SOCIÉTÉ
Ce fut vraisemblablement eu 1707 qu'ua projet fut soumis au conseil du Roi par Jean-Baptiste Amelot *,
1. Il est assez difûcile de dégager les origines de ce personnage. On pourrait croire, d'après quelques notes du Nouveau d'Hozier {Bibl, nat,, Nouveau d'Hozier ^ t. VIII, dossier Amelot), que Jean-Baptiste Amelot serait le troisième fils de Charles Amelot, seigneur de Gournay, conseiller du roi, maître ordinaire des requêtes de Thôtel, président au grand conseil, et de Marie Lyonne ; le 15 janvier 1664, on baptisa en Téglise Saint- Paul, à Paris, un enfant de ces prénoms, fils <lesdits Charles Amelot et Marie Lyonne; une note des Dossiers, bleus (t. XIII, p. 96), fait connaître que cet enfant mourut le 3 mars 1665. D'autre part, nous possédons un certain nombre d'actes concernant Jean- Baptiste Amelot; aucune qualification ne l'accompagne, ce qui «st surprenant pour un personnage appartenant à une famille alors si haut placée que celle des marquis de Gournay. En outre l'acte d'asso- •ciation fait en 1736 pour la constitution d'une nouvelle société du •canal de Gosne, réserve en faveur d' Amelot une lettre de noblesse» ce dont il n'aurait pas eu besoin, s'il eut appartenu à la famille Amolot de Gournay. Enfin son acte de décès, du 27 mars 1742, nous fait connaître qu'il avait alors 68 ans, c'est-à-dire dix ans de moins ^e n'aurait eu le fils de Charles Amelot, né en 1664. L'ingénieur qui
10 LA JONCTION DE LA LOIRE ET DE lVoNNE
ingénieur des ponts et chaussées. Le conseil accueillit favorablement son dessein, et le contrôleur général Desmarets chargea son beau-frère André Jubert de Bouville *, intendant d'Orléans, de procéder à une enquête. Sur les ordres de Bouville, le subdélégué éta-
nous intéresse dut donc naître vers 1674. Cette supposition est confirmée par une note du même dossier Amelot dans le Nouveau dHozier (pièce 22). € M. Jean-Baptiste Amelot était né à Gosne Tan 1673 à 1675 ; il mourut à Paris et fut inhumé à Saint-Sulpice en mars 1742, âgé de 68 ans.» Or les anciens registres paroissiaux de l'église de Saint-Aignan de Gosne renferment à la date du 25 septembre 1674 Tacte suivant, qui se rapporte peut-être à Jean-Baptiste Amelot. € L'an mil six cent soixante -quatorze, le vingt-cinquième jour de septembre est né et a été baptisé le lendemain vingt-sixième dudit mois, Jean, fils de bon. homme Jean Amelot, marchand ganthier, dans ce faubourg de Saint- Agnan, et de Anne Rimbauld, ses père et mère, de cette paroisse. Le parein a esté h. homme Jean Amelot son* grand-père, marchand demeurant au Lyon d'Or, dans ce faubourg, et la mareine h. femme Françoise Resmond, femme d*h. homme François Gaudry, marchand apothicaire, demeurant aussi dans ce faubourg, et de ladite paroisse. Le parein a déclaré ne sçavoir signer ». Amelot eut pour première femme Nicole Burtavon, morte avant 1718 ; le 14 février de cette dernière année, Amelot, qualifié entrepreneur des travaux du roi épousait en secondes noces, en la paroisse Saint-Jacques-le-Majeur, à Paris, Marie- Anne Lemoine, âgée de 29 ans, fille de Simon Lemoine, huissier au Ghâtelet et de feue Glande Fayet {Bibl. nat., ïbid., pièce 13). Amelot mort en mars 1742, eut plusieurs enfants: Hippolyte, qui fut lieutenant au régiment de Grassins en 1750, puis partit pour la Louisiane, où on le trouve capitaine et ingénieur en chef ; en octobre 1759,il reçut la croix de Saint-Louis, et périt en mer ; Jean Henry né en 1727, qui devint contrôleur général des droits réunis en Languedoc ; une fille Anne-Marie qui épousa Henri Frignet, ingénieur.
1. Michel- André Jubert de Bouville, fils d'un conseiller au parlement de Rouen, neveu du premier président Novion, était né en juillet 1645. Successivement avocat à la Gourdes aides de Paris (1664) maître des requêtes (mars 1674), intendant à Limoges (1676), à Moulins (1677), à Alençon (1682), une seconde fois à Limoges (1689), il devint intendant d'Orléans de 1694 à 1709. Gonseiller d'État semestre depuis 1696, il devint conseiller d'État ordinaire en 1709, en remplacement de la Reynie, gouverneur de Vernon depuis 1697, et mourut en novembre 1720. Il avait en 1664 épousé Françoise-Nicole Desmaretr,. sœur du contrôleur général.
bli à Clamecy se transporta sur les lieux et dressa un procès-verbal des « avantages que procurerait Texécution de ce projet aux habitans des villes de Cosne, Clamecy, Vezelay, Avallon, Donzy et autres et des paroisses voisines de ladite rivière [de Nohain], pour le débit des vins, bleds, avoine, bois de charpente et à brusler, merreins, lattes et autres, laines et fers et autres marchancjisesjde la vente desquelles ils sont privés par la difficulté qui se trouve dans leur transport » *. ^ Le mémoire, rédigé par le subdélégué, parvint à Paris en 1710. Après Ta voir examiné, l'intendant général des finances, M. de Bercy ^, chargea un ingénieur, M. Le Poittevin,de dresser les plans et devis du canal projeté.
Bien que, pendant plusieurs années, on n'ait aucune trace de l'affaire, on peut supposer que l'on s'en occupait toujours, et que le résultat du travail de Le Poittevin avait été favorable, car Amelot réussit bientôt à s'assurer le puissant appui du maréchal d'Estrées ^. L'exemple des fructueux résultats obtenus par les