‹ Progressive French reader. With copious notes, philological and grammatical; and numerous references to Ottos French conversation grammarChapitre 61 sur 177 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Daniel, Perrichon, Armand, Madame Perrichon, Henriette,

L'Aubergiste.

(Perrichon entre, soutenu par sa femme et le guide. )

Armand. Vite, de l'eau ! du sel ! du vinaigre !

Daniel. Qu'est-il donc arrivé ?

Henriette. Mon père a manqué, de se tuer ! 6

Daniel. Est-il possible ?

Perrichon (assis). Ma femme! ... ma fille! ... Ah! je me sens mieux ! . . .

Henriette (lui présentant un verre d'eau sucrée). Tiens ! . . . bois ! ... ça te remettra . . .

Perrichon. Merci . . . quelle culbute ! (H boit.)

Madame Perrichon. C'est ta faute aussi . . . vouloir monter à cheval, un père de famille ... et avec des éperons encore !

Perrichon. Les éperons n'y sont pour rien 7 . . . c'est la bête qui est ombrageuse.

Madame Perrichon. Tu l'auras piquée sans le vouloir, elle s'est cabrée . . .

Henriette. Et sans monsieur Armand qui venait d'arriver . . . mon père disparaissait dans un précipice . . .

Madame Perrichon. H y était déjà ... je le voyais rouler comme une boule . . . nous poussions des cris ! . . .

Henriette. Alors, monsieur s'est élancé ! . . .

Madame Perrichon. Avec un courage, un sang-froid ! . . . Vous êtes notre sauveur . . . car sans vous mon mari . . . mon pauvre ami . . . (Elle éclate en sanglots»)

Armand. Il n'y a plus de danger . . . calmez-vous !

Madame Perrichon (pleurant toujours). Non! ça me fait du bien ! (A son mari.) Ça t'apprendra à mettre des éperons. (Sanglotant plus fort.) Tu n'aimes pas ta famille.

Henriette (à Armand). Permettez-moi d'ajouter mes remercîments à ceux de ma mère, je garderai toute ma vie le souvenir de cette journée . . . toute ma vie !.. .

Armand. Ah! mademoiselle!

Perrichon (à part). A mon tour, monsieur Armand! . . . non, laissez-moi vous appeler Armand !

Armand. Comment donc ! 8

Perrichon. Armand . . . donnez-moi la main ... Je ne sais pas faire de phrases, moi . . . mais tant qu'il battra, vous aurez une place dans le cœur de Perrichon! (Lui serrant la main.) Je ne vous dis que cela !

Madame Perrichon. Merci ! . . . monsieur Armand !

Henriette. Merci, monsieur Armand !

Armand. Mademoiselle Henriette !

Daniel (à part). Je commence à croire que j'ai eu tort de prendre mon café !

Madame Perrichon (à V aubergiste). Vous ferez reconduire le cheval, nous retournerons tous en voiture . . .

Perrichon (se levant). Mais je t'assure, ma chère amie, que je suis assez bon cavalier . . . (Poussant un cri.) Aïe !

Tous. Quoi ?

Perrichon. Rien ! . . . les reins ! Vous ferez reconduire le cheval !

Madame Perrichon. Viens te reposer un moment; au revoir, monsieur Armand!

Henriette. Au revoir, monsieur Armand !

Perrichon (serrant énergiquement la main d'Armand). A bientôt . . . Armand ! (Poussant un second cri.) Aïe ! . . . j'ai trop serré ! (H entre à gauche suivi de sa femme et de sa Jille.)

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