‹ Projet de réorganisation militaireChapitre 8 sur 32 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

Le désir d'acquérir des droits pour entrer dans les administrations et le bien-être relatif que leur procurera une prime journalière feront rester un g'rand nombre de sous-officiers et de soldats sous les drapeaux. Nous pouvons admettre que ce chiffre sera de 50,000 au minimum ; il se décomposera proba-

blement ainsi : 10,000 pour rartillerie, 12,000 pour la cavalerie, 4,000 pour le g*énie, les équipag^es et les troupes d'administration et 24,000 pour Finfanterie. En déduisant les anciens soldats des effectifs jug'és nécessaires aux différentes armes, nous trouvons que les conting^ents doivent être de i 3,500 hommes pour Tartillerie, 17,000 pour la cavalerie, 2,300 pour le g*énie et 4,700 pour les équipag'es militaires et les services administratifs.

Le conting'ent total disponible est de 180,000 hommes; en en défalquant les 35,300 hommes destinés aux armes spéciales, il reste 144,000 hommes pour rinfanterie.

Tous ces hommes rejoindront les corps auxquels ils seront affectés le 20 mars au plus tard, la reprise de l'instruction étant fixée au 1" avril.

Le 1" octobre, comme application des principes posés précédemment, on renverra dans leurs foyers, après examen de leur instruction militaire, les soldats qui se trouveront dans Tune des catég^ories suivantes :

1° Ceux qui auront des frères présents réellement sous les drapeaux;

2^* Les aînés de deux frères faisant partie du même conting^ent;

3° Les frères des militaires retraités pour blessusures reçues au service, infirmités, etc., etc.

Le chiffre de ces trois premières catég*ories s'élèvera probablement à 13,500.

4"* Les soutiens de famille, dont le chiffre pour-

rait s élever à 10 7o soit 18,000 pour tout le contingent.

5" Les jeunes g*ens qui sollicitent leur inscription dans la réserve moyennant le versement d'une somme de mille francs dans les caisses de Tarmée.

Sous Fempire de la loi 1855, 22,000 hommes sur 100,000 versaient 2,300 francs poiu» se libérer de tout service militaire; et encore ce chiffre portait-il principalement sur la première portion du conting^ent; maintenant qu il portera sur 167,000 hommes (déduction faite des trois premières catég*ories), il est probable qu'il se maintiendra entre 20 et 22 p. 7o du contingent entier, soit 34,000 hommes environ, bien que la faveur accordée soit moins grande. Si nous conservions la même proportion que les années précédentes, ce serait sur 90,000 qu'il aurait fallu compter.

Tous les conscrits appelés à jouir du bénéfice de cette disposition devront être classés dans l'infanterie.

Une exception sera faite en faveur des jeunes g^ens sachant très-bien monter à cheval, et qui auraient été exceptionnellement classés dans la cavalerie^ après examen de leur aptitude.

Le contingent de l'infanterie se trouvera donc réduit, le 1" octobre, à 79,000 hommes, après le renvoi dans la réserve des cinq catégories précédentes; de sorte que l'effectif total de l'infanterie sera, pendant six mois, de 144,500 hommes du contingent de l'année, plus 79,000 hommes de l'année précé-

dente, et, pendant les six autres mois, de deux conting^ents de 79,000, soit en moyenne 190,750 hommes. En ajoutant les 24,000 anciens soldats, on aura un total de 214,750 hommes.

L'effectif des autres armes étant de 50,000 hommes pour Tartillerie , 60,000 hommes pour la cavalerie, 8,000 pour le g'énie, 15,000 pour le train et les troupes d'administration , 6,000 pour les tirailleurs , nous arrivons au chiffre de 353,750 hommes pour TefTectif de l'armée sur le pied de paix, soit 373,750 hommes en comptant la g'endarmerie.

Tous les hommes aptes au service pourront donc recevoir une instruction solide , et l'état militaire de la France sera inférieur de 26,250 hommes à celui des années précédentes. Il était en moyenne de 400,000.

. Les hommes pourraient être autorisés à se marier après leur quatrième année de service; c'est-à-dire entre vingt-quatre et ving»t-cinq ans. L'armée appelée à marcher la première à la frontière comprendra tout au plus quatre conting^ents. Les hommes mariés ne seraient donc appelés à combattre qu'en cas d'insuffisance de ce premier effort.

La conséquence pécuniaire d'une nouvelle org^anisation militaire n'astreig'nant les conscrits qu'à passer deux à trois ans au plus sous les drapeaux, est la création d'une force publique assez considérable pour maintenir, en temps ordinaire. Tordre dans l'intérieur. L'armée ne serait plus appelée à ag*ir que dans des circonstances exceptionnelles

pour la soutenir. Ne pourrait-on pas exig'er des grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille, d'entretenir à leurs frais des régiments de g'endarmerie sur le modèle de la g^arde de Paris ?

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