Arch. départ, de la. Nièvre, Ls, n
2. Arch. mnnicip, de Cosne, Rcg. des délibérations du oonsetl'municipal du 5 janv. 1790 au 20 nov. 1792, séance du 25 octobre 1790. Signé : Frossart, Buron, Fron, Gallié, Baille, procureur, de la commune , Moreau.
ment élevée, le peu de longueur du parcours, les débouchés ouverts au commerce compenseraient la difficulté et les frais de percement de la montagne entre Entrains et Druyes ; on ne pouvait qu'applaudir à ce projet; « trop longtemps il avait été empêché par un intérêt particulier et puissant ; aujourd'hui la liberté doit le faire aboutir * ».
De son côté la municipalité de Donzy se réunissait, le 26 octobre, sous la présidence de Jean Frappier Destraux. Ce fut ce personnage qui donna communication des lettres adressées par le directoire du district, et qui exposa l'afiFaire à ses concitoyens. Il reproduisit tous les arguments favorables, abondance de Teau, facilité d'établir le canal, petit nombre des écluses, d'où par suite rapidité du trajet, supériorité de la nouvelle voie fluviale sur le canal de Briare. Non seulement les populations immédiatement intéressées en profiteraient, mais aussi toute la région baignée par la Loire et TAUier. La ville d'Auxerre de son côté y trouverait un facile écoulement de ses vins et pourrait économiquement s'approvisionner de merrains, cercles et échalas. L'on devait donc souhaiter le prompt achèvement du canal, et le département de la Nièvre devait en supporter les frais avec les départements de la Loire, de l'Allier et de l'Yonne, qui en tireraient également profit. Toutefois, ajoutait Frappier, il y avait dans le projet certains inconvénients d'une grave importance. Si le canal s'arrêtait à Surgy, sans que Ton pût naviguer jusqu'à Auxerre et Paris, le commerce local en souffrirait, les productions du sol se trouvant facilement exportées, sans procurer d'occupations aux ouvriers ; les forges seraient détruites par le canal,
1. Arch, départ, de la Nièvre, Délibérations du district de Gosne, t. I, f. 78 v\
les ouvriers employés aux fers se trouveraient sans travail. Il fallait donc de toute nécessité que la navigabilité fût assurée au moins jusqu'à Auxerre, et que pour sauvegarder les forges, le lit du canal fût indépendant du cours du Nohain. Il faut observée que la pro^ duction des fers est de beaucoup au-dessous de la consommation, qu'on doit en tirer beaucoup de l'étranger ; nous pensons donc que le canal ne peut être exécuté qu'en creusant un autre lit que celui de la rivière actuelle ; des moulins seront sans cela détruits, d'autres et des usines souffriront de son exécution, étant privés d'eau. Les forges n'auront plus le même cours d'eau, et il faudra indemniser les propriétaires ; ces indemnités seront considérables. En faisant un lit nouveau, on évitera beaucoup d'écluses, mais il y aura toujours beaucoup à construire, d'où une grande dépense, surtout de la queue de Tétang de Saint-Cyr à Ûruyes, sur deux lieues et demie de terrain creux, rempli de craie, de pierrailles et de roches ; il faudra couper une montagne ou la percer du côté de Druyes. Sans doute il n'y a pas d'impossibilité, mais la dépense sera énorme. Convient-il, la dette de l'Etat étant fantastique, de contracter de nouveaux engagements? » * Et il concluait en demandant que l'on commençât les travaux par la partie la plus difficile, entre Entrains et Druyes, afin de se rendre compte du prix de revient^ et que l'on établisse un devis pour frais de construction, indemnités, difficultés, afin que l'on ne se trouvât pas engagé pour une somme de beaucoup supérieure à l'évaluation primitive. Finalement^ la municipalité, après avoir entendu le procureur de la commune, Guillaume Jovet,
1. Arch, mnnicip, de Donzy^ Registre des délibérations du 7 février 1790 au 24 avril 1793, f* 58 v°. Les officiers municipaux étaient J.Joseph-Antoine Deschamps, Guil, Jovet, P. Gaulon.
se rallia à Topinioa de Frappier, dont le discours fut, le 27 octobre, envoyé au directoire de Cosne *. Les deux avis favorables furent transmis sans tarder à Tadministration du département *.
Pendant ce temps, Amelot et Frignet essayaient d'intéresser des personnages influents à leur entreprise. L'un d'eux fut le célèbre agronome Moreau de la Rochette % qui depuis 1785 était chargé de la surveillance des» bois de la consommation pour Paris, et dont l'avis pouvait être prépondérant ; ils lui avaient confié tous les plans du canal, afin qu'il les transmît à M. de Breteuil *. Malheureusement ce dernier émigra pour la Suisse ; on ne retrouva plus trace des papiers qui lui avaient été confiés et que probablement il avait emportés avec lui. *
Malgré ce contre-temps, on semblait approcher d'une heureuse solution. La municipalité de Cosne,"