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Une mathématique et une physique pures n'avaieiïl besoin, dans t intérêt de leur sûreté et de leur certitude, id'aucune déduction telle que je Tai donnée pour chacune d'elles; car la première se fonde sur sa propre évidence, et la seconde, quoique sortie des pures sources de Tentendement, eist cependant basée sur l'expérience et sur la confirmatioti constante qu'elle peut en recevoir, dont elle ne peut par conséquent pas plus répudier le témoignage qu'elle ne pourrait s'en passer, parce que avec toute sa t^ertiude , comme pbi^ losophie, elle n'est jamais comparable aux mathéma* tiques. Ces deux sciences ont donc nécessité ladite recherche, non pour elles-mêmes , mais dans l'intérêt d'une autre science, la métaphysique.
La métaphysique s'occupe non seulement des notioiLs naturelles qui trouvent toujours leur applicaition dans l'expérience, mais encore des notions pures de la raison qui ne sont jamais données que dans une expérience possible, par conséquent de notions dont la réalité objective (alors même qu'elles ne seraient que des chimères), et d'affirmations dont la vérité ou là fausseté ne peut être confirmée ou déclarée par aucune expérience. Cette partie de la métaphysique est
en oatnB celle qui en constitue le but essentiel , pour lequel tout te reste nest qu'un moyen; ce qui fait que cette science a besoin pour eile^méme d'une pareille déduction. La troisième question qui s'offre à nous maintenant concerne donc comme le noyau et l'essence de la métaphysique , c'est-à-dire l'applica^ tion de la raison à elle-même, et , puisqu'elle couYe ses propres notions, la connaissance des objets qui en résulte présumablement, sans avoir besoin pour cela de l'interyention de l'expérience, et sans qu'on puisse en général y parvenir par ce moyen (1).
Si cette question reste sans réponse, la raison n'est jamais satisfaite. L'jjsage expérimental auquel la raison restreint l'entendement pur, ne remplit pas toute sa propre destinée. Chaque expérience particulière n'est qu'une partie de l'étendue complète de son domaine ; mais V ensemble absolu de toute r expérience possible n'est plus une expérience ; mais c'est cependant un problème nécessaire aux yeux de la raison , pour la simple représentation duquel il lui faut de tout autres notions que ces notions intellectuelles pures dont l'usage n'est qn immanent , c'est-à-dire n'a de rapport qu'à l'expérience, si étendue qu'elle puisse être, au lieu que les notions rationnelles ont pour ob-
(1) Si Ton peut dire qu'une science est réelle au moins dans Vidée de tous les koinmes^ dès qu^il est certain que les problèmes qui y conduisent sont présentés par la nature à la raison humaine de chacun^ et qu'ils sont par conséquent Tobjet constant, inévitable, d'une multitude de recherches, quoique infructueuses^ il faudra dira aussi qu'il y a réellement une métaphysique subjective (et môme nécessairement), et se demander alors avec raison comment elle est poesible (objectivement).
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jel rint^ralité, c'est-à-dire Tunité collective de toute Texpérience possible, et, dépassant ainsi toute expérience donnée, deviennent transcendantes.
De même donc que Tentendement a besoin des cat^ories pour lexpérience , de même la raison contient en soi le principe des Idées, c est-à-dire des notions nécessaires dont Tobjet cependant ne peut être donné dans aucune expérience. Les dernières sont dans la nature de la raison au même titre précisément que les premières sont dans la nature de lentendement, et si celles-là emportent avec elles une apparence qui peut facilement séduire, cette apparence est inévitable quoiqu'on puisse bien se défendre d'être entraîné.
Comme toute apparence consiste en ce que le principe subjectif du jugement est considéré comme objectif, une connaissance de la raison pure par ellemême dans son usage transcendant (infini) sera Tunique préservatif contre les égarements dans lesquels tombe la raison lorsqu'elle s'abuse sur sa destinée, et qu'elle rapporte d'une manière transcendante à un objet en soi ce qui ne concerne que son propre sujet et sa conduite dans tout usage immanent.