IG
Le mot « soir », pour prendre un exemple, sera représenté par quatre points correspondant aux quatre sons qui s’entendent dans ce mot: les points 1, 10, 13 et 14 ; soit par la figure :
Soit encore à écrire la phrase : l’homme est dans l’univers comme un atome. Il ne nous faudra que vingt-six points en tout, répartis en dix frappes. A savoir: 1" fi, 10, 14-16 (l-o-m ; 2° 1 1 (è); 3° 2, 13 (d-an) ; 4° fi, 12 (lu); o° (i, 8 (n-i) ; 6» 4, II, lo(v-e-r); 7° 3-4, 10, 14-1 G (c-o-m) ; 8° 12, 14 (u n) ; 9° 9 (a) ; 10" 2, 10, 14-16 (l-o-m).
TRBüEAU DES SIGNES
1* Signes formés d'un seul point
an
(i en composition)
2° Signes formés de deux ou de trois points
11, lli m
14, 15, 16 d ou b
Il nous faut maintenant considérer l’application de ce système à la machine Stansby. Elle est aisée. Au lieu de six poinçons la machine en comptera seize disposés comme dans la figure ci dessus. Le mouvement qui actionnera les poinçons déclanchera par surcroît le repère. Le clavier comportera essentiellement seize louches correspondant aux seize poinçons. A la rigueur ces seize touches pourraient suffire. .Je crois cependant que pour la rapidité de l’écriture il est à propos de prévoir quelques louches additionnelles destinées à actionner deux poinçons simultanément, ou plutôt deux des leviers qui commanderont les poinçons. Il m’a paru qu’il serait à propos qu’il y en eût une dans la tranche gauche pour représenter le son g-q, soit pour actionner les poinçons 3 et 4 simultanément; une autre dans la tranche droite pour représenter le même son g-q, soit pour actionner simultanément les poinçons 15 et 16, et dont l’utilité sera particulièrement sensible lorsqu’il y aura lieu de représenter le son b en fin de syllabe (poinçons 14, 15, et 16). J’arrive ainsi à un tolal de dix-huit touches que l’on pourrait répartir en deux groupes de neuf et qu’on disposerait à la manière des claviers de la sténophileet de la sténotype: chacun des doigts actionnerait deux louches placées sur deux rangées parallèles, les deux rangées étant à la lûêmc hauteur de manière qu’un même doigt puisse frapper ces deux touches si milita • néinenl ; les pouces, plus courts et moins agiles, n’actionneraient qu’une seule touche chacun. Dans la figure suivante les numéros
placés sur chaque touche désignent les numéros des points auxquels elles correspondent, dans le signe générateur.
tr»
Il resterait à préciser la question du déroulement et de l’enroulement du papier, mais c’est là un problème accessoire, quoique fort important, et il est inutile de l'aborder ici. Le point essentiel est de noter que la lecture sera très facile si l’on a soin de laisser entre deux signes consécutifs un intervalle même très faible. J’estime qu'il suffirait pour chaque signe double d’un espace de deux centimètres, ce qui permet l’inscription de cinquante syllabes au mètre de papier. L’écriture, d’autre part, serait aussi rapide que dans la Sténnpliile Bhort, car, si nous avons dû sacrifier quelques combinaisons, en fort petit nombre d’ailleurs, pour ramener la tranche gauche à ne comporter que sept poi nts, en revanche nous en avons gagné, et nous en avons gagné davantage en nous ménageant dans la tranche droite la possibilité d’inscrire un plus grand nombre de sons-consonnes. Nous pouvons donc escompter (que, si aucune difficulté imprévue ne se présentait, un sténographe très exercé serait en mesure, avec cet appareil non seulement de suivre une parole même rapide, d’enregistrer une correspondance commerciale, une conférence, un cours, tout aussi bien que les sténographes voyants qui font usage de la Sténophile Bivort, mais encore de se relire très aisément, condition indispensable pour l’utilisation pratique de la machine à sténographier.
J obseï vei ai en terni i un u I , q ue — j en ai parfai Le ment conscience — sur quelques points les déterminations qui précèdent pourront Paraître arbitraires. Elles le paraissent souvent plus qu’elles ne le sont parce qu il n’était pas à propos d’apporter ici les cortèges de statistiques qui seraient de nature à les justifier. Mais elles le sont aussi parfois. Il convient de distinguer l’essentiel et l’accessoire. Trois dispositions sont essentielles au système : 1" la multiplication des poinçons de la Stainsby ; 2° la représen-
tation d’un sou chaque fois que cela est possible par un point unique dont la valeur est déterminée par sa position ; 3° le repère qui, fourni mécaniquement de deux signes en deux signes, non seulement permet d'user de points isolés sans que la lecture en soit retardée, mais surtout en multiplie le nombre. Dans tout le reste : nombre des points attribués à chacune des tranches du signe générateur, choix dessous qui seronL représentés par deux points, ordre des sons, disposition du clavier, nombre des touches additionnelles, etc., il ne faut voir que des hypothèses provisoires que l'expérience permettra de rectifier. Sur tous ces points, les hypothèses choisies ont été naturellement préférées relativement à la langue française. Il va sans dire qu’elles seraient à modifier le jour où l’on se proposerait le travail, fort simple d’ailleurs, d’adapter cet appareil à la notation d’idiomes étrangers.
Je crois qu’en partant des mêmes principes il serait facile de constituer une sténographie manuscrite. Mais ici encore il importe qu’on ne se méprenne pas sur ma pensée. Le principe du repère placé entre les signes pourrait faire illusion parce qu’il permet d’imaginer un alphabet sur des bases nouvelles. Eu réalité il ne saurait être question de substituer un système nouveau ou système Braille donL la valeur est évidente. Il ne s’agit pas même de remplacer dans la pratique courante notre abrégé orthographique, qui a le mérite d’être d’une si parfaite lisibilité. Je ne veux qu’indiquer un moyen de noter rapidement sa pensée sur des brouillons dont la lecture risque de rester toujours un peu lente. Tel est bien d’ailleurs le rôle d’une sténographie, et si la méthode dont je parle le remplit d'une manière satisfaisante, les services qu’elle est appelée à rendre, pour être limités, n’en sont pas moins appréciables.
On pourrait aisément construire un appareil qui permettrait de tracer au poinçon des signes identiques à ceux que donnera la machine précédemment décrite. 11 suffirait de substituer aux rectangles du guide, tous identiques, des fenêtres de deux sortes qui alterneraient les unes avec les autres, les unes permettant l’inscription de sept points et les autres de neuf. Entre deux
fenêtres consécutives s’imprimerait un repère, par un procédé que nous déterminerons tout à l’heure. Mais il est clair que dans des fenêtres ainsi agrandies il serait malaisé de conduire le poinçon avec toute la précision désirable.
Il convient donc de ramener les signes aux proportions du signe générateur de Braille. De la sorte le sténographe pourra faire usage de la tablette ordinaire, ou d’une tablette qui ne différera guère de la tablette ordinaire et qui permettra la même précision. C’est là une première difficulté que nous rencontrons sur notre route.
Pour la tourner il nous faut examiner séparément les transformations qu’il nous faut faire subir à nos deux alphabets celui de la tranche gauche du signe générateur, et celui de la tranche droite.
C’est dans la tranche droite que le problème sera particulièrement délicat. Evidemment nous ne pourrons plus songer à représenter avec six points les treize sons que la machine nous permettait de figurer, savoir six sons-voyelles eL sept sousconsonnes. Mais un rapide examen nous suffit pour constater que des sept sous consonnes trois peuvent être négligés parce qu’ils se rencontrent rarement en lin de syllabe et parce qu’ils peuvent toujours ou presque toujours se rattacher à la syllable suivante. Ce sont les sons : m, q, et h. Les quatre autres sons, au contraire doivent être conservés : r, n, 1 et s. Et quant aux six sous voyelles il est clair que nous n’en pouvons négliger aucun.
Attribuons aux six sonstvoyelles les six points dont nous disposons : soit i pour le point 1, a pour 2, o pour 3, e pour 4, u pour ü, i pour 6. Evidemment, ici comme dans la machine, la même nécessité s’impose à nous de nous ménager deux signes pour représenter le son i.
Nos signes étant épuisés, il semble que nous allons être hors d’état de noter les sons-consonnes. Aussi n’y parviendrons-nous que par un subterfuge.
Nous observons qu’en français, à la différence de ce qui se passe dans certaines langues, les diphtongues sont peu nombreuses. Pratiquement on peut dire que la combinaison e ao » ne se rencontre pas. Il en va de même des diphtongues « ae «et même « au », car là ou nous écrivons « au » nous prononçons simplement « o ». Voilà donc trois signes, « 2, 3 », « 2, 4 », « 2, o », for-
niés de deux points que nous sommes en droit d’utiliser. Ils nous serviront à figurer trois sons voyelles nasalisés, soit « on », « in », « un ». De môme la diphtongue « iu » étant extrêmement rare en français, nous pouvons donner au signe «1,5» la valeur de «ion ». Si d’autre part j’observe que i, lorsqu’il ne se combine pas avec d’autres sons-voyelles mais se présente seul, peut toujours être figuré par le point 1, que par suite le point G n’est jamais employé seul avec valeur du son i, rien ne m’empêche de donner à ce point, lorsqu’il est employé seul, la valeur du son « an » (ou en qui n’en diffère pas). En combinaison il reprend la valeur de i, sauf dans un cas cependant: la diphtongue « ii » n’existant absolument pas, le signe « 1,6 » prendra la valeur de « i-an. » Et ainsi les quatre voyelles simples nasalisées sont figurées et en outre les sous « ion » et « ian », ce qui simplifie considérablement la question de la représentation du son-consonne n.
Restent les trois sons-consonnes r, 1 et s. Pour les exprimer, nous observerons qu’en français les Diphtongues sont plus rares encore que les diphtongues. Nous n’avons guère que « ieu », « iou », « oui ». Réservons-les pour l’instant : nous trouverons tout à l’heure quelque procédé pour les exprimer; décidons que tout signe formé de trois points sera employé à figurer un sonvoyelle simple suivi d’un des trois sons-consonnes r, I et s. Le signe générateur de Braille nous offre vingt caractères fermés de trois points. De ces vingt caractères deux seulement présentent leurs trois points dans une seule moitié du rectangle, les caractères formés respectivement des points « 1, 2, 3 », et « i, 5, 6 j>. Les dix-huit autres présentent un point dans une des moitiés du rectangle, et deux dans l’autre. Ce sont eux que nous allons utiliser. Posons en principe que dans de tels signes le point isolé exprime le son-voyelle, que les deux autres points expriment le son-consonne. Lorsque le point isolé sera le point 1 nous saurons que nous avons affaire au son i ; lorsque ce sera le point 2, nous aurons affaire au son a, etc. Quant aux deux points qui figurent la consonne, ils peuvent se présenter sous trois aspects : ou ils sont rapprochés l’un de l’autre et occupent le haut du rectangle « 1, 2 », « 4, 5 » ; ou ils sont rapprochés encore l’un de l’autre mais occupent la partie basse du rectangle « 2, 3 », « o, 6 » ; ou bien enfin ils sont écartés l’un de l’autre « 1, 3 », « 4, G ». Dans le
premier c;is nous entendrons le son 1, dans le second le son r, dans le troisième le son s. Pour fixer les idées par un exemple, soit le signe formé des points « 2, 4, 3 », le signe « j » de l’alphabet Braille : le point 2, étant isolé, figure le son voyelle, et d’après le tableau ci-dessus, représente le son a ; les points 4 et 5, qui figurenl le son-consonne, étant rapprochés l'un de l’autre et placés en haut du rectangle, représentent le son 1 ; nous devons donc lire a al ». Prenons un autre exemple. Soient les points « 1, 3, o », c’est-à-dire le signe « o » de Braille. Celte fois, c’est le point 3 ([ni, étant isolé, ligure le son voyelle, et nous savons qu’il représente le son u ; quant aux points 1 et 3, étant écartés l’un de l’autre, ils représentent le son s; et nous entendons « us » comme dans « jusque ».
11 est clair que pour les dérivés du point 0 (j’entends par là les signes de trois points dans lesquels le point G est isolé) nous ne pourrons pas adopter le môme système, car ces signes feraient double emploi avec les dérivés du point I, les points 6 et 1 ayant l’un et l’autre valeur de i. Nous utiliserons donc les dérivés du point G en leur donnant des valeurs arbitraires: j’ai pour mon usage personnel adopté à cel elïet trois sons qui, revenant fréquemment, demandent à être représentés par des signes peu complexes, soit: a eur » pour « 1,2, 6 », « our » pour « 2, 3, G », et « oir » pour « 1, 3, G ». Il reste à pourvoir les Iriphlongues que nous n’avons pas encore représentées, et bon nombre de sons complexes formés d’une diphtongue plus une consonne, assez fréquents en français pour mériter d’être représentés ial, iel, etc. : nous y parviendrons en donnant des valeurs arbitraires aux deux signes formés de trois points que nous avons négligés (« J, 2, 3 » ; « 4, 3, G » ), aux signes formés de quatre points, voire même de cinq si on le juge à propos. Chacun y peut procéder à sa manière, en combinant de son mieux les intérêts de la mémoire et ceux de la rapidité de l’écriture. La mémoire demande que les signes soient autant que faire se pourra déduits des signes antérieurs, et liés logiquement entre eux; la rapidité de l’écriture exige que les sons qui reviennent le plus fréquemment soient figurés par les signes les moins complexes (1).
(1) Pour mon usage personnel j’ai adopté : 1- pour tes deux sons « oin » et « ien », dont les statistiques établissent l’emploi fréquent, les deux signes symétriques formés
Passons à la Iranche gauche, Le I ra va i 1 sera évidemment plus sini|)le ( 1 1 1e pour la tranche droite, puisque au lieu de réduire le signe générateur de neuf points à six, il nous faut le réduire seulement de sept points à six. Nous aurons donc quatre signes doubles au lieu de Irais que nous avions dans la machine. Dans la pratique, j'ai adopté la notation que voici : les six sons représentés par des points uniques sont : s par le point 1, d par le point 2, (| par le point 3, p par 4, 1 par 5, r par (i. Quatre sons sont représentés par des signes de deux points: f par 2 el 3, m par 2 et 4, j par 3 el 4, n par o et 6. La présence de ces quatre signes doubles a pour conséquence de rendre impossible la notation de certaines combinaisons de sons qui se présentent dans la pratique. Par exemple, il est impossible de combiner b ou p, qui sont figurés par le point 4, avec j qui est figuré par les points 3 et 4. Pourtant dans le mot (( objet », par exemple, on rencontre la combinaison des sons b el j. Dans la machine à sténographier nous n’éprouvions aucune difficulté de ce chef, car nous pouvions décomposer le mot en deux syllabes aiusi : ob j e L ; nous avions en elïet un b dans la iranche de droite (représenté par les points 14, 15 el 16). Mais la réduction de la tranche de droite dans l’application à la sténographie manuscrite nous a obligé à renoncer à la notation du b en lin de syllabe, el nous sommes par suite contraints de couper le mol ainsi : o bjet; et par suite encore obligés que nous sommes de figurer la combinaison « bj » dans la tranche de gauche, il nous faut imaginer un signe arbitraire à cet elle!. La même nécessité s'impose pour une série de sons composés de ce genre: bs (obsession), bt (obtenir), et (lecture), ctr (électricité), etc. Ce sont des combinaisons rares a la vérité, et qui ne se reûcon-
de trois points seulement : « 1, 2, 3 », « 4, 5, 6 » ; 2” pour les sons « ial », « iar » d'une part, et d'autre part « ici », « ier », les signes qui sont dérivés des deux précédents par l'addition d’un seul point, à savoir : pour « iai », « 1, 2, 3, 4 », pour « iar », « 1, 2, 3, 5 », et « 1, 4, 5, 6 » pour « iel », 2, 4, 5, 6 » pour « ier » ; 3" pour les trois triphtongues
>< ieu », « iou », « oui », les trois signes « 1, 3, 4, 5 », « 1, 3, 4, d », « 1, 3, 3, C », qui sont caractérisés tous les trois par la présence des deux points 1 et 3 ; 4" pour les trois sons mouillés » œil », « ieil », « ou i I », les trois signes « 1, 2, 4, 3 », « 1. 2, 4, 0 », « 1, 2, 3, (i », qui sont caractérisés tous les trois par la présence des deux points 1 et 2 ; 5° pour les trois sons « ieur », « ieuse » et « uir », les signes ■< 2, 3, 4, 5 », « 2, 3, 4, 6 », « 2, 3, 5. (3 », tous les trois caractérisés par la présence des points 2 et 3 ; 6” pour i suivi de 1 mouillé (comme dans fi 1 1 e), le signe « 1, 2, 3, G » ; 7" le signe « 3, 4, 3, 6 » (comme dans l'alphabet Braille) a valeur de numérique et grâce à lui je conserve l'emploi dos chiffres Braille qu'il ne permet pas de confondre avec des signes représentatifs de sons déterminés.
treul que dans des mots d’origine savante, et l’on pourra les rendre par des à peu près sans que le texte devienne pour cela inintelligible (ossession, olenir ; toute sténographie à tout prendre est une Iranscriplion approximalive) ; mais enfin si l’on veut les rendre exactement, et il est bon de le pouvoir, nous sommes obligés de sortir de la logique du système el de recourir à des signes conventionnels.
Ainsi la réduction de chacune des deux tranches, qui était le premier desideratum auquel nous devions satisfaire, a eu pour elfet de nous imposer un certain nombre de conventions nouvelles et de signes arbitraires, qui troublent incontestablement la belle simplicité logique du système. Un second desideratum s’impose à nous qui va encore avoir le même effet, (ai sténographie Du ployé distingue le son b du son p, le son g du son q, le son t du son d, par l’addition d’un petit trait. De la sorte, suivant que sa bâte est plus ou moins grande, le sténographe peut ou ne pas faire la distinction, ce qui lui permet une écriture plus rapide, ou la faire, ce qui rend sa lecture sensiblement plus aisée, l.a sténographie manuscrite en points saillants sera toujours évidemment trop lente pour s’adresser à des professionnels ; puisque, contrairement à la machine, elle est destinée à un public de non professionnels, il est d’autant plus à propos de lui assurer cet avantage si apprécié de la sténographie Duployé.
Pour y parvenir, posons comme règle que la distinction se fait au moyen de l’addition du point 1. I) étant représenté par le point 2, I sera représenté par les points I et 2; q étant représenté par le point 3, g le sera par les points 1 et 3. Et de môme nous aurons : pour p le point 4, pour h les points 1 et 4, pour f les points 2 et 3 et pour h les points 1. 2 et 3 (1). De la sorte on pourra à volonté faire ou non la distinction des sons connexes. En fait, le plus souvent, ceux qui n’en usant pas constamment ne seront pas rompus a la lecture de la sténographie, seront tentés de la faire,
(1) En pratique, le son v étant un son fréquent, pour éviter de le représenter par un signe de trois points, j'ai pris l'habitude de le représenter par les points I et 5. •lavais théoriquement établi une distinction entre le son s et le son z, le premier riant représenté par le point I, le second par les points 1 et 0. En pratique. J ai renoncé a faire usage de cctlo distinction, et le point 1 représente pour moi aussi bien le son z qui s'entend dans chose, que le son s qui s’entend dans casser.
lü —
el. ils seront largement récompensés, pour la perte de temps, en réalité très légère qu’ils ont dît consentir.
Mais la conséquence de celte règle est que nous renonçons à exprimer, au moins lorsque nous faisons la distinction, les combinaisons de sons sp, st, sq, etc. Si le signe formé des deux points I et 4 a pris la valeur de b, il ne peut plus représenter la combinaison sp. Aussi de ce chef nous allons introduire une nouvelle série de signes arbitraires. Les sons s et t, s et q, s et p, s et I: se combinent quelquefois en français: statue, squelette, sparterie, sphère. Il nous faut déterminer arbitrairement des signes qui figureront ces combinaisons. Chacun en pourra imaginer à sa fantaisie (1).
Nous n’avons plus maintenant à envisager que le mode d’inscription du repère.
A vrai dire c’est là une question beaucoup plus délicate lorsqu’il s’agit de la tablette que lorsqu’il s’agit de la machine. Dans la tablette nous n’avons pas de déclanchement automatique. Je fais usage actuellement d'une tablette ordinaire qui a subi seulement trois mollifications. 1° De deux en deux les barrettes du guide auxquelles correspondent les intérieures ont été munies de cinq petites pointes à leur partie inférieure. 2° Au niveau de ces barett.es dans le cadre des sillons longitudinaux ont été pratiqués dans lesquels s’engagent les petites pointes qui marquent ainsi le papier de reliefs pointillés. 3° Un signe tangible, placé à la surface du guide permet immédiatement au doigt de distinguer les barelles qui sont munies de reliefs. Mais ce n’est là qu’un appareil d’essai qui a été réalisé à l'économie. Les défauts en sont
(1) La méthode à suivre est d’examiner les 63 signes de Braille et de mettre à part tous ceux qui ne correspondent à aucune combinaison de sons usilée en français. C’est parmi ceux-là. en elTet, que nous pourrons choisir nos signes arbitraires. Le signe « 3 et 6 » n’en fera pas partie parce que la combinaison « cr » existe en français ; au contraire, le signe « 2, 3, 4 et 6 » en sera, parce que la combinaison de sons « fpr » ne se rencontre dans aucun mot français. Ce travail l’ait, j’ai adopté, pour mon usage personnel, de représenter le son s, lorsqu’il entre en combinaison avec une consonne, par les points « 1, 5 et G », parce que ce signe peut se combiner avec les signes qui représentent toutes les consonnes qui entrent en combinaison avec s : st « 1, S, G, plus 2 » ; sq « 1, 5, 6, plus 3 »; sp « 1, 5, G, plus 4 ». Ce sont là des signes complexes il est vrai, mais leur emploi étant relativement rare, il n'en résulte pas un retard appréciable. Voici en outre quelques-uns des signes arbitraires dont je fais usage dans la tranche de gauche : « 2, 3, 4 = x », « 1, 2, 3, 4 = et », « 2, 3, 4, 3 — pt, lit ou bd (labiale -)dentale) », « 2, 3, 4, 6 = dm ou tm », « t, 3, 4, 5 = ctr », « t, 2, 4, G = bj », « 1, 2, 4, S = bs » etc...
appareil Ls, il faudra il : l°que le reliel fût formé <1 un Irait continu ou lout au moins d’un pointillé plus fin de manière a ce que le repère se délacliàl mieux et ne risquât pas de se confondre avec les points de l’écriture. 1" Qu’un guide nouveau fût construit dans lequel les intérieures fussent un peu élargis, de manière que les points de l’écriture fussent un peu plus distants des repères. Un guide qui compterait par ligne vingt el un rectangles au lieu de vingt-trois, et dans lequel l'espace ainsi gagné serait employé exclusivement à élargir les dix intérieures correspondant aux repères, donnerait, je pense, satisfaction à ce point de vue. 3° Ue repère devrait être placé non exactement au milieu de 1 interlettre, mais un peu plus sur la gauche (je parle du point de vue du sténographe qui écrit, non de celui qui lit), en raison de l’inclinaison habituelle du poinçon qui a pour effet de reporter les points légèrement sur la gauche. 4° Enfin et surtout les repères ne doivent pas être tracés à l’aide du guide. La perte de temps qu’occasionneront en ce cas le déplacement du guide représenterait un retard considérable. Le papier doit être repéré a l’avance. Celte opération sans doute demande beaucoup de précision. Il est aisé cependant d’imaginer des appareils qui donneraient satisfaction (1 ).
J’ai suffisamment montré, au cours de cet exposé, Lout ce que pour s’adapter aux conditions de l’écriture à la main, le système sténographique dont il est ici question perd de son caractère logique ; et toute dérogation au principe logique représente une perte au point de vue de la rapidité de l’écriture, car les signes arbitraires que nous substituons aux signes logiques sont toujours plus complexes. Déjà, pour passer de la conception idéale dont nous sommes partis à la réalisation pratique d’une sténographique mécanique, il nous avait fallu nous écarter à plusieurs reprises du principe fondamental qui était de figurer lout son par un point unique caractérisé par la place qu’il occupe ; pour passer de la sténographie mécanique à la sténographie manuscrite, nous avons dû faire de nouvelles concessions. Môme sous cette forme, néanmoins, le système reste dans l’ensemble suffisamment logique
11) Doux projets sont actuellement à l'étude en vue d'éviter l’emploi de papier préalablement repéré.
pour que sou apprentissage demande un elïorl de mémoire négligeable. A une première lecture l’exposé peut en paraître compliqué ; mais à l'examiner de plus près on se persuadera que la structure du système est fort simple. L’économie d’espace qu’il réalise esl, à la vérité, peu considérable : avec l’appareil dont je fais actuellement usage, je gagne seulement environ 40 % sur le Braille ordinaire ; avec le guide modifié, le bénéfice ne dépassera pas 34 à 33 % (I), c’est-à-dire qu’il ne sera pas sensiblement plus grand qu’avec l'abrégé Orthographique. En revanche, si l’on considère le nombre des points, l’économie est en moyenne de G3 % (2), même lorsqu’on fait la distinction entre t de d, b de p, etc., soit, par exemple, à écrire la même phrase que tout à l’heure : « L’homme est dans l’univers comme un atome » ; il nous faudra 29 points (3 de plus qu’avec la machine à sténographier) au lieu de 98 que requiert l’alphabet Braille. C’est là un bénéfice supérieur à celui que réalise la sténographie B a 1 1 u , puisque, pour cette sténographie, les statistiques n’accusent qu’une économie de 37 %• H est vrai que le double ennui de faire usage d'un appareil spécial et d'employer un papier préalablement repéré, ne se rencontre pas dans la sténographie Ballu. Et c’est là un avantage de grand poids. En retour, le nombre très élevé de signes arbitraires que comporte la sténographie Ballu décourage la plupart de ceux qui sont tentés de l'apprendre. Dans la sténographie que je préconise, si à l’usage elle ne réserve pas de surprises, l’apprentissage esl très simple, et la seule difficulté qui se présente
(1) Ce résultat s'explirine par le fait qu’un espace considérable est perdu par les intervalles laissés entre les mots. Cet intervalle est en effet, en principe, au minimum de deux rectangles de Braille, puisque notre élément fondamental n'est plus la lettre mais la syllabe et que toute syllabe requiert deux rectangles. Il lui arrive même d’être plus considérable, par exemple lorsque à un mot qui sc termine par une consonne fi u a le eu succède un autre qui commence par une voyelle : il comporte alors entre les deux rectangles réglementaires un rectangle correspondant à la consonne initiale absente. Mais dans la pratique je réduis sans aucun inconvénient pour la clarté ces intervalles, et l'économie d’espace que je réalise est de 45 % au lieu de 40 •/.- En particulier je groupe constamment, sans les séparer par aucun intervalle, l’article avec le substantif qui le suit, la prépostion et le substantif qu’elle régit, et beaucoup d’autres éléments de la phrase tels que les comparatifs (plus, plus-grand), les superlatifs (les plus-grands, très-grands), etc...
(2) Ce bénéfice peut être augmenté si l'on utilise les signes formés de cinq points à la fois dans la branche droite et dans la branche gauche pour figurer des abréviations de mots, c’est ainsi que le signe ■< t, 2, 3, 4, o », placé dans la branche gauche, représente pour moi » par conséquent », et, placé dans la branche droite, « parce que ».
esl celle de l'assimilation, c’est-à-dire la difficulté d’une habitude à acquérir, à faire contracter au tact et aux muscles, la difficulté, en somme qu’aucun système ne peut éluder. Personnellement, je regrette de n’avoir pas eu l’idée d’un pareil système au temps où, étudiant, j’étais tenu de prendre des cours avec une grande rapidité. Jamais je ne me suis mis à la sténographie Ballu : quand l’existence m’en a été révélée, trop d’occupations me sollicitaient. De celle-ci, j’aurais fait au moins l’essai.
Je liens à répéter, au reste, que cette application du système de sténographie à l’écriture à la main est, à mes yeux, d’importance très secondaire. Elle pourra peut-être rendre les mêmes services que d’autres abrégés, eL voilà tout ce à quoi elle peut prétendre. Ce qui me paraît pouvoir être fécond, c’est son application à la sténographie mécanique, et ce m’est un devoir de rappeler que l’heureuse idée d’une sténographie mécanique pour aveugles est due à MM. Stainsby et Bivorl. On pourrait également avec fruit, je pense, en faire l’application à des machines qui ne seraient pas destinées à des professionnels. Elles ne différaient, d’ailleurs, des machines à sténographier pour professionnels que par une seule particularité (1) : au lieu d’écrire sur une bande indéfinie, elles écriraient sur des pages, comme les machines ordinaires.
Il) A côté de la machine a 16 poinçons, on pourrait concevoir cependant la machine a 12 poinçons, qui serait préférable pour des sténographes habitués à la sténographie manuscrite.