QUATRIÈME SECTION
DIVERSES QUESTIONS REUlTIVES AU PROJET.
LXII. — Première question. = Universaliié de la langue. Nous croyons qu'il est impossible d'établir une langue universelle et vulgaire pour être employée par tous les peuples dans le langage ordinaire et familier. En supposant même son admission , elle cesserait bientôt d'être universelle. Enfin cette universalité ne pourrait se réaliser dans la langue de notre Projet sans compromettre ses qualités les plus importantes, et par conséquent, les immenses avantages qui en découlent. En effet, une langue vivante, devenue universelle et vulgaire chez les peuples innombrables qui sont répandus sur la surface de la terre , ne saurait conserver constamment cet ordre philosophique et analytique dans les idées ^ cet ordre alphabétique dans la formation des mots et cette régularité jamais démentie sous aucun rapport, qui constituent essentiellement notre langue. C'est l'opi*
nion unanime de toutes les personnes que nous avons consultées sur ces trois points , et ils nous paraissent si clairs , que nous croyons inutila de nous y arrêter davantage.
Ainsi j lorsque nous proposons une langue comme universelle, nous parlons d'une langue pour les savants, comprise par tous les hommes qui recevront une éducation tant soit peu distinguée. C'est une universalité analogue jusqu'à un certain point à celle du latin dans presque tout l'Occident au moyen âge. Nous avons dit jusqu'à un certain point , parce que , à notre avis, il y aura deux différences remarquables. D'un côté y la connaissance de cette langue deviendra plus générale que celle du latin à l'époque in* diquée quant au nombre des peuples ^ puisqu'elle s'étendra parmi toutes les nations du monde; et quant au nombre des personnes, puisque le latin exigeait plusieurs années d'une étude très-aride et très-pénible , tandis que la langue du Projet sera extrêmement facile pour tous ceux qui auront appris à lire et à écrire dans la langue de leur pays. Mais, d'un autre côté , la langue du Projet sera employée trèsrarement dans les communications intérieures de chacune des nations; tandis qu'on parlait le latin dans tous les exercices publics littéraires, dans les leçons et dans les explications des professeurs , et on l'employait dans les livres de texte , dans les testaments et dans presque tous les documents publics. Cette langue sera donc une langue morte , quoique
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très-généralemant comprise. A notre avis, c'est une circonstance très*importante ; parce qu'on évitera par là presque tout danger de Taltérer et de lui faire perdre tous les avantages qu'elle doit à ses bases essentielles.
Cependant nous Regardons comme très-vraisemblable, et mêtoe comme certain, que les langues vivantes emprunteront un grand nombre de mots et de tournures à cette langue scientifique à cause de sa facilité, de sa clarté, de son exactitude et de son analyse , et surtout à cause d'une espèce de nécessité qui se présentera très-souvent. En effet , on aura naturellement recours à cette langue pour suppléer aux nombreux mots qui manquent dans les autres idiomes, qui ne sont pas assez clairs ni assez explicites pour exprimer tous les objets et toutes leurs circonstances importantes. Tels sont les mots dont nous avons parlé aux numéros 39 et 4 1 , et beaucoup d'autres analogues. Cet emprunt enrichira toutes les langues avec des mots et des tournures, qui seront toujours philosophiques et analytiques , ce qui contribuera à former des habitudes d'exactitude et d'analyse dans tous les esprits.
OBSERYATIOM IMPORTANTE.
Lorsque nous avons dit qu'une langue universelle vulgaire nous paratt impossible , nous ne parlons pas
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langue deviendrait très-commane parmi tontes les classes de la société.
Qu'on n'aille pas croire que nous voulons présenter ces hypothèses comme des faits, qui se réaliseront positivement dans les temps à venir. Nous nous abs* tenons même de les donner comme probables. Nous les avons indiquées dans le seul but de manifester que nous suspei^dons tout à fait notre jugement sur la possibilité d'une langue universelle vulgaire dans des temps lointains, dont les circonstances sont complètement inconnues.
LXIII. — Deuxième question. = Nombre , qualité et ordre des lettres de V alphabet. C'est après de mûres réflexions, et après avoir consulté plusieurs savants, que nous avons formé notre alphabet. Nous le soumettons encore au jugement des hommes de la
l'usage de la langue latine dans la liturgie romaine avec exclusion de toutes les langues vivantes ; mais en outre nous avons une conviction intime de la convenance et même de la nécessité presque absolue de cette loi pour éviter les dangers et les inconvénients des langues vivantes dans cette matière. Mais ces inconvénients ne sont pas les mêmes dans une langue morte , et telle est celle que nous proposons selon les explications données au n*" 60. Ainsi TÉglise pourrait trouver utile d'établir la liturgie dans cette langue , afin d'en faciliter aux fidèles l'intelligence. On voit , bien que cette hypotbèse n'a rien de commun avec la prétention extrêmement dangereuse d'admettre dans la liturgie les langues vivantes de tous les peuples avec toutes les variations qu'elles subissent cx)ntinuellement , et avec d'autres inconvénients qu'il serait hors de propos d'examiner ici.
science , en indiquant les raisons qui nous ont dirigé dans notre travail.
Il faut avant tout que le nombre des lettres soit largement suffisant pour satisfaire à toutes les exi* gences d'une langue universelle; mais on doit en même temps ne pas trop les multiplier pour rendre la langue simple et facile.
Les vingt lettres que nous proposons suffisent; et il ne peut rester aucun doute sur ce point d'après les calculs que nous avons faits , et dont le résultat se trouve énoncé au numéro 34. Cette vérité est encore confirmée parles innombrables combinaisons de lettres, qui sont restées sans application dans toutes les sections du dictionnaire , et qui sont destinées pour des cas imprévus. On peut ajouter, comme une autre preuve, les milliers de modifications que subit chaque mot par l'addition d'une seule syllabe : on a pu le voir par ce qui déjà a été dit plusieurs fois.
Quant à la simplicité de la langue, on ne peut méconnaître combien elle est importante, surtout dans le commencement, pour en faciliter l'adoption. Les habitants des diverses contrées de l'univers se trouvent divisés entre eux , plus encore par la difiérence de leurs usages , de leurs idées et de leurs langues , que par les distances qui les séparent et par la difficulté des communications. Il est donc nécessaire^ ou au moins extrêmement sage , de simplifier autant que possible la langue qui doit les rapprocher tous. Or cette simplicité, si importante pour introduire et pro-
154 LANGUI OUITBRBBLLB.
langae deviendrait très-commane parmi toutes les classes de la société.
Qu'on n'aille pas croire que nous voulons présenter ces hypothèses comme des faits, qui se réaliseront positivement dans les temps à venir. Nous nous abstenons même de les donner comme probables. Nous les avons indiquées dans le seul but de manifester que nous suspei^dons tout à fait notre jugement sur la possibilité d'une langue universelle vulgaire dans des temps lointains, dont les circonstances sont complètement inconnues.
LXIII. — Deuxième question. = Nombre , qualité et ordre des lettres de V alphabet. C'est après de mûres réflexions, et après avoir consulté plusieurs savants, que nous avons formé notre alphabet. Nous le soumettons encore au jugement des hommes de la
l'usage de la langue latine dans la liturgie romaine avec exclusion de toutes les langues vivantes ; mais en outre nous avons une conviction intime de la convenance et même de la nécessité presque absolue de cette loi pour éviter les dangers et les inconvénients des langues vivantes dans cette matière. Mais ces inconvénients ne sont pas les mêmes dans une langue morte , et telle est celle que nous proposons selon les explications données au n* 60. Ainsi l'Église pourrait trouver utile d'établir la Utui^e dans cette langue, afin d'en faciliter aux fidèles l'intelligence^ On voit, bien que cette hypothèse n'a rien de commun avec la prétention extrêmement dangereuse d'admettre dans la liturgie les langues vivantes de tous les peuples avec toutes les variations qu'elles subissent continuellement, et avec d'autres inconvénients qu'il serait hors de propos d'examiner ici.
science ^ en indiquant les raisons qui nous ont dirigé dans notre travail.
Il faut avant tout que le nombre des lettres soit largement sufGsant pour satisfaire à toutes les exigences d'une langue universelle; mais on doit en même temps ne pas trop les multiplier pour rendre la langue simple et facile.
Les vingt lettres que nous proposons suffisent; et il ne peut rester aucun doute sur ce point d'après les calculs que nous avons faits , et dont le résultat se trouve énoncé au numéro 34. Cette vérité est encore confirmée par les innombrables combinaisons de lettres, qui sont restées sans application dans toutes les sections du dictionnaire , et qui sont destinées pour des cas imprévus. On peut ajouter, comme une autre preuve, les milliers de modifications que subit chaque mot par l'addition d'une seule syllabe : on a pu le voir par ce qui déjà a été dit plusieurs fois.
Quant à la simplicité de la langue, on ne peut méconnaître combien elle est importante, surtout dans le commencement, pour en faciliter l'adoption. Les habitants des diverses contrées de l'univers se trouvent divisés entre eux , plus encore par la difierence de leurs usages , de leurs idées et de leurs langues , que par les distances qui les séparent et par la difficulté des communications. Il est donc nécessaire, ou au moins extrêmement sage , de simplifier autant que possible la langue qui doit les rapprocher tous. Or cette simplicité, si importante pour introduire et pro-
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langue deviendrait très-commane parmi toutes les classes de la société.
Qu'on n'aille pas croire que nous voulons présenter ces hypothèses comme des faits, qui se réaliseront positivement dans les temps à venir. Nous nous abs* tenons même de les donner comme probables. Nous les avons indiquées dans le seul but de manifester que nous suspei^dons tout à fait notre jugement sur la possibilité d'une langue universelle vulgaire dans des temps lointains 9 dont les circonstances sont complètement inconnues.
LXIII. — Deuxième question. = Nombre , qualité et ordre des lettres de V alphabet. C'est après de mûres réflexions, et après avoir consulté plusieurs savants, que nous avons formé notre alphabet. Nous le soumettons encore au jugement des hommes de la
l'usage de la langue latine dans la liturgie romaine avec exclusion de toutes les langues vivantes ; mais en outre nous avons une conviction intime de la convenance et même de la nécessité presque absolue de cette loi pour éviter les dangers et les inconvénients des langues vivantes dans cette matière. Mais ces inconvénients ne sont pas les mêmes dans une langue morte , et telle est celle que nous proposons selon les explications don-nées au n* 60. Ainsi TÉglise pourrait trouver utile d'établir la liturgie dans cette langue, afin d'en faciliter aux fidèles l'intelligence. On voit, bien que cette hypothèse n'a rien de commun avec la prétention extrêmement dangereuse d'admettre dans la liturgie les langues vivantes de tous les peuples avec toutes les variations qu'elles subissent cx>ntinuellement, et avec d'autres inconvénients qu'il serait hors de propos d'examiner ici.
science , en indiquant les raisons qui nous ont dirigé dans notre travail.
Il faut avant tout que le nombre des lettres soit largement suffisant pour satisfaire à toutes les exi<gences d'une langue universelle; mais on doit en même temps ne pas trop les multiplier pour rendre la langue simple et facile.
Les vingt lettres que nous proposons suffisent; et il ne peut rester aucun doute sur ce point d'après les calculs que nous avons faits , et dont le résultat se trouve énoncé au numéro 34. Cette vérité est encore confirmée par les innombrables combinaisons de lettres, qui sont restées sans application dans toutes les sections du dictionnaire , et qui sont destinées pour des cas imprévus. On peut ajouter, comme une autre preuve, les milliers de modifications que subit chaque mot par Taddition d'une seule syllabe : on a pu le voir par ce qui déjà a été dit plusieurs fois.
Quant à la simplicité de la langue , on ne peut méconnaître combien elle est importante, surtout dans le commencement, pour en faciliter l'adoption. Les habitants des diverses contrées de l'univers se trou* vent divisés entre eux , plus encore par la difierence de leurs usages, de leurs idées et de leurs langues , que par les distances qui les séparent et par la difficulté des communications. Il est donc nécessaire , ou au moins extrêmement sage , de simplifier autant que possible la langue qui doit' les rapprocher tous. Or cette simplicité, si importante pour introduire et pro-
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langue deviendrait très-commane parmi tontes les classes de la société.
Qu'on n'aille pas croire que nous voulons présenter ces hypothèses comme des faits, qui se réaliseront positivement dans les temps à venir. Nous nous abstenons même de les donner comme probables. Nous les avons indiquées dans le seul but de manifester que nous suspei^dons tout à fait notre jugement sur la possibilité d'une langue universelle vulgaire dans des temps lointains, dont les circonstances sont comr plétement inconnues.
LXIII. — Deuxième question. = Nombre , qualité et ordre des lettres de V alphabet. C'est après de mûres réflexions , et après avoir consulté plusieurs savants , que nous avons formé notre alphabet. Nous le soumettons encore au jugement des hommes de la
l'usage de la langue latine dans la liturgie romaine avec exclusion de toutes les langues vivantes ; mais en outre nous avons une conviction intime de la convenance et même de la nécessité presque absolue de cette loi pour éviter les dangers et les inconvénients des langues vivantes dans cette matière. Mais ces inconvénients ne sont pas les mêmes dans une langue morte , et telle est celle que nous proposons selon les explications données au n* 60. Ainsi l'Église pourrait trouver utile d'établir la liturgie dans cette langue, afin d'en faciliter aux fidèles l'intelligence. On voit, bien que cette hypothèse n*a rien de commun avec la prétention extrêmement dangereuse d'admettre dans la liturgie les langues vivantes de tous les peuples avec toutes les variations qu'elles subissent continuellement , et avec d'autres inconvénients qu'il serait hors de propos d'examiner ici.
science ^ en indiquant les raisons qui nous ont dirigé dans notre travail.
Il faut avant tout que le nombre des lettres soit largement suffisant pour satisfaire à toutes les exi* gences d'une langue universelle; mais on doit en même temps ne pas trop les multiplier pour rendre la langue simple et facile.
Les vingt lettres que nous proposons suffisent; et il ne peut rester aucun doute sur ce point d'après les calculs que nous avons faits , et dont le résultat se trouve énoncé au numéro 34. Cette vérité est encore confirmée parles innombrables combinaisons de lettres, qui sont restées sans application dans toutes les sec-tiens du dictionnaire , et qui sont destinées pour des cas imprévus. On peut ajouter, comme une autre preuve, les milliers de modifications que subit chaque mot par Taddition d'une seule syllabe : on a pu le voir par ce qui déjà a été dit plusieurs fois.
Quant à la simplicité de la langue, on ne peut méconnaître combien elle est importante, surtout dans le commencement, pour en faciliter l'adoption. Les habitants des diverses contrées de l'univers se trouvent divisés entre eux , plus encore par la difierence de leurs usages , de leurs idées et de leurs langues , que par les distances qui les séparent et par la difficulté des communications. Il est donc nécessaire , ou au moins extrêmement sage , de simplifier autant que possible la langue qui doit les rapprocher tous. Or cette simplicité, si importante pour introduire et pro-
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langae deviendrait très-commane parmi tontes les classes de la société.
Qu'on n'aille pas croire que nous voulons présenter ces hypothèses comme des faits, qui se réaliseront positivement dans les temps à venir. Nous nous abs-> tenons même de les donner comme probables. Nous les avons indiquées dans le seul but de manifester que nous suspei^dons tout à fait notre jugement sur la possibilité d'une langue universelle vulgaire dans des temps lointains, dont les circonstances sont complètement inconnues.
LXIII. — Deuxième question. = Nombre , qualité et ordre des lettres de V alphabet. C'est après de mûres réflexions, et après avoir consulté plusieurs savants, que nous avons formé notre alphabet. Nous le soumettons encore au jugement des hommes de la
Fusage de la langue latine dans la liturgie romaine avec exclusion de toutes les langues vivantes ; mais en outre nous avons une conviction intime de la convenance et même de la nécessité presque absolue de cette loi pour éviter les dangers et les inconvénients des langues vivantes dans cette matière. Mais ces inconvénients ne sont pas les mêmes dans une langue morte , et telle est celle que nous proposons selon les explications données au n* 60. Ainsi TËglise pourrait trouver utile d'établir la liturgie dans cette langue, aûn d'en faciliter aux fidèles l'intelligence» On voit, bien que cette hypothèse n*a rien de commun avec la prétention extrêmement dangereuse d'admettre dans la liturgie les langues vivantes de tous les peuples avec toutes les variations qu'elles subissent cx)ntinuellement , et avec d'autres inconvénients qu'il serait hors de propos d'examiner ici.
science , en indiquant les raisons qui nous ont dirigé dans notre travail.
Il faut avant tout que le nombre des lettres soit largement suffisant pour satisfaire à toutes les exigences d'une langue universelle; mais on doit en même temps ne pas trop les multiplier pour rendre la langue simple et facile.
Les vingt lettres que nous proposons suffisent; et il ne peut rester aucun doute sur ce point d'après les calculs que nous avons faits , et dont le résultat se trouve énoncé au numéro 34. Cette vérité est encore confirmée parles innombrables combinaisons de lettres, qui sont restées sans application dans toutes les sec-tiens du dictionnaire , et qui sont destinées pour des cas imprévus. On peut ajouter, comme une autre preuve, les milliers de modifications que subit chaque mot par l'addition d'une seule syllabe : on a pu le voir par ce qui déjà a été dit plusieurs fois.
Quant à la simplicité de la langue, on ne peut mé* connaître combien elle est importante, surtout dans le commencement, pour en faciliter l'adoption. Les habitants des diverses contrées de l'univers se trouvent divisés entre eux , plus encore par la difierence de leurs usages , de leurs idées et de leurs langues , que par les distances qui les séparent et par la difficulté des communications. Il est donc nécessaire , ou au moins extrêmement sage, de simplifier autant que possible la langue qui doit les rapprocher tous. Or cette simplicité, si importante pour introduire et pro-
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langae deviendrait très-commane parmi tontes les classes de la société.
Qu'on n'aille pas croire que nous voulons présenter ces hypothèses comme des faits, qui se réaliseront positivement dans les temps à venir. Nous nous abstenons même de les donner comme probables. Nous les avons indiquées dans le seul but de manifester que nous suspei^dons tout à fait notre jugement sur la possibilité d'une langue universelle vulgaire dans des temps lointains, dont les circonstances sont complètement inconnues.
LXIII. — Deuxième question. = Nombre , qualité et ordre des lettres de V alphabet. C'est après de mûres réflexions, et après avoir consulté plusieurs savants, que nous avons formé notre alphabet. Nous le soumettons encore au jugement des hommes de la
Tusage de la langue latine dans la liturgie romaine avec exclusion de toutes les langues vivantes ; mais en outre nous avons une conviction intime de la convenance et même de la nécessité presque absolue de cette loi pour éviter les dangers et les inconvénients des langues vivantes dans cette matière. Mais ces inconvénients ne sont pas les mêmes dans une langue morte , et telle est celle que nous proposons selon les explications don-* nées au n* 60. Ainsi l'Ëglise pourrait trouver utile d'établir la liturgie dans cette langue , aûn d'en faciliter aux fidèles l'intelligence^ On voit , bien que cette hypothèse n'a rien de commun avec la prétention extrêmement dangereuse d'admettre dans la liturgie les langues vivantes de tous les peuples avec toutes les variations qu'elles subissent cx)ntinuellement , et avec d^autres inconvénients qu'il serait hors de propos d'examiner ici.
science , en indiquant les raisons qui nous ont dirigé dans notre travail.
Il faut avant tout que le nombre des lettres soit largement suffisant pour satisfaire à toutes les exigences d'une langue universelle; mais on doit en même temps ne pas trop les multiplier pour rendre la langue simple et facile.
Les vingt lettres que nous proposons suffisent; et il ne peut rester aucun doute sur ce point d'après les calculs que nous avons faits , et dont le résultat se trouve énoncé au numéro 34. Cette vérité est encore confirmée parles innombrables combinaisons de lettres, qui sont restées sans application dans toutes les sections du dictionnaire , et qui sont destinées pour des cas imprévus. On peut ajouter, comme une autre preuve, les milliers de modifications que subit chaque mot par l'addition d'une seule syllabe : on a pu le voir par ce qui déjà a été dit plusieurs fois.
Quant à la simplicité de la langue, on ne peut mé* connaître combien elle est importante, surtout dans le commencement, pour en faciliter l'adoption. Les habitants des diverses contrées de l'univers se trouvent divisés entre eux, plus encore par la difierence de leurs usages , de leurs idées et de leurs langues , que par les distances qui les séparent et par la difficulté des communications. Il est donc nécessaire , ou au moins extrêmement sage , de simplifier autant que possible la langue qui doit les rapprocher tous. Or cette simplicité, si importante pour introduire et pro-
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méprendre. Nous renvoyons le lecteur à la noie du n* 34, page 70, et à l'Appendice 3*. Il y trouvera les preuves les plus claires de la facilité de trouver des millions de noms pour des objets nouveaux , et d'en connaître la signification sans danger d'erreur.
Nota. Bien que ce système n'offre à notre avis aucune difficulté ni aucun inconvénient, on pourrait y introduire une amélioration importante. Elle consisterait à ajouter aux noms qui composent le langage ordinaire et le dictionnaire commun, un autre nom, pour ainsi dire technique, qui déterminerait toutes les nuances des objets. Ce second nom se réunirait au premier par un signe spécial, tel que l'apostrophe ou le trait d'union, pour en faire un seul nom. Ces noms, ainsi composés , seraient expliqués dans les dictionnaires techniques et dans les traités et ouvrages destinés à des sciences spéciales. Nous allons développer notre pensée par deux exemples qui la rendront plus claire.
Supposons que les noms employés pour exprimer une rose et un papillon sont elnada et eslace. Ces noms peuvent suffire pour le langage ordinaire et par conséquent pour le dictionnaire commun et général. Mais dans chacun de ces objets on reconnaît aujourjourd'hui des milliers de divisions et de subdivisions, à cause du nombre immense des espèces , variétés et nuances qu'on a découvert, et qu'on découvre tous les jours. Or, de même que dans les végétaux et dans les animaux, on a fait plusieurs divi-
LiUNGUE UNIVERSELLE. 165
sioDS et subdivisions de types, de tribus , d'ordres et de familles, pour arriver aux objets ci -dessus cités; on fera aussi les divisions convenables de genres, d'espèces, de variétés, de différences et de nuances de chacun de ces objets. Alors on composera des noms pour tous les individus de ces classes inférieures, en suivant toujours l'ordre alphabétique, de même qu'on a composé les noms de la rose {elcana)y du papillon {eslace), et de tous les objets qui entrent dans le langage ordinaire. Les noms ainsi formés par les hommes de la science seraient ajoutés et réunis par l'apostrophe ou par le trait d'union aux noms elcana et eslace. Dans ce cas la première partie de ces noms, ainsi composés, exprimerait les objets (la rose , le papillon) pris dans un sens générique , et comme on le fait le plus souvent dans le langage ordinaire; et la deuxième partie exprimerait l'objet analysé jusqu'aux nuances les plus minutieuses pour les hommes de la science. Il est facile de remarquer que cette méthode faciliterait extraordinairement la connaissance plus exacte de ces objets , même aux personnes les moins initiées aux connaissances scientifiqaes.
LXV. — Quairième question. = Accent de la prononciation. Dans le n* 25 nous avons proposé deux systèmes, qu'on pourrait adopter pour fixer les syllabes, sur lesquelles on doit appuyer pour prononcer les mots de la langue du Projet. Ces deux systèmes nous
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paraissent bons : ils ont tous les deux l'ayantage de déterminer la syllabe sor laquelle appoie la Toix, sans qnMl soit nécessaire de la marquer avec un accent écrit, comme il arrive souvent dans le latin et dans le castillan. Nous ajoutons qu*on ne voit pas d'inconvénient grave à ce que le choix entre ces deux systèmes reste à la discrétion des divers peuples de la terre , qui pourront élire celui qui serait le plus conforme à leurs usages respectifs. Cette liberté ne nuira pas à la clarté de la langue, puisque la différence de Paccent ne changera en rien la signification des mots. Néanmoins chaque individu doit se conformer au système adopté dans son pays, parce qu*dne liberté arbitraire produirait de la confusion dans les auditeurs.
LXVI. — Cinquième question, = Sur les articles. Quant aux articles, on a demandé s'il sera mieux de les bannir de cette langue , en se modelant sur le latin, qui n'en a pas, ou de les employer comme dans le français, l'espagnol, l'italien, etc., ou abandonner cette matière au gré et au bon goût des écrivains. Nous croyons qu'on ne peut pas établir, au moins à présent, des règles générales ni dans cette matière, ni dans plusieurs autres. L'usage des écrivains distingués et d'un goût délicat fixera ces règles. Nous dirons cependant que l'usage de l'article doit être regardé comme nécessaire , toutes les fois qu'il sera réclamé par la clarté de la phrase. En latin les mots fitius régis peuvent avoir plusieurs sens difiFé-
rents. Le contexte détermine souvent le sens qu'on doit leur donner dans une phrase, mais souvent aussi le sens est équivoque. La langue du Projet doit, d'après ses principes fondamentaux, repousser toute équivoque. On ne peut donc y supprimer l'article que dans les phrases où il sera tout à fait inutile pour en déterminer le sens.