LÀ REPRISE DU PROJET
Au début de la Révolution, alors que Ton s'occupait avec fièvre de mener à bonne fin les projets économiijues élaborés ou déjà entrepris sous l'ancienne monarchie, alors que Ton travaillait aux canaux de Bourgogne, du CharoUais et du Nivernais, alors aussi on reprit le dessein d'unir les vallées de la Loire et de l'Yonne, en utilisant les idées de l'ingénieur Amelot. Ce furent ses héritiers qui y songèrent : ils se souvenaient des luttes engagées au cours du siècle, ils avaient conservé les plans et les études déjà faites; enfin leur qualité même les rendait aptes à juger de l'opportunité de l'entreprise. Jean-Henri Amelot *■ était ancien contrôleur des droits réunis du Languedoc,
1. Jean-Henri Amelot était né le 18 février 1727 et avait été baptisé le lendemain à Paris, paroisse Saint-Gervais, ainsi qu*en témoigne Tacte suivant : € L'an 1727, le 19 février a été baptisé Jean-Henry, fils de M* Jean-Baptiste Amelot, (seigneur de la Houssille), et ingénieur du roy, et de dame Marie-Anne Lemoine, son épouse, demeurant vieille rue du Temple, né d^hier. Le parrain Jean do Mogin de Richebourg,bour-
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et son beau -frère Henri Frîgnet était ingénieur en chef des ponts et chaussées.
Ce dernier avait acquis dans sa carrière une notoriété de premier ordre. Entré en 1749 à Fécole des Ponts, il en était sorti, après un court séjour et avait été nommé sous-ingénieur des ponts et chaussées de la généralité de Paris ; inspecteur le 1"' janvier 1759, il avait été en 1765, sur la recommandation de Trudaiae, promu ingénieur en chef et quelques mois après, transféré en Franche-Comté comme ingénieur en chef des
Etats. Il y demeura jusqu'en 1770, époque où il fut,
^eois de Paris, la marraine Henriette-Charlotte Malassier, épouse de M. de Borniche, contrôleur de S. A. M. le prince de Gonti ». Paroisse Saint-Gervais, extrait conforme du 12 juin 1827. {Bihl, nai., Nouvenu d^Hozier, t. VUI, dossier Amelot, n** 14). En 1742, il parait dans l'actede décès de son père. Le 15 mars 1761 nous le trouvons comme contrôleur général des droits réunis du Uaut-Languodoc« A cette daté il épousa, à Graulhet, Catherine de Clauzel, fille de Jean Clauzel, avocat au Parlement et de Marie de Frauscille de la Trivalle {Bibl. naU ibid,, 16, extrait délivré à Lavaur le 36 avril 1827) ; de ce mariage naquit à Lastours, le 20 août 1768, an fils Jean -Henry qui, en frimaire an XII, épousa une demoiselle Dumas, probablement à Paris. {Bibl. nat. ibid,y n° 18, extrait déliyré par le greffe du tribunal de la Seine le 26 mars 1827, sur une copie faite à la mairie de Lastours le 2 frimai]^ an XII). Le 3 mai 1786, Jean-Henry Amelot avait abandonné le Languedoc et le contrôle général des droits réunis. Il figure en effet dans Pacte dressé à la paroisse Saint-Sulpice, le 3 mai, de haut et puissant seigneur mcssire Michel-Marie-Noël Amelot^ chevalier, comte de Varaize, maître des requêtes honoraire de Thôtel du roi, conseiller honoraire au Parlement de Paris et àlaGrand'Chambre;il y est qualifié M* Jean- Henry Amelot, de la Roussille, ancien ofiQcier militaire de la maison du roy, cousin du défunt {BibL nat, ibid., n<* 19, copie délivrée par le préfet de police, en 1827). Henri Amelot, qualifié bourgeois de Paris dans un acte du 14 mars 1791, habitait sur la paroisse Saint-Sulpice. Il mourut le 27 juin 179 j, paroisse Saint-Sulpice (Arc/i. munie, de Cosne^ dossier du Canal de Cosne à Clamecy, n° 8) ; Ta d'inhumation, du 28 juin, le nomme Jean André, ancien secrétaire ( Archives de Saint-Germain-des-Prés, mais la présence comme tém( dans cet acte de Henri Frignet, son beau-frère, ne permet pas de de ter de l'identité du personnage.
contre son gré, assure-t-il dans un mémoire, délégué avec les mêmes fonctions auprès des États de Bretagne. Il y resta longtemps^ malgré ses réclamations et ses plaintes^ d'avoir été sacrifié et d'avoir été distancé par ses cadets *. Il fut spécialement chargé des travaux relatifs à la navigation de la Vilaine et de ses affluents ' ; après de longs dissentiments avec les Etats, il fut en 1787 ' mis à la retraite avec la pension d'ingénieur en chef (*). Il avait épousé la fille de Jean-Baptiste Amelot, Marie-Anne, qui mourut avant 1791 ; de ce mariage était née une fille Louise-Anne mariée à un nommé Bernier '^.
Henri Amelot et Frignet, devaient avoir, outre le désir de terminer Tœuvre de leur père et beau-père, des^ intérêts matériels à reprendre ses projets : ils possédaient sans doute encore la terre de la Roussille ® près Entrains, dont Amelot et son fils avaient pris le nom.
Toutefois ils ne paraissent ni Tun ni l'autre au début