INTRODUCTION
Multiplier les voies de communication entre les vallées de la Loire et de la Seine, permettre par suite aux produits des provinces du Midi et à ceux des régions de l'Ouest dlêtre plus commodément conduits vers Paris, tel avait été le dessein de Henri IV lorsqu'il autorisa les travaux du canal qui, partant de Briare sur la Loire, et empruntant depuis Montargis le cours du Loing, débouchait dans la Seine à Moret. La mort du roi .et celle de Fentrepreneur arrêtèrent momentanément l'entreprise. Mais, en 1638, Louis XIII autorisa Guillemin Bouteroue et Jacques Guyon, receveurs anciens des
1. Qu'il nous soit permis de remercier de leur extrême obligeance et des précieux renseignements qu'ils nous ont fournis MM. H. de Fiamare, archiviste de la Nièvre, L.Lazard, archiviste-adjoint de la Seine, A. Le sort, archiviste d*llle-e t- Vil aine, R. de Lespinasse, président de la Société Nivernais e, Ch. Schmidt archiviste aux Archives nationales, et P. Cornu. Notre regretté compatriote M. Sarriau nous avait aussi fort aimablement communiqué d'importants documents provenant des archives municipales de Gosne.
2 LA JONCTION DE LA LOIRE ET DE lVoNNE
aides de Beaugency, à achever les travaux interrompus *. Le rapide succès et le trafic considérable de la nouvelle route fluviale en justifièrent bientôt Futilité ; mais d'autre part, on ne tarda pas à constater ses imperfections. La baisse des eaux, Taccumulation des sables rendaient à certains moments la navigation impossible sur la Loire, tandis que la violence des vents empêchait et contrariait Taccès du canal à Briare. En outre le cours du Loing était dangereux, par la présence de pertuis qui, nécessaires au flottage, entravaient la navigation et déterminaient des naufrages ; chaque année,durant plusieurs mois, des travaux de réparation obligeaient à chômer. Aussi tout en appréciant les services rendus par ce canal, songea-t-on bientôt à le perfectionner.
On y réussit en partie, lorsque en 1679, Philippe, duc d'Orléans, obtint de Louis XIV l'autorisation d'ouvrir à ses frais un nouveau canal qui, partant d'Orléans, rejoignait le Loing à Cepoy, au-dessous de Montargis *. En considération des frais considérables de cette entreprise, le duc obtint un privilège exclusif et un engagement formel du roi de n'autoriser dans l'avenir aucune autre voie de communication fluviale de Loire en Loing et en Seine ^. Mais ce nouveau canal ne servait qu'aux bateaux remontant la Loire, auxquels il évitait dix lieues de navigation sur le fleuve entre Orléans et Briare ; il ne remédiait en rien aux dangers de la descente du Loing, de Montargis ou de Cepoy à Moret.
Des plaintes nombreuses ne cessaient d'être formulées tant contre le chômage, que contre les accidents du parcours et la rapacité des riverains. « Nous avons ouï, mandait Louis XV en 1723, les remontrances qui nous