‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 24 sur 98 · XX · texte numérisé non relu

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Nous devrons donc décomposer une expérience en général pour voir ce qui est contenu dans ce produit de rentendemént, et de quelle manière le jugement expérimental est lui-même possible, 11 a pour base l'intuition, dont j ai conscience, c'est-à-dire une perception (perceptio), qui n appartient qu'aux sens. Il faut en second lieu le jugement (qui est l'affaire propre de l'entendement). Ce jugement peut être de deux sortes, suivant que je compare simplement les perceptions et que je les réduis à une conscience unique de mon état, ou qu'au contraire je les unis en une conscience en général. Le premier de ces jugements n'est qu'un jugement perceptif et n'a qu'une valeur objective; c'est une simple liaison des perceptions dans mon état interne sans rapport à l'objet. 11 ne suftît donc pas pour qu'il y ait expérience, confme on se le figure ordinairement, qu'il y ait liaison en une seule conscience par le moyen du jugement ; il n'y aurait là ni universalité de valeur ni nécessité du jugement, seules conditions cependant de valeur objective et d'expérience.

Pour qu'il y ait expéri n il faut

encore un jugement tout là. L'in-

tuition donnée doit être ! ition qui

détermine la forme du juj par rap-

port à l'intuition, qui relie la conscience empirique de l'intuition en une seule conscience en général, et donne ainsi aux jugements empiriques une valeur

POSSmiUTÉ DE U l>iiYSIQUB PURE. 8i

universelle : cette notioa est une notion intellectuelle pui enoient à déterminer la ma-

nié peut servir aux jugements.

Soi mse; elle détermine Tintui-

tioi ie, par exemple celle d'air,

par it en général, que la notion

d a i dilatation, dans le rapport

da t, a son usage dans le juge-

ment hypothétique. La notion de cause est donc une notion intellectuelle, entièrement différente de toute perception possible, et qui ne sert qu*à déterminer la représentation à elle soumise, par rapport au jugement en général, par conséquent à rendre possible un jugement d'une valeur universelle.

Il faut donc pour qu'il puisse y avoir jugement de l'expérience par un jugement de perception, que la perception soit subsumée à une notion intellectnelle, par exemple, l'air est soumis à la notion de cause, notion qui détermine comme hypothétique le jugement sur l'air par rapport à l'expansion (1). Et

i représentée comme ap-

perception de l'^ir dans

de mes états, ou dans

Aie à comprendre > je prends le Te il réchauffe. Ce jugement est 3 de nécessité^ quel que soit le i ayons fait Texpérience; seulea liées. Mais si je dis : Le soleil , » de la cause s'ajoute h la percep-

Tapparition du soleil celle de la étique nécessairement universel, pai conséquent objectif, et le fait passer de l'état perceptif à l'état expérimental.

Tétat de la perception des autres, mais comme y appartenant nécessairement; et ce jugement : L'air est élastique, devient d'une valeur universelle, et un jugement expérimental par le fait que certains jugements précèdent, qui subsument l'intuition de l'air à la notion de cause et d'effet, et déterminent ainsi les perceptions, non pas purement entre elles dans mon sujet, mais par rapport à la forme du jugement en général (ici la forme hypothétique), et donnent ainsi au jugement empirique une valeur universelle.

Si l'on décompose tous les jugements synthétiques, en tant qu'ils valent objectivement, on trouve qu'ils ne se composent jamais del simples intuitions qui aient été liées, comme on le croit communément, par simple comparaison en un jugement , mais qu'ils seraient impossibles si une notion intellectuelle pure ne venait s'ajouter aux concepts tirés de l'intuition à laquelle ces concepts sont subsumés, et unis enfin en un jugement objectivement valable. Les jugements mômes de la mathématique pure dans leurs plus simples axiomes ne sont pas exempts de cette condition. Le principe : La ligne droite est la plus courte entre deux points, suppose que la ligne est subsumée à la notion de grandeur, notion qui n'est certainement pas une simple intuition, mais qui n'a son siège que dans l'entendement , et sert à déterminer l'intuition (de la ligne) par rapport aux jugements qui peuvent en être portés relativement à sa quantité , c'està-dire à leur pluralité (judicia plurativa) (1), puisqu'il

(1) Je préférerais cette dénomination à celle Aq particularia qu'on leur

POSSIBiLTHÉ! DE U PHYSIQUE MJRB. 83

est entendu par ces jugements que plusieurs choses de même espèce sont contenues dans une intuition donnée.

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