‹ Projet de pénitencierChapitre 13 sur 16 · ATELIERS · texte numérisé non relu

ATELIERS

Pour démontrer qu’il n’y aurait pas un seul logement qui fût privé de soleil , il suffira de dire que les ouvertures destinées à l’éclairage de la cour couverte, ont été combinées de manière à laisser arriver les rayons solaires dans les cellules à travers cette même cour , de telle sorte que chaque logement jouirait toujours des deux exposilions opposées.

D’un autre côté , la largeur des promenoirs étant plus grande que la hauteur des murs qui les partageraient, il n’y aurait que bien peu de jours dans l’année où le soleil n'arrivât dans ceux même de ces promenoirs qui seraient le plus vers le nord.

fl parait aujourd'hui bien démontré qu'un pénitencier cellulaire ne pourrait être dirigé avec succès qu’autant que sa population ne dépasserait pas le nombre de 4 à 500 prisonniers.

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Avec la facilité qui existerait de repousser sur le promenoir la cloison vitrée qui fermerait l’atelier , si dans les plus grands logements on réduisait à n’avoir plus que 1 mèt. 50 de profondeur , ce promenoir (qui ne serait plus alors regardé que comme un balcon oùje prisonnier prendrait l’air , et qui serait d'autant plus suffisant que le lieu de travail serait rendu beaucoup plus grand,) on arriverait à avoir des ateliers de 10 mèt. 55 de longueur. — La dimension des plus petits a été trouvée de 2 mèt. 26.

Ces deux limites sont tellement écartées l'une de l'autre que les industries qu'il serait permis d'introduire dans le Pénitencier , pourraient être , certes , beaucoup plus variées et plus utiles aux prisonniers que ne le sont celles qui peuvent être données dans les cellules restreintes et uniformes de la formule pensilvannienne.

Des personnes habiles attachant la plus grande importance à la question industrielle dans les prisons , ont accepté avec empressement l’extension que je parvenais à donner aux travaux des condamnés ; mais elles exprimaient encore le regret que lorsque les grands moyens mécaniques s’emparent de toutes les fabrications , les détenus ne fussent pas mis à même de suivre , dans les prisons , le mouvement imprimé à tous les ouvrages au-dehors.

Je ne répondrai pas que. d’abord , il y a encore beaucoup d’ouvrages qui devront se faire nécessairement sans le secours des grandes machines, mais je devrai dire que les meilleurs ouvriers à employer même aux fabrications mécaniques , seraient toujours ceux qui auraient su travailler de leurs mains , et sans l’aide des machines, de telle sorte qu’il n’y aurait jamais lieu de craindre que les individus auxquels on aurait

appris un métier dans une prison cellulaire, fussent exposés à ne pas être occupés, pour défaut d’habileté, au jour de leur libération.

Peul-être même ne serait-il pas sans utilité de laisser de cette manière l’industrie libre , avoir l’avantage dans les moyens de production , afin d'arrêter les réclamations contre les travaux faits dans les prisons , travaux qui ont pu nuire quelquefois aux fabriques du dehors , mais auxquels l’intérêt de la société toute entière , exige qu’il ne soit pas apporté d’entraves?

A tous les moyens de discipline qui pourraient être employés contre les détenus dans leurs cellules , il faut en ajouter un qui aurait pour but d’empêcher toute tentative de conversatiou à travers les murailles et de lasser bien vite celui qui voudrait troubler l’ordre par des cris et des vociférations. — Il consisterait à jetter dans l’appartement d’un prisonnier un bruit continu, qui, produit par de fortes crecelles placées dans une galerie souterraine, et constamment mises en mouvement au moyen de la machine à vapeur, serait apporté aux oreilles du prisonnier par des tubes sonores ménagés à cet effet et dont les soupapes, ou clefs, se trouveraient à la disposition des gardiens sur leurs galeries. — Ce bruit ne causerait qu’un bourdonnement sourd à l’extérieur de la cellule, car il faut bien comprendre que les volets de celles-ci seraient alors fermés; et s’il fallait faire durer le bruit pendant la nuit , on sait que le prisonnier n’en parviendrait pas moins à trouver promptement le sommeil nécessaire à son repos.

J’ai déjà eu plusieurs fois occasion d’indiquer ce moyen que j’ai imaginé comme plus efficace que les obstacles résultant de la construction la mieux étudiée. — On sait en effet que bien des personnes regardent ces derniers comme pouvant toujours être surmontés par les condamnés : mais combattre le bruit par le bruit même, opposera la voix et aux cris d’un homme , les sons bruyants d’un mécanisme qu'il sait bien qui ne se lassera pas, serait d’abord empêcher cet homme de rien entendre, et le décourager si vite de se faire entendre lui-même que j’étais déjà convaincu du succès de cetté disposition avant qu’une expérience faite à la maison de Beaulieu fût venue confirmer ma conviction.

L’application du réglement du 10 mai 1839 , avait amené dans cette maison un mouvement d’imubordination , par snite duquel les cellules de punition se trouvèrent toutes remplies de prisonniers qui bientôt firent entendre leurs cris et leurs conversation dans le bâtiment qui les renfermait. — Monsieur Diéy crut devoir alors faire l’application du procédé dont je viens de faire la description ; il fit placer dans un des six corridors de ces cellules , un moulinet emprunté dans mie des fabriques de la ville de Caen ; un détenu le mettait en mouvement , et ce moyen , malgré l’imperfection de l’instrument , a suffi pour réduire au silence les individus punis pendant le temps qui a été nécessaire pour plier toute la population à la. nouvelle discipline.

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On doit d’autant plus admettre que les prédications pourraient être multipliées que plusieurs personnes,

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