‹ Projets d'embellissemens de Paris et de travaux d'utilité publiqueChapitre 10 sur 40 · ETAT ACTUEL DU SERVICE DES EAUX SUR LA RIVE GAUCHE DE LA SEINE · texte numérisé non relu

ETAT ACTUEL DU SERVICE DES EAUX SUR LA RIVE GAUCHE DE LA SEINE

Li rive gauche de la Seine est pourvue, comme l'autre, d’une Machine à vapeur située sur le quai du Gros-Caillou. Cet établissement se compose de deux Pompes, dont la force et par conséquent le produit ne sont que le quart de celles de Chaillot ; elles ne marchent ordinairement que pendant le jour, et une grande partie de l’eau qu’elles élévent retombe en pure perte dans la rivière, faute de réservoir assez grand pour la contenir. Leur seul réservoir consiste dans le comble d'une tour quarrée qui s'élève au milieu du bâtiment, à 35 mètres au-dessus des basses eaux de la Seine. De ce réservoir descend une conduite d'environ 32 centimètres de diamètre, sur laquelle sont établis divers branchemens qui vont alimenter, concurremment avec la Pompe Notre-Dame, le faubourg Saint-Germain dans toute sa longueur, depuis la place des Invalides jusqu’à la fontaine Saint-Severin.

Si les eaux de cette Pompe , dont l'ascension est la même que celle des eaux de la Machine

de Chaillot, s’amassaient, comme celles-ci, dans de vastes réservoirs, et que l’on mit les conduites de l’une et de l’autre en communication , elles pourraient, en tous cas d’accidens, se suppléer; et la plus forte ou plutôt la seule objection à la Suppression de Ja Pompe Notre- Dame serait par là détruite, La première chose à faire serait done de construire, pour la Pompe du Gros-Caillou, de vastes réservoirs sur les terrains vagues ou plantés en pépinières du Palais du Luxembourg, terrains dont le niveau est le même que celui du grand bassin de la Villette, et 6 mètres seulement au-dessous du faite de la Pompe à feu dont ils sont distans d'environ 4000 mètres. Ce seul ouvrage mettrait à même d'assurer d'abord le service

actuel, et de pourvoir à la communication entre les conduites des deux Machines, ainsi que

nous allons l'exposer.

PROJET D'AQUE DUC POUR LE SERVICE DE L À RIVE GAUCHE DE LA SEINE. DE l'état actuel, la principale conduite de la Pompe du Gros-Caillou se développe, depuis son origine jusqu'à la fontaine Saint-Severin, Sur un parcours de 5656 mètres. Cette conduite

de divers diamètres est, comme celles de la Pompe du Nord, partout trop étroite et sans

proportion avec les services qu'elle doit faire, résultat ordinaire de travaux

icutés par des particuliers, successivement el sans un plan général irrévocablement arrêté d'avance. De ce côté aussi, comme de l’autre, les tuyaux sont à méme la terre.

On propose de remplacer ces conduites par d'autres de proportion meilleure, pourlesquelles on construirait une grande galerie partant du bord de la Seine au pied de la Pompe à feu du Gros-Caillou. Cette conduite se dirigerait sous le quai du Gros-Caillou jusqu’à la rencontre de

l'écout de l'Esplanade des Invalides ; de là jusqu'au carrefour de Bussy, en passant par les

rues de l'Université, du Colombier et de Seine; puis par la rue int-André-des-Ares, la rue Mâcon et la rue Saint-Severin, jusqu'à la fontaine du même nom, et enfin jusqu'à la rue

Saint-Victor par la rue Galande, ensemble un parcours de 4400 mètres.

Sur cette grande galerie seraient pratiqués également sous des

Aqueducs couverts , mais de dimensions moins grandes, trois grands branchemens pour établir la communication entre les deux Pompes du Gros-Caillou et de Chaillot, et les mettre ainsi conjointement à même de servir les deux rives.

De ces branchemens, le premier s'établirait par le pont de Louis XVI, depuis la rencontre de l'égout des Invalides jusqu'au milieu de la place Louis XV, sur une longueur de go0 mètres ;

Le second, du carrefour de Bussy à la rue Saint-Honoré, par la rue Dauphine, le Pont-

Neuf, la rue de la Monnaie et la rue du Roule, 920 mètres ;

Le troisième, depuis la rue Mâcon jusqu'à la rue de la Ferronnerie, par le pont Saint-

Michel , l'ile du Palais, le Pont-au-Change, et la rue Saint-Denis, 75 mètre 3 ? Ur 7 ,

Un quatrième branchement, où plutôt un prolongement de la conduite de communication du Pont-Neuf, également en aqueduc voüûté, communiquerait de la grande galerie aux

servoirs construits dans les pepinières du Luxembourg , en suivant la rue de Condé, la place Saint-Michel, la rue d'Enfer, environ 1400 mètres.

Total des conduites d'embranchement 4150 mètres, qui, joints aux 4400 de conduites directes, donnent un total de 8550 mètres. De ces conduites d'embranchement, goo mètres dans le parcours du centre de la place Louis XV à l'esplanade des Invalides, et 900 dans le parcours de la rue Mäcon à la rue des Lombards, font déjà partie des travaux portés en compte

au devis du canal de l'Oureq. Pour le surplus, il suffira de galeries de 1 mètre 5o centi-

mètres au plus de largeur.

DISTRIBUTION DES EAUX DANS PARIS. If

Application du projet de galerie couverte pour la distribution des eaux sur la ris

gauche de la Seine, au système général des égouts sur cette méme rive.

Au sud de Paris, la colline ne s'éloigne pas, comme de l'autre côté, en amphithéätre ; mais, par un mouvement correspondant, son centre s'avance en promontoire jusque sur rive du fleuve. Cette pente est rapide, surtout entre le sud-est et le sud-ouest. Ainsi le eaux ont naturellement un cours facile, et ne formeraient point un aussi grand nombre d flaques stagnantes que dans la plaine du nord. Les bassins des égouts sont donc plus vastes et moins nombreux, et les eaux dont le cours est vif se rendent presque partout dans la Seine, pour ainsi dire d’elles-mêmes, sans qu'il ait été besoin de creuser des bassins souterrain

Se

La rivière de Bièvre, déjà chargée des immondices d'un grand nombre de tanneries, d'ami-

donneries, et d'autres usines infectes, reçoit encore les eaux et la fange d'une assez granc

étendue de cette partie sud-est de Paris. C’est un autre grand égout, différent cependant «

celui du nord, en ce qu'au lieu de charrier les immondices au-dessous de la ville, il les ramasse et les apporte même de fort loin pour les verser dans la Seine, immédiatement au-

dessus du pont du Jardin des Plantes.

Les autres égouts considérables du sud , sont ceux de la rue des Grands-Degrés, de la rue du Fouarre, de la rue de la Bücherie, de la rue de la Huchette, dont les voûtes, de peu détendue, reçoivent cependant les eaux de vastes bassins. Puis viennent les égouts plus abondans encore de la rue du Paon, de la rue de Seine, de la rue Taranne, de la rue de Poitiers

et de la rue de Belle-Chasse, qui se vont décharger à droite et à gauche du pont des Arts,

ous le quai Voltaire et le quai d'Orsay, en face du Louvre et des Tuileries ; en sorte que de ce côté, comme de l’autre, cette partie si magnifique des rives de la Seine est cependant la plus infectée d'immondices.

Un cloaque pour reporter toutes ces immondices au-dessous de la ville et de la prise d'eau

des machines hydrauliques de Chaillot et du Gros-Caillou n’est donc pas moins nécessaire sur cette rive que sur l’autre.

Examen fait du mouvement du sol (1), nous avons reconnu,

19, Que le lit de la Bièvre peut être soutenu depuis la rue Saint-Hippolyte et la rue Mouf-

fetard jusqu'à la rue du Jardin des Plantes; de sorte qu'ilse trouverait encore en cet endroit à

neuf mètres au-dessus de o de l'échelle marquant au Pont-Royal le niveau des plus basses eaux.

2°, Que de la rue du Jardin des Plantes au rivage du Gros-Caillou, correspondant à l'embouchure du grand égout du nord sous le quai de Chaillot, la pente est de plus de neuf mètres : sur un parcours ci-après indiqué de six mille deux cents mètres.

30. Que dans ce parcours, qui est celui de la rue du Jardin des Plantes, de la rue Saint-Victor,

de la rue Galande, des rues Saint-Severin, Saint-André-des-Arcs, de Seine, du Colombier,

et de l'Université jusqu'au-delà du Gros

allou , la hauteur de la surface du pavé permet partout de pratiquer une galerie de deux mètres et demi sous clef de la voûte, au-dessus du plan incliné souterrain dont je viens de parler; c’est-à-dire depuis le niveau du lit soutenu de la

Bièvre jusqu'à l'étiage de la Seine au-dessous du Gros-Caillou.

(x) Cet examen et celui qui le précède sont basés sur années, avec beaucoup de soin, par M. Egaut, ingénieur le relevé des hauteurs du sol de Paris, faitil y a quelques des Ponts et Chaussées.

Rien donc ne s'oppose à la construction d'un cloaque qui, prenant d'abord les eaux de la

Bièvre, puis successivement celles des divers égouts mentionnés plus haut, les porterait audessous de Paris, ainsi que fait au nord le grand égout.

Pour approprier à ce service important tout l'Aqueduc, en conduite directe , de la Pompe

à feu du Gros-Caillou, tel que j'en ai donné le tracé dans la précédente partie de ce projet, il suflira de le prolonger à l'est, sous la rue du Jardin des Plantes, 400 mètres; et à l’ouest, depuis le centre de l'esplanade des Invalides jusqu'au bord de la Seine, au point correspondant à l'embouchure du grand égout sur l’autre rive, 1400 mètres.

Ce second cloaque, plus magnifique encore et non moins utile que l'autre, aurait un développement de 6200 mètres.

Sa largeur, afin d’être appropriée au double service d'égout et d'aqueduc, devrait être de deux mètres et demi, et sa hauteur, y compris la cunette d'ésout, aussi de deux mètres et demi.

Sans doute cette grande et utile entreprise serait dispendieuse. Mais outre qu'elle fournit elle-même les moyens d'une partie de son exécution, ainsi que nous l'avons dit plus haut,

répartie sur l'exercice de plusieurs années, elle serait peu onéreuse à chacune.

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