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DUREE DU SERVICE EFFECTIF

Infanterie.

L'expérience a prouvé que deux années de service suffisaient pour faire un bon fantassin. Comme complément d'instruction, la première et la deuxième année de son inscription dans la réserve (troisième et quatrième année de service) il rejoint Tarmée active, qui se met en marche, formée en division, en corps d'armée, toutes armes réunies; il estmobi^ Usé, il fait une campag*ne de ving't-cinq jours, il apprend à marcher en g^rande masse, il campe, il tire à la cible, il manœuvre. C'est l'imagée la plus vraie de la g'uerre. Cette instruction bien faite est peut-être préférable pour le soldat déjà instruit et discipliné à une année passée dans une caserne ou dans un camp d'instruction permanent. Mais, pour que le soldat se forme en peu de temps, il faut réformer bien des abus.

Des permissions trop fréquentes, l'autorisation de travailler en ville ou aux ateliers du corps, détournent sans cesse le soldat de son métier. Combien de fois n'avons-nous pas vu dans les camps et dans les places de g'uerre demander six cents travailleurs à des régiments qui n'avaient pas mille hommes à mettre sous les armes ! De l'aveu même des officiers du g^énie qui les employaient, cent ouvriers ordinaires auraient fait plus de besog'ne. Pendant

ce temps, le rég^iment ne pouvait ni manœuvrer ni aller à la cible, c'était une journée perdue pour son instruction ; Tentretien d'un rég*iment coûte 2,500 francs par jour, et Ton avait économisé 200 francs !

Les postes de Tintérieur des villes sont trop nombreux. Le soldat monte la g^arde dans beaucoup de g^arnisons tous les quatre ou cinq jours, le sousofflcier plus souvent encore. Un simple ag*ent de police suffirait là où les municipalités obtiennent du commandement un poste de ving-t-cinq hommes.

Les factionnaires font souvent appliquer des consig*nes qui n'ont rien de militaire et qui amènent des collisions avec les populations. L'armée, à l'intérieur, est appelée à maintenir l'ordre, elle est l'expression de la force nécessaire à faire respecter la loi, et c'est amoindrir son prestig*e que de l'employer ainsi (1).

(1) Les sentinelles d'honneur pourraient être supprimées en grande partie. Pour fournir un factionnaire il faut quatre hommes au poste. Ils passent la matinée de leur jour de garde à préparer leurs effets; le lendemain, quand ils rentrent au quartier, leurs armes ont besoin d'être nettoyées à fond; ils sont fatigués, on ne peut rien leur demander. Chaque sentinelle représente donc le plus souvent deux journées perdues pour l'instruction de quatre hommes. Ne vaudrait-il pas mieux établir, pendant les quatre mois d'été, un poste de grand* garde dans les environs de la garnison? Toutes les compagnies y passeraient à tour derôle.

Les capitaines feraient à leurs hommes les théories .sur le service en

campagne, instruction beaucoup trop négligée. Deux à trois années de service sont suffisantes pour l'instruction de l'armée, mais il faut les bien employer.

Armes spéciales.

Dans les armes spéciales et dans la cavalerie la durée du service serait de trois ans, mais Teffectif des hommes présents sous les drapeaux doit être tel qu'une seule classe de la réserve puisse le compléter. Il est nécessaire de ne pas laisser les soldats oublier ce qu'ils auront appris au corps. Les deux classes suivantes serviront à combler les vides ; il est donc probable qu'après trois ans d'inscription dans la réserve, les cavaliers, les canonniers et les sapeurs se trouveront libérés de fait. Ce sera pour eux un avantagée qui compensera l'année qu'ils passent en plus au rég^iment.

Jusqu'ici les effectifs, en comprenant les corps de la g^rde impériale, étaient de 34,500 hommes pour l'artillerie, 60,000 pour la cavalerie, et 6,600 pour le g-énie. Nous les porterons à 50,000 pour l'artillerie et 8,000 pour le g^énie. L'effectif de la cavalerie paraît suffisant pour le pied de paix.

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