CONCLUSIONS
On peut donc observer chez la femme, après amputation périnéale du rectum avec ablation totale ou partielle de la paroi antérieure du vagin, des prolapsus génitaux. Tantôt il ne s'agit que de l’aggravation très considérable et très repide, il est vrai, d’un prolapsus léger antérieurement conslaté; tantôt on ne trouve aucune notion d’un prolapsus dans les antécédents de la malade, mais avant d'attribuer à l’amputation périnéale la responsabilité totale de cette complication, il faudrait être certain qu’elle n'existait pas déjà à l’état d’ébauche passée inaperçue avant l’opération.
Ces cas de prolapsus sont rares, et l’on est surpris qu'ils ne soient pas plus nombreux et plus souvent observés.
Causes prédisposantes du prolapsus. — Le point de technique dans l’'amputation périnéale du rectum qui semble être la principalé cause du prolapsus est la résection de la cloison recto-vaginale non suivie de reconstitution du tube vaginal ou terminée par une désunion des sutures.
Enfin, on peut peut-être aussi incriminer la présence au fond de la brèche périnéale d’une anse sigmoïde laissée ouverte, qui déverse, malgré l’exclusion, par l’anus iliaque, quelques glaires septiques, empêche le rapprochement d’emblée des bords postérieurs de la plaie périnéale et en retarde par suite la cicatrisation.
Traitement curalif. — I vaut mieux cliver la paroi postérieure du vagin que la réséquer dans tous les cas où le cancer ne siège pas sur la paroi antérieure du rectum. Le gain de temps apporté par la résection ne compense pas les incon-
SRUE
vénients d’une résection systématique et non indiquée par l’envahissement néoplasique. La résection de la cloison, faite uniquement dans un but de facilité technique, doit donc être proscrite.
Il vaut mieux fermer par invagination au fond de la brèche le bout de la sigmoïde, exclue par la présence de l’anus iliaque gauche.
On peut aussi fermer partiellement la partie postérieure de l'énorme cavité périnéale, en mieux diriger la cicatrisation et espérer qu'un bloc fibreux cicatriciel se posera à la descente. des organes.
La cure des prolapsus met en évidence la valeur des opérations abdominales, vers lesquelles on tend à revenir aujourd'hui, avec l’hystéropexie isthmique, le cloisonnement du Douglas et la manœuvre de la eystopexie par voie abdominale, qui semble apporter à cette cure un utile complément.