‹ Projets de jonction de la Loire et de l'Yonne: le canal de Cosne à ClamecyChapitre 15 sur 63 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES NÉGOCIATIONS AVEC LE DUC d'oRLÉANS.

l'exposé des avantages du canal de cosne.

Le 2 décembre 1723, le Régent mourut, et durant quelques années l'affaire languit. Ce fut seulement le 23 septembre 1727 qu'Amelot produisit de nouvelles requêtes tendant à l'enregistrement des lettres patentes de juin 1719. Aussitôt le duc d'Orléans *, tant en son nom personnel que comme cessionnaire des droits de la duchesse de Modène ^ et de la reine d'Espagne ^ ses sœurs, la duchesse d'Orléans douairière*, et Mademoiselle anony^ne d'Orléans *, héritiers du Régent, ripostèrent le 16 janvier 1728, afin qu'ilfût interdit de pour-

1. Louis, duc d'Orléans, né le 4 août 1703, mort le 4 février 1752, épousa en 1724 Auguste-Marie- Jeanne, princesse de Bade, morte en

2. Charlotte- A glaé d'Orléans, M"« de Valois, née le 22 octobre 1700, morte le 9 janvier 1761, épousa en 1720 François-Marie d'Esté, prince héritier, puis en 1726 duc de Modéne.

3. Louise-Elisabeth d'Orléans, M^i« de Montpensier, née le 11 décembre 1709, morte le 16 juin 1742, épousa en 1722 don Louis-Philippe de Bourbon, prince des Asturies, qui devint en 1724 roi d'Espagne sous le nom de Louis l*'.

4. Françoise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de M"« de Montespan, née le 9 février 1677, morte le 1" février 1749, épousa le 18 février 1692, Philippe d'Orléans.

5. Louise-Diane d'Orléans, W^*de Chartres, née le 26 juin 1716, morte le 26 septembre 1736, épousa en 1732 Louis-François de Bourbon, prince de Gonty.EUe ne fut baptisée que le 19 janvier 1732, d'où, sa désignation d'&nonyme.

suivre les travaux du canal de Cosae, sous peine d'une amende solidaire de 100.000 livres.

Avant cependant que la lutte judiciaire ne recommençât, quelques tentatives de conciliation furent négociées. Âmelot avait des obligations à la maison d'Orléans ; il se rendit à Gompiègne exposer et défendre son projet devant le duc. Peut-être le convainquit-il, au moins ébranla-t-il sa conviction ; car à la fin de 1728, une entrevue se tint chez le comte d'Argenson *, chancelier du duc d'Orléans, afin de s'entendre sur le canal projeté. Le maréchal d'Estrées, Amelot, M. Godion, intéressé à l'entreprise, Gabriel Taschereau de Baudry 2, conseiller d'Etat ordinaire, intendant des finan-

1. Marc- Pierre le Voyer, comle d'Argenson, et vicomte de Paulmy, second fils de Marie-René,marquis d'Argenson et de Marguerite Le Fè vre de Gaumartin. Né le 16 août 1696, avocat du Roi au Châtelet, conseiller au Parlement en août 1719, il devint maître des requêtes le 17 novembre 1719, lieutenant général de police le 5 janvier 1720, intendant de Tours le 18 février 1721, chancelier garde des sceaux de Tordre du Saint-Esprit le 26 avril 1722, chancelier du duc d'Orléans le 20 septembre 1723, conseiller d'État le 28 janvier 1724, honoraire de l'Académie des Sciences en 1726, premier président du grand conseil en 1739, ministre d'État en août 1742, ministre et secrétaire d'État au département de la guerre le 8 janvier 1742, surintendant des postes en 1744, honoraire de l'Académie des Inscriptions en 1749 ; il mourut le 22 août 1761. Il avait épousé Anne Larcher, fille de Pierre, seigneur de Pocancy.

2. Gabriel Taschereau, seigneur de Baudry et de Lignières, était dès 1712 maître des requêtes de l'hôtel. En 1721 il devint lieutenant général de police, en place de M. de Machault. Conseiller d'État ordinaire et intendant des finances, il garda ces charges jusqu'au 25 avril 1755, date de sa mort. Le 21 novembre 1718, il avait été nommé com^ missaire du bureau établi pour les affaires concernant les fermes de gabelles, les cinq grosses fermes, tailles et autres affaires de finances, en remplacement de Gilbert de Voysin {Arch. nàt., E 2000, 21 nov. 1718). 11 eut de son mariage avec Philippe Taboureau, fille de Louis, seigneur des Heaux, un fils, Charles Gabriel, avocat au Parlement, pourvu le 8 avril 1731 des charges de conseiller au Parlement et de conseiller commissaire des requêtes du Palais (Arc A. nat,, V* 284, Conseillers, 6), et qui dut mourir peu après.

ces, et commissaire rapporteur de l'affaire au conseil, y assistaient. M. d'Argenson offrit de la part du duc d'Orléans de s'intéresser à l'affaire, en prenant à sa charge le quart des dépenses, mais en entrant pour une proportion égale dans l^association. Toutefois avant de rien décider, il était nécessaire, par une expertise contradictoire faite sur les lieux, de se rendre compte des inconvénients du canal de Briare, du coût de la nouvelle entreprise, et des avantages du futur canal de Cosne ^

On en chargea un ingénieur déjà connu par les travaux qu'il avait exécutés en Bretagne, Abeille *, et un ingéaieur des turcies et levées de la Loire, Antoine de Regemorte *. Us devaient commencer leur enquête en avril 1729. Mais, sous prétexte de divers empêche-

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