‹ Projets de jonction de la Loire et de l'Yonne: le canal de Cosne à ClamecyChapitre 16 sur 63 · Arch, na^jF»* 1288, n · texte numérisé non relu

Arch, na^jF»* 1288, n

2. Cet ingéaieur est assez connu. Après rinccndle de Rennes en 1720, on entreprit la reconstruction de la ville j dès 1721 l'ingénieur Roblin avait été chargé d'en préparer les plans ; Gabriel les modifia en 1724, lorsqu'il remplaça Roblin, et Abeille fut le 11 mai 1731 chargé de surveiller ces travaux, aux gages de 4.000 francs par an, en remplacement de M. le Mousseux. Les travaux se continuèrent jusqu*en 1742, date à laquelle, pauvre et chargé de dix enfants, il fut employé au travail du nettoyage du quai de la Loire à Nantes. Il s'occupa aussi du dessèchement des étangs de Grandlieu. Deux de ses fils travaillaient sous ses ordres. L'aîné employé au contrôle de la régie des bâtiments publics à Rennes aux gages de 1.808 l. depuis le 26 avril 1739, mourut en 1740, et fut le 12 novembre même année remplacé par son frère Louis Abeille de la Bretonnière. Peut-être Abeille était-il père de l'avocat du même nom, habitant Rennes, puis employé au contrôle général des finances et ami de la Ghalotais.

3. n s'agit probablement ici de Noël de Begemorte. On connaît plusieurs ingénieurs de ce nom au xviii* siècle. Le premier était en 1722, à la date du 8 mai, chargé de faire une enquête sur la possibilité de flotter sur le Loing de Saint-Fargeau à Rogny {Arch, nat,, E 954,n° 63); lo 2 février 1723, il était commis avec Gabriel pour examiner les réclamations de« adjudicataires du pont de Blois {Jbid. 964, n» 15). Il était également ingénieur des turcies et levées de balisage de la Loire •et ses affluents, d'Orléans à la mer depuis le 12 janvier 1720 {Ibid,,

|i<? 26 LA JONCTION DE LA LOIRE ET DE l'yONNE

ments, et vraisemblablement à l'instigation d'une partie des conseillers du duc d'Orléans, opposés à toute entente, M. de Regemorte différa son départ, et finalement délégua un ingénieur, M. Béguin, pour faire cet examen, à l'insu d'Amelot et d'Abeille. Averti, Amelot f(^> se plaignit violemment auprès de M. d'Argenson, qui

lui remit une lettre pour Béguin qu'il devait rejoindre à Montargis. Mais après quelques discussions. Béguin refusa de travailler avec Abeille.

Ce dernier, en présence de cette mauvaise volonté^ se mit seul à Tœuvre. Il étudia les canaux du Loing et deBriare, le tracé du canal de Cosne et finalement rédigea un long méinoire, imprimé bien plus tard, en 1790 avec le titre suivant ; État des avantages du canal de Cosne, tant pour lesprovinces en descendant les rivières^ d'Yonne et de Loire, vérifiées d'après les ordres de M. le duc d Orléans y régent du royaume, au mois d*août 1719 '. >

C'est un véritable plaidoyer en faveur de Tentrepriso d'Amelot. Pour être réalisable, un canal et celui de Cosne en particulier doit, disait Abeille, réunir troisconditions : être possible, être utile, être avantageux.

964, n» 964, 9 février 1723). 11 était mort avant le 8 janvier 1723. Il laissait deux fils : Noël, chargé depuis le 15 janvier 1718 de la direction des ponts et chaussées d*Alsace, et Antoine,chargé depuis le 9 février 1723, sous la direction de son père, de l'inspection des travaux de la Loire d'Orléans à son embouchure (Ibid., E 1003, n«» 23-24). Ils échangèrent entre eux leurs charges. Le 17 mars 1733, Noël fut chargé non. seulement du service de la Loire d'Orléans à l'embouchure, mais aussi de celui des hautes vallées d3 la Loire, de l'Allier et du Cher,, avec augmentation du traitement (Ibid,, E 10916, n» 107). Ce sont peutêtre deux fils de Louis et Noël que Ton retrouve en 1762 et 1772^ comme ingénieurs des turcies (/i)id.,E 2484, fo484; — et E 2505, ^ 60). i. Bibl. nat.^ coll. Bourgogne, vol. 28, pièce 74, imprimé en 1790, chez Gellé, rue du Fouarre, n» 10. La date de Timpression explique les erreurs relatives au titre donné au duc d'Orléans et au millésime^ antidaté de dix ans. '

La première de ces nécessités existait sans contredit,. Sans doute, le tracé serait difficile au point de par-

tage des eaux, entre Entrains et Etais. Mais le reste du parcours était d'exécution facile, les pentes douces, le bois, le fer, la pierre abondants. Le sable, rare à la vérité, était remplacé par une terre rouge qui, mélangée à la chaux, composerait un excellent ciment. Au point même du partage des eaux, les trois étangs d'Entrains alimenteraient le canal. Le débit sera au minimum de 2.200 pouces pendant deux mois ; durant le reste de l'année il y aura surabondance. La seule difficulté résidait dans l'élévation du sol depuis Entrains dans la direction d'Etais, élévation de 109 pieds ou 35 m. 97 à son plus haut point. Il serait nécessaire d'y creuser une tranchée coûteuse, large et profonde, mais dont les frais seraient compensés par la facilité du reste du parcours.

L'utilité n'était pas moins grande. Elle s'étendait sur toutes les villes et provinces baignées par les rivières de l'Yonne et de la Seine. Le canal projeté donnera un libre passage aux bateaux, facilitera le commerce des bois ; les forêts étaient encore peu exploitées ; 18.000 arpents ou 9.000 hectares, ou 270.000 cordes (à raison de 15 cordes par arpent) étaient annuellement exploités ; avec la nouvelle voie fluviale on pourrait augmenter cette exploitation de 15.000 arpents ou 225.000 cordes, tout en diminuant considérablement les frais de charroi.

Les débouchés ouverts au canal de Cosne et grâce à lui seraient nombreux. Par la rivière l'Yonne, les bois de Puisaye, principalenient exploités à Ciez *,

Page 1