‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 23 sur 98 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

La Talidité objective et Tuniversalité itéoessaire (pour chacun) sont donc des notions réciproques, et quoique nous ne connaissions pas l'objet en soi, lors cependant que nous regardons un jugement comme universellement valable et par conséquent comme né* cessaire, nous entendons par là précisément la validité objective. Par ce jugement nous connaissons Tobjet (si inconnu d ailleurs qu'il puisse être en lui-même) ; par la liaison universellement valable et nécessaire des perceptions données, — comme c'est le cas de tous les objets des sens, — les jugements d'expérience emprunteront donc leur valeur objective, non pas de la connaissance immédiate de lobjet (laquelle est impossible), mais uniquement de la condition de la valeur universelle des jugements empiriques, valeur qui, comme on Ta déjà dit, ne repose jamais sur les conditions empiriques, sur des conditions sensibles en général, mais sur une notion intellectuelle pure. L'objet reste donc toujours inconnu en soi; mais si la liaison des représentations qui sont données par l'objet à notre sensibilité reçoit une valeur universelle par la notion intellectuelle, l'objet se trouve déterminé par ce rapport, et le jugement est objectif.

C'est ce que nous allons expliquer, Qu'une chambre soit chaude^ que le sucre soit doux, l'absinlheacaière (1),

(1) Je reconnais volontiers que ces exemples ne sont pas des juge* ments perceptifs qui puissent jamais être des jugements d'expérience, même en y ajoutant une notion intellectuelle, parce qu'ils se rapportent

POSSimUlâ !^ lA PHYI»(^ PURB. 79

ce sont là des jugements d'une i^aleur purement subjective. Je ne demande pas de sentir toujours ainsi, ou que chacun sente comme je dois sentir. Ces jugements n'expriment qu'un rapport de deux sensations à un même sujet, moi-même, et moi seulement dans mon état actuel de perception, et ne valent par conséquent pas relativement à l'objet; je les appelle donc des jugements perceptifs. Il en est tout autrement du jugement expérimental. Ce que Texpérience m'apprend dans certaines circonstances, elle doit me l'apprendre toujours et à chacun, et sa valeur ne se borne pas au sujet ou à son état du moment. J'énonce donc tous ces jugements comme objectivement valables, lors , par exemple, que je dis : L'air est élastique , ce jugement n'est immédiatement qu'un jugement de perception ; je rapporte deux sensations l'une à l'autre dans mes sens. Pour que je puisse l'appeler un jugement d'expérience, il faut que cette liaison soit soumise à une condition qui la rende universellement valable. Il faut donc que je sois toujours et que chacun soit comme moi dans la nécessité de faire cette liaison dans les mêmes circonstances.

uniquement 'à la sensation , que chacun connaît d^une manière t>tirement subjective, et qu^ils ne peuvent par conséquent jamais étce objectifs. Je ▼oulais seulement donner un exemple du jugement d'une valeur pure* ment subjetstive/et qui ne renferme aucune raisoia d'une valeur nécessairement universelle et d'un rapport à l'objet. On verra dans la note sui*vante l'exemple des jugements de perception, qui sont des jugements 4^e^;>érieDae par reddition d'une notion kitellectuelle.

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