ArcK nat, E 889% n
2. Charles-Henri de Malon, seigneur de Bercy, Gonflans et Gharenton, né en janvier 1676, mort en 1742. Après avoir été conseiller au Grand conseil (1701), maître des requêtes (1706), directeur général des Ponts-et-Ghaussées de France (1708), il devint conseiller d'État et intendant des finances en 1709, il fut disgracié et exilé en 1715. En 1714 il avait été nommé membre honoraire de l'Académie des inscriptions. H avait épousé en 1705 Gharlotte-Angélique Desmaretz, fille du contrôleur général.
3. Victor-Marie, comte, puis duc d'Estrées en 1723 à la mort de son cousin Louis-Armand, était fils de Jean, comte d*Estrées, et petit-fils de François Annibal, premier duc d'Estrées. Né le 30 novembre 1660, il fut capitaine de vaisseau en 1678, vice-amiral en survivance en 1684, lieutenant général des flottes d'Espagne en 1701 ; maréchal de France en 1703; grand d'Espagne et chevalier de la Toison d'or en 1704, chevalier des ordres du roi enl705, vies-amiral, vice-roi d'Amérique, gouverneur de Nantes, en 1707, à la mort de son père, et conseiller du conseil de régence en 1715. Président du conseil de marine, membre de l'Académie des sciences (1707), de l'Académie
12 LA JONCTION DE LA LOIRE ET DE l'yONNE
intéressés au caaal de Briare et par le duc d'Orléans était fait pour séduire. Aussi en 1716 le maréchal d'Estrées présenta-l-il une requête au conseil du roi, da ns laquelle il déclarait se charger volontiers de la dépense que nécessiterait Texécution du projet, « s'il plaisait à Sa Majesté luy accorder pour Ten dédommager les mêmes et semblables droits et privilèges que ceux accordés pour le canal de Briare >. Le conseil, y compris le Régent, accueillit favorablement la requête, mais avant d'y faire droit, exigea une nouvelle enquête. M. de Baudry, intendant de la maison et des biens d'Orléans en fut chargé, tandis que M. Le Poittevin était prié de dresser un nouveau devis estimatif des ouvrages ^
Ce dernier se mit ausitôt à l'œuvre. « Je puis, écrivait-il le 29 avril 1716 à M. de Baudry, dire en vérité que ce canal sera fort utile pour le commerce. L'on trouvera des bois pour la construction des vaisseaux ; il ne faut qu'un débouché au pays pour faire sortir tous les bois qui sont inépuisables et dont on ne saurait rien faire présentement ; les chanvres, les mines, les avoines et graines ne se peuvent transporter qu'avec beaucoup de peines et de dépenses. »De son côté, le nouvel intendant d'Orléans, Louis-Guillaume Jubert de BouviUe *, qui avait succédé à son père en 1713, ne se montrait pas moins optimiste.* L'utilité que les peuples riverains percevront de ce canal, mandait-il
française (1715), de l'Académie des Inscriptions (1725),ministre d'État (1733), il avait épousé en 1698, Lucie-Félicité de Noailles, fille de Anne-Jules et de Marie-Françoise de Boumonville. 11 mourut le 28 décembre 1737.
1. Arch. nat,, E 889% n* 314. Arrêt du 29 août 1716 signé : Voysin, Villeroy, Tascherau, Baudry.
2. Louis-Guillaume Jubert de BouviUe, comte de Saint-Martin, fils de Michel-André, avait été intendant à Alençon de juin 1708 à 1713 ; il devint alors intendant d'Orléans jusqu'en 1729.
le 26 octobre à M. de Baudry, De peut être mise en doute. J'ai vu et examiné le procès- verbal dressé en 1708 par le subdélégué de cette intendance à Clamecy à ce sujet, et m'étant informé particulièrement dans le pays, je me suis aperçu que la joye seule que les provinces que ces rivières arrdsent font paraître de l'espérance de cette entreprise, seroit capable d'en persuader les personnes qui ne la connoissent pas. Il est certain qu'elles ont grande raison ; la facilité de transporter leurs marchandises et leurs denrées leur en procurera le débit à bon prix ; les fermiers généraux pourront d'ailleurs porter les sels dans une infinité de greniers à très bon marché ; je crois donc qu'il est de l'utilité publique d'accepter la proposition pour la jonction des deux rivières et d'accorder à qui fera cette entreprise la perception des mêmes droits que ceux qui se lèvent au canal de Briare et les
mêmes privilèges *. »
Les études faites sur place confirmèrent ces premiers pronostics, et après deux années de préparation, le projet semblait suffisamment avancé pour que l'on ne doutât pas de l'autorisation royale. Aussi Amelot et le maréchal d'Estrées s'occupèrent-ils, sans tarder, de constituer une société pour entreprendre l'exploitation du canal de jonction de la Loire et l'Yonne, de Cosne à Coulanges ou Surgy.
Le 5 mars 1719, par acte passé devant Boscheron, notaire à Paris ^ le maréchal d'Estrées céda son privilège, sous condition d'obtenir les lettres patentes et le tarif des droits à percevoir à une société formée par Nicolas du Baret ^ seigneur de Limé, écuyer,