ours était si acharné à sa proie 21 qu'il n'avait pas paru l'apercevoir. H n'osait tirer, de peur de tuer Guillaume, s'il n'était pas mort, car il tremblait tellement qu'il n'était plus sûr de son coup. Il ramassa une pierre et la jeta à l'ours.

L'animal se retourna furieux contre son nouvel ennemi; ils étaient si près l'un de l'autre que l'ours se dressa sur ses pattes de derrière pour l'étouffer ; François le sentit bourrer avec son poitrail 22 le canon de sa carabine. Machinalement il appuya le doigt sur la gâchette ; le coup partit.

L'ours tomba à la renverse ; la balle lui avait traversé la poitrine et brisé la colonne vertébrale.

François le laissa se traîner, en hurlant, sur ses pattes de devant

et courut à Guillaume. Ce n'était plus un homme, ce n'était plus

même un cadavre ; c'étaient des os et de la chair meurtrie ; la

tête était dévorée presque entièrement.

A. Dumas (b. 1803).

XXXVn. LE CHIEN DU LOUVRE.1

Passant, que ton front se découvre : 2 Là plus d'un brave est endormi.

Des fleurs pour le martyr du Louvre !

Un peu de pain pour son ami ! 3

C'était le jour de la bataille :

Il s'élança sous la mitraille ; Son chien suivit.

Le plomb tous deux vint les atteindre ; Est-ce le maître qu'il faut plaindre ?

Le chien survit.

' Morne, vers le brave il se penche, L'appelle, et de sa tête blanche

Le caressant ; Sur le corps de son frère d'armes Laisse couler ses grosses larmes

Avec son sang.

Des morts voici le char qui roule ; 8 Le chien respecté par la feule

A pris son rang, L'œil abattu, l'oreille basse,8 En tête du convoi qui passe,

Comme un parent.

Au bord de la fosse avec peine, Blessé de Juillet, il se traîne

Tout en boitant ; 7 Et la gloire y jette son maître, Sans le nommer, sans le connaître ; Us étaient tant !

Gardien du tertre funéraire, Nul plaisir ne peut le distraire

De son ennui ; 8 Et fuyant la main qui l'attire,9 Avec tristesse il semble dire :

" Ce n'est pas lui."

Quand sur ces touffes d'immortelles Brillent d'humides étincelles,10 Au point du jour,

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