DEUXIÈME APPENDICE
Du langage chimique^
Un des besoins scientifiques les plas pressants de nos jours est celui de trouver un langage, qui se prête à exprimer avec clarté et avec exactitude les connaissances chimiques, qui font de si rapides progrès depuis quelques années. Lorsque ces connaissances commencèrent à former une science spéciale, on reconnut combien un langage clair et précis était avantageux , et Ton adopta les terminaisons ique et eux pour signifier les combinaisons chimiques. On y ajouta ensuite les mots hypo....kiue et hypa....euxy et depuis les initales protOj deuto, triio^ per^ hyper ^ etc.
On ne peut méconnaître que ces nomenclatures ont été très-utiles à la science et ont contribué à ses progrès; mais ces progrès mêmes les ont rendus insuffisantes, et ont démontré qu'on avait procédé quelquefois d'après des données inexactes.
Cette insuffisance et cette inexactitude font que plusieurs auteurs introduisent des systèmes particuliers et des nomenclatures très-différentes. De là viennent des complications, des difficultés, des embarras et de la confusion , à un tel point qu'on est menacé d'une espèce d'anarchie dans le langage : anarchie qui doit augmenter à mesure que les con-
1T(. LANtilE UNIVERSELLE.
naissances et les nouvelles décoaverles angmenteront.
Il est donc convenable et même ai^nt de chercher et d'adopter an système plus large, et en même teaips plus exact, plus clair et plos simple, qui réponde aux besoins scientifiques du jour, et, s'il est possible, à ceux qui surviendront dans l'avenir en raison des progrès de la science.
La simplicité et la fécondité de la langue de notre Projet nous font croire qu'il pourrait remplir ces conditions* Nous avons donc consulté des personnes -très-instruites dans cette matière, et aidé de leurs lumières, nous proposons les cinq nomenclatures suivantes : celle des corps simples, celle de leurs combinaisons, celle de leurs proportions, celle des alliages, et celle de la chimie organique.
Nomenclature des corps simples. — Aba initial est employé exclusivement pour signifier les corps simples, autrement dits les éléments primitifs.
Aba : élément ou corps simple.
1" Ordre. — Métallaides. = 1" Famille : gazeux.
Abàba, Abàbe, Abactty
oxygène. Abace, chlore. }
hydrogène. Abad, flnor.
azote.
2* Famille : solides volatiles.
Abada, Abade,
iode. Abadi, phosphore, sdeninm. Abado, soufre.
Abafa, Abafe ,
3* Famille : solides fixes.
Abafi , silicium.
carbone, bore.
2i' Ordre. — Métaux héiéropsides.=:\'^ Famille insolubles.
Abaga, Abage,
zirconium.
aluminium.
Abagi, Abago ,
yttrium.
glucynium.
2* Famille :
; peu solubles.
Abaja, Abaje,
magnésium, calcium.
Abaji, Abajo,
strontium, barium.
3" Famille :
trèS'Solubles.
Abala, Abale,
lithium, sodium.
Abaliy
potassium.
3* Ordre. — Métaux autopsides. = 1 " Famille électro-négatifs.
Abama,
arsenic.
Abamu,
antimoine.
AbamCf
chrome.
Abana,
tellure.
Abami,
molybdène.
Abaney
titane.
Abamo,
tungstène.
Abani,
tantale.
2' Famille :
électro-positifs
Abapa,
cerium.
Abesa,
bismuth.
Abape ,
manganèse.
Abese ,
plomb.
Abapi,
fer.
Abesi ,
mercure.
Abapo ,
cobalt.
AbesOi
argent, -
Abapu,
nickel.
Abesu,
or.
Abara,
cuivre.
Abeta,
sodium.
Abare ,
urane.
Abete ,
osmium.
Abari,
zinc.
Abêti,
palladium.
Abaro,
cadmium.
Abeto,
platine.
Abaru,
étain.
178 LARGini UmVElSBUJB.
Première noie. Obligés d'adopter une classification, nous avons choisi celle da texte, parce qu'elle se divise et se subdivise par des groupes, dont la connaissance est très-utile pour diriger et pour rendre plus facile l'étude de la chimie. Cependant nous ne lui donnerons pas une préférence exclusive, d'autant moins qu'on n'y trouve pas tous les corps simples qui sont connus aujourd'hui. Dans le Dictionnaire nous proposons une autre classification. C'est aux savants dans cette science qu'il appartient de fixer la classification la plus convenable et par conséquent la nomenclature.
Deuxième note. Quelle que soit la classification qu'on adoptera, elle sera toujours incomplète, parce que l'on découvre tous les joiirs do nouveaux corps simples. Nous-même nous n'en avons énuméré que cinquante , bien qu'il y en ait plus de soixante connus aujourd'hui. D'après la méthode ordinaire , lorsqu'on découvre un nouveau corps simple j il faut inventer un nouveau nom tout à fait arbitraire, qui n'a aucun rapport avec l'objet , et qui très-souvent est très-difficile à retenir, à prononcer et à écrire. Dans la langue du Projet le nom est toujours simple et facile, et se trouve préparé d'avance dans la section à laquelle il appartient. Par cette dernière raison, les personnes qui l'entendent pour la première fois, reconnaissent, sans d'autre explication, non-seulement que Tobjet est un corps simple, mais aussi quelle
LANaOl UWTEIWLLB. 179
es! la classe à laquelle il appatlienl et par cQB^équeat ses qualités principaless
Et qa'op ne craigne pas d'épniser les noms préfparés pour les nouvelles découvertes. En effet, les syllabes simples , ajoutées au mot radical aba^ nous donnent cent cinquante noms applicables aux corps
En y interposant les eensoones ly n^ r, i^ (abalèas, abancQy ^rfi^ abesde)^ nous aurons six cents noms. En y interposant les autres consonnes (abacda^ abadma:, aèapfaj etc.), nous aurions deux mille noms. Si Ton emploie les diphthongaes, et, dans un cas nécessaire, les triphthpngaes {abafixo^ abanpia^ abamaoe^ etc.), ou aurait plusieurs douzaines de milliers de noms des^ tinées exclusivement pour désigner les corps simplesè On pourrait à la rigueur employer les quadriphthont gues^ sans que la prononciation en souffrit ; puisqu'on peut interposer Vh aspiré^ d'après ce que nous avons établi au n** 28 du Projeti Cette nomenclature serait toujours aussi claire , parce que Tordre rigoureuse* ment alphabétique fixerait la signification d'une ma^nière positive et non équivoque.
Troisième note. Quelle que soit encore la classification , on y trouvera une autre circonstance défavorable, qui peut avoir lieu pour tous les corps simples déjà connus. On ignore encore un grand nombre de leurs propriétés et de leurs analogies avec les autres corps simples, et nous voyons que tous les jours on
180 LAN6UB imiVBRSBLLE.
fait là-dessus de noavelles découvertes. C'est pourquoi les savants croient qu'il n'est pas encore temps de fixer les classifications. En outre , les corps simples , qui sous certains rapports se trouvent les plus analogues à d'autres^ sont les moins analogues à ces mêmes corps sous d'autres rapports. C'est un inconvénient très-fréquent, et qui rend les classifications très-imparfaites. En choisissant donc une classification quelconque, il faut se résigner à ces imperfections et à ces anomalies, et réserver les explications et les exceptions pour les traités scientifiques. Aussi nous ne prétendons pas que la classification choisie pour la langue universelle puisse être exempte de cette imperfection, et nous accordons que la nomenclature ne peut non plus eu être tout à fait exempte. Cependant on trouve dans cette langue le moyen d'en atténuer et presque d'en annuler les effets : ce qui n'a pas Ueu dans les autres langues. Voici ce moyen : lorsque les anomalies de la nomenclature adoptée seront devenues notablement considérables, on pourra la rétablir très-aisément. Pour obtenir ce résultat, il suffira de refaire la classification d'après les découvertes et les connaissances de l'époque, et y adapter la nouvelle nomenclature, en ajoutant à la radicale aba une voyelle. Ainsi on emploierait les noms abaeba, abaebe, abaebi, abaebo, abaebuy etc. , pour signifier les corps simples qui se trouveraient les premiers dans la nouvelle classification. Ce changement pourrait se répéter en substituant à la voyelle e les autres voyelles,
LAKiGU£ UNIVERSELLE. 181
ce qui donnerait lieu à cinq variations , et même à trente 9 si Ton employait les triphthongues; et à cent cinquante, si Ton employait les quatriphthongues. Et remarquez une chose très-singulière : ces diverses nomenclatures porteraient en elles-mêmes l'histoire tout entière de la science. Les noms abaca, abaeca^ abaica^ abaoca, abauca^ abaaca^ etc., marqueraient le nom qu'un objet avait respectivement à l'époque de la 1", de la 2% de la 3% de la 4% de la 5% de la 6* nomenclature, etc., et par conséquent la place qu'on lui donnait alors dans la classification reçue : ce qui serait l'histoire des diverses phases de la chimie.
Nomenclature pour les combinaisons des corps simples.
B pour les acides de Toxygènc,
L pour les acides \
de rhydrogène ,
M — — > imprévus,
du soufre ,
du sélénium,
P pour les oxydes basiques ,
du tellure,
R — — neutres,
de Tarsenic ,
S pour le 1** composant des sels.
T pour le 2* composant des sels.
Nota. Il y a plusieurs centaines de combinaisons formées par deux consonnes, et qui sont applicables à autant de combinaisons chimiques, qui pourront se présenter dans l'avenir. Telles sont les syllabes qui commencent par B/, Br, C/, Cr^ dr^fl^fr, gtj gr, pi, pr — tr. — Telles sont aussi LB, le — Id — If — Ig, etc. iV6, w6, ncj etc. Rb — rc, etc. Sb — &, etc., et même
182 laugije universelle.
plusieurs autres, auxquelles œtte langue se prête sans aucun danger de confusion.
Nomençlçiture pour déierrain^r les (tigrés (TaciduUtftofi, d'oxydation, etc. Ayant exprimé les diverses espèces de combinaisons par des copsonnes ajoutées au pQio principal, -on exprimera les degrés par des voyelles ajoutée^ à ces consonnes d'après les règles sqivantes :
4"* L'A placé après ces consonnes exprimera la cpppibinaison respective saps déterminer §e^ (legrés.
2° L'E exprimera le premier degré; l'I, ]p second degré ; l'O, le troisième degré ; TU, le quatrième.
3° Les diphthongues finissant en i signifieront un demi-degré, savoir : Ai^ un demi-degré; — Ei, un degré et demi; — /i, deux degrés et demi; — r/î, trois et demi.
Ces gradations paraissent suffisantes pour Tétat actuel de la science, et peut-être pour l'avenir ; puisque les nouvelles découvertes confirment la théorie des proportions connues. Si elles ne l'étaient pas, nous avons dans les diphthongues un moyen simple d'y suppléer, lequel est compris implicitement dans ce que nous v^^ons de dire. Les diphthongues finissant en A exprimeraient le sixième d'un degré; les diphthongues finissant en E, deux sixièmes; celles en t^ trois sixièmes, comme nous l'avons dit; celles en o exprimeraient quatre sixièmes, et celles en ti, cinq sixièmes.
LARGUB UNIYERSBIXB. 183
Il reste en outre une ressource dans les triphthongues qui donneraient vingt-cinq nuances pour chaque degré, sans parler des quatriphthongues dont le nombre serait de plus de cent nuances pour chaque degré. Remarquez toujours que cette immense multitude de nuances ne produirait aucune confusion, comme les quantités les plus compliquées ne causent aucune confusion dans la numération arabe.
Résultats, i"* Ces bases une fois adoptées, toutes les anomalies, les inexactitudes, les embarras et les obscurités de la nomenclature actuelle disparaîtront.
2° On préviendra par là T anarchie, qui parait menacer le langage chimique.
3° On simplifie ce langage : on le rend plus court, et il devient intelligible pour tout le monde.
4"" On décharge la mémoire d'un trèsrgrand nombre de mots inusités et difficiles à retenir.
5** On favorise beaucoup la clarté, le développement et le progrès de la science.
6** Les noms des objets qu'on pourra découvrir sont fixés d'avance, et d'une mtanière si claire et si simple qu'ils seront compris sans aucune explication par ceux mêmes qui ne les auront jamais entendus.
Nota. Si les premiers essais de cette langue pfirent tant d'avantages dans l'étude de la science chimique, que ne devra- t-on pas attendre d'elle, lorsqu'elle aura été perfectionnée par le concours de tous les savants, et qu'elle aura été appliquée à toutes les branches des connaissances humaines!
184 LAKitiUJi UNIVERSELLE.
Nomenclature des alliages des corps simples. Pour bien comprendre cette nomenclature j il faut se rappeler la manière employée pour composer les noms des corps simples, considérés en eux-mêmes et sans former des masses d'aucune espèce. On a vu que tous leurs noms commencent par les deux syllabes aba^ qui leur sont communes ; qu'ensuite on y ajoute une syllabe qui est caractéristique du nom spécial de chacun des corps simples. Ainsi ba est la syllabe caractéristique du nom scientifique de l'oxygène ; ra est la syllabe caractéristique du nom du cuivre; ru, se^ «o, sUy etc., sont les syllabes respectivement caractéristiques des noms de l'étain, du plomb, de l'argent, de l'or, etc. Lorsque ces corps sont des masses plus ou moins considérables , ils conservent dans leurs noms la syllabe qui leur est caractéristique, mais on la fait précéder d'ara et non pas d'a^a.
Cela étant ainsi , pour former les noms des corps composés de plusieurs éléments simples, on commence par les syllabes aruj et on y ajoute les syllabes caractéristiques de tous les éléments qui composent ce corps. On ne prend pas ces syllabes au hasard , mais dans un ordre logique , c'est-à-dire qu'on emploie premièrement les syllabes caractéristiques des éléments qui forment la plus grande partie du composé, et qu'on finit par les syllabes des éléments qui en fournissent la plus petite partie.
Cette nomenclature n'est pas tout à fait satisfaisante, parce qu elle ne fixe pas la quantité proportion-
nelle de chacun des éléments qui composent les corps; mais elle en donne une idée incomplète que les autres nomenclatures ne donnent même pas. Au reste, ces détails sont réservés pour les traités et pour les explications scientifiques. Toutefois nous croyons qu'en développant davantage notre méthode , on peut parvenir à une nomenclature plus avantageuse.
A la suite des syllabes caractéristiques à chaque corps simple on mettrait entre parenthèse le nom qui exprime le nombre proportionnel des parties que ce corps fournit pour le corps composé. Pour éviter la longueur du nom, on supprimerait les lettres initiales ara en le commençant par une majuscule. En outre, on supprimerait dans les parenthèses la syllabe si qui est caractéristique de la numération. Exemple : Le mêlai employé dans l'imprimerie est un composé de 8 {sibri dans la langue du Projet) parties de plomb (avasé) et de 2 (sibe) parties d'antimoine {aramu). On écrirait donc : Se {bri) mu (be).
Nous ne donnons pas cet essai comme tout à fait satisfaisant ; mais on conviendra qu'il est préférable à la formule qu'on emploie ordinairement et qui est considérée comme un progrès dans la science : Pb® St^. En effet, cette formule et les autres qu'on emploie dans les traités scientifiques (1) sont très-diflSciles à
(1) En Toici qaelqaes-unes : Pb. plomb. — Zn. zinc. — Zr. zirconium.
— w. tungstène. — Sb. antimoine. — Hg. mercure. — Mg. magnésium.
— Sr. strontium. — Th. thorium. — Pt. platine. — Mn. manganèse.
186 LANGUIE umVBRSBIXE. 1
apprendre et plus encore à retenir, même pour les personnes vouées à cette science, et presque inintelligibles pour toutes les autres. D'ailleurs la pro- ^ nonciation de ces formules est presque impossible. I
Cependant elle aide beaucoup la mémoire , et elle est i absolument nécessaire pour la lecture, et très-difficile ] à suppléer dans toute espèce de discours public ou ' entretien familier. Profitons donc de la nomenclature <
qu'on vient de proposer, en attendant qu'on réussisse I
à en trouver une autre plus satisfaisante qui puisse la '
remplacer avec avantage. !
Nomenclature de la chimie organique. Et ne pour- \
rait-on pas obtenir une nomenclature semblable pour |
la chimie organique, afin d'en simplifier, faciliter et /
généraliser l'étude et les immenses applications? i
Quelques savants en chimie nous ont découragé, en nops disait qu'il la croyaient presque impossible, soit parce que le nombre des éléments composants est au moins de trois pour les végétaux et de quatre (
pour les animaux , soit parce que la variété de leijrs combinaisons et de leurs prqpprtions est très-grande et très-compliquée. Aussi ne leqr paraît-il pas possible de les soumettre à des règles peu nombreu^e^ ) et fixes. Mais nous avons plus de confiancei dans les | progrès des sciences, et nous espérons qu'on trouvera cette nomenclature favorable à l'étude de la botanique et de la zoologie, à leurs progrès et à leurs applications au^^i noiQbreuses qu'importantes. Nous
croyons même que les bases de cette nomenclature se prouvent implicitement contenqes dans celle de la langue du Projet, comme le végétal se trouve dans sa semence, et les oiseaux dans leurs œufs. Rappelons-nous que dans cette langue chaque lettre d'un mot quelconque détermine une nouvelle classe de Totjet signifié, et par conséquent les qualités qui caractérisent cette pbose. Très-souven| une seule lettre suffît pour déterminer deux ou trois classes , comme on le voit dans la note du n"" 35. II est donc facile de concevoir qu'un seul mot, sans être trop long, Si|0it pour déterminer les combinaisons des éléments coipposant un olyet quelconque ; tandis que dans le langage actuel on trouve des noms composés de trois, de quatre mots et même plus. La nécessité de nous Qpcuper des points fondamentaux de uotre Projet, et notre ignorance sur cette matière, nous empêchent de traiter à fond cette question. Nous la recommandons aux personnes familiarisées avec ces connaissances. Elles pourront facilement les caractériser, les simplifier et les adapter à une nomenclature qui remplisse les conditions voulues.
Cependant nous offrons à la méditation des savants un essai de cette nomenclature. Il paraîtra sans doute très-imparfait, mais il pourra être une occasion et un acheminement pour la perfectionner ou pour en trouver une autre plus convenable.
Voici le plan de cet essai :
La syllabe initiale ez suivie d'une consonne sera
LANtilili IMVERSKLLE.
destinée exclasivement pour la nomenclatare de la chimie organique. La deuxième syllabe commencera par une consonne et désignera les centièmes parties d'oxygène qui se trouveront dans l'objet qu'on veut nommer. La troisième syllabe désignera les centièmes parties d'hydrogène , et la quatrième , celles du carbone. Dans les matières animales, il y aura une cinquième syllabe qui désignera les centièmes parties d'azote.
Pour fixer le nombre de ces centièmes parties , on suivra l'ordre alphabétique des syllabes qui commencent par une consonne et finissent par une voyelle, à l'exclusion de toute espèce de diphthongue. Il y a cent syllabes depuis Ba jusqu'à Plu, comme on le voit au bas de cette page (1 ). La syllabe Bi est la troisième ; Bru est la quinzième ; Fo est la quarante-quatrième ; Lu , la soixante-dixième. Ainsi ,
(1) En effet, le B nous donne 15 syllabes : ha, be, bi, ho, bu; bla, ble, bit, blo, blu; bra, bre, bri, bro, bru; le G nous en donne autant; mais d'autres consonnes ne se combinent pas bien avec l et r liquides. On doit donc faire le dénombrement de la manière suivante :
Il y a 15
syllabes
de 1 à de 16 à de 31 à de 41 à de 56 à de 71 à de 76 à de 81 à de 86 à
10 jusqu'à plu de 91 à 100.
lorsque la deuxième syllabe sera bi , bru , fo ou lu , elle exprimera que la matière organique dont il s'agit contient respectivement trois , quinze , quarantequatre ou soixante-dix centièmes parties d'oxygène. Lorsque ces syllabes seront la quatrième ou la cinquième du mot , elles exprimeront les nombres respectifs des centièmes partiesxl'hydrogène, de carbone ou d'azote.
Remarque. Les corps simples que nous venons de nommer sont ceux qui constituent ordinairement les matières végétales et animales. Mais il y a des matières organiques dans lesquelles on trouve d'autres corps simples , tels que l'azote dans quelques végétaux, et le soufre, le phosphore et quelques autres dans les animaux. Les parties de ces corps simples sont le plus souvent peu considérables, et peuvent être omises sans inconvénient dans la nomenclature et réservées pour des notes ou pour les traités scientifiques. Mais si on veut désigner ces parties par le nom , on ajoutera un autre nom uni au premier par une apostrophe. Le corps simple serait exprimé par la syllabe qui le caractérise, en supprimant les lettres initiales aba, et ses parties aliquotes seraient exprimées par une autre syllabe comme nous venons de l'expliquer. Ainsi, en supposant que Abadi signifie le phosphore , le mot Dibo, uni au mot précédent par une apostrophe, marquerait que la matière dont il était question avait quatre ceatièmes parties de phosphore.
192 LA!(Gl'B IXimSBLLE.