‹ Prolégomènes a toute métaphysique future qui aura le droit de se présenter comme scienceChapitre 19 sur 83 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

La nature est X existence des choses en tant quelle est déterminée suivant des lois universelles. S’il fallait entendre par nature l’existence des choses en ellesmêmes, nous ne pourrions jamais la connaître, ni a priori ni a posteriori. Ni a priori , car comment voudrions-nous savoir ce qui convient aux choses en ellesmêmes, puisque le fait est impossible par la décomposition de nos notions (propositions analytiques).

par la raison que je ne veux pas savoir ce qui est contenu dans ma notion d’une chose (car cela fait partie de son essence logique) , mais ce qui, dans la réalité de la chose convient à cette notion , et par quoi la chose même est déterminée dans son existence en dehors de ma notion. Mon entendement, et les conditions sous lesquelles seules il peut lier les déterminations des choses dans leur existence , ne prescrit aux choses mêmes aucune règle; ces règles ne se déterminent pas sur mon entendement; c’est au contraire mon entendement qui doit se régler sur elles. Elles devraient donc m’être données d’abord pour en tirer ces déterminations, et alors elles ne seraient pas connues a priori.

Une telle connaissance de la nature en soi est également impossible a posteriori. En effet, si l’expérience doit m’apprendre les lois auxquelles l'existence des choses est soumise, alors ces lois, en tant qu’elles concernent les choses en soi, leur conviennent nécessairement encore en dehors de mon expérience. Or l’expérience m’apprend bien ce qui existe et comment il existe, mais jamais qu’il doive être nécessairement ainsi et pas autrement. Elle ne peut donc jamais faire connaître la nature des choses en soi.

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