‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 47 sur 98 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

Le propre de toutes les connaissances intellectuelles est de se donner leurs notions dans l'expérience, et de faire confirmer par elles leurs principes. Les connaissances rationnelles transcendantes au contraire ne donnent point expérimentalement ce qui concerne leurs Idées, et ne font jamais confirmer ni infirmer leurs propositions par l'expérience. Par conséquent l'erreur qui pourrait s'y glisser ne peut être découverte que par la raison pure elle-même, ce qui est très

in PROLÉÔOUËinSS A LA MÉTAPffYSIQCIS.

difficile, précisément parce que cette raison ^t natu-* rellement dialectique avec se» Idées, et q»e cette ap* parence inévitable ne peut être contenue dans ses justes limites par aucune investigation objective et dogmatique des choses, mais uniquement par des re* dierches subjectives, par Texamen de la raison même comme source des Idées.

§ XLUL

Ma plus grande préoccupation dans la Critique a toujours été non seulement de distinguer avec soiiï les espèces de connaissances, mais aussi de pouvoir seulement assigner à chacune d'elles les notions de soiirce commune qui lui conviennent, afin de savoir par là non seulement d où elles proviennent, et d'en pouvoir dé* terminer Tusage avec certitude, mais aussi pour avoir lavantage encore inattendu jusqu'ici, quoique précieux, de connaître parfaitement, par conséquent par principes, le nombre, la classification et les espèces des notions a priori. Sans cela tout en métaphysique n'est que pure rhapsodie, où personne ne sait jamais si cequll possède suffit, ou s'il ne manquerait pas encore quelque chose, et en quoi. On ne peut certainemait avoir cet avantage que dans la philosophie pure ; c'en est même l'essence.

Comme j'avais trouvé Torigine des catégories dai» les quatre fonctions logiqubs de tous les jugements de l'entendement, il était bien naturel de chercher l'orîgine des Idées dans les trois fonctions des raisonnements rationnels; car dès qu'une fois des notions

POàUBfUTÉ ^'UNB^MÉTAPQYSIQUB. ISS

rationneUes pures (des Idées transeenSaotales) sont données, elles ne peuvent (à moins qu'on ne veuille les considérer comme innées), être trouvée que dan» la même opération rationnelle qui, en ; tant qu'elle concerne simplement la forme, représente le côté logique des raisonnements rationnels, mais qui, en tant qu'elle représente les jugements intellectuels comme déterminés a priori par rapport à une forme ou à une autre, constituent les notions transcendantales de la raison pure.

La difiérence formelle 4es raisonnements rationnels rend nécessaire leur diyision en catégoriques, hypothétiques et.disjonctifs. Les notions rationnelles qui trouvent Ih leur fondement contiennent donc : 1* ridée du sujet parfait (substantiel) ; 2° l'Idée {de la série coipplète des conditions; 3"* la détermination de toutes les notions dans l'Idée d'un complet ensemble du possible (1). La prenaière Idée était psychologique, la seconde cosmologique , la troisième Ihéologique, et comme toutes, trois prêtent à une dialectique, et cependant chacune d'elles à sa cnanière, la division de toute la dialectique de la raison pure opère en con-

(1) Dans le jugement disjouctif noas considérons toute la possibilité, par rapport à une certaine ûotion, comme divisée. Le principe ontologique de la détennination uniyersclle d'une chose en général (de tous le» prédicats opposés possibles U eo est un qui convient à chaque chose) qui est en même temps le {Hmieipe de Ions les Jugements disjonctifs, suppose l'ensemble de toute la possibilité, ensemble où la possibilité de chaque chose en général est régardée comme détermbiée. Ceci peut servir jusqu'à un certain point à expliquer le principe précédent, à savoir : que l'acte de la raison dans les raisonnements rationnels est le même quant h la forme que celle ^î lui sert à produire l'Idée d'un ensemble de toute réalité. Idée qui contient te positif de tous les prédicats opposés entre eux.

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séquence comme il suit : le Paralogisme^ rAutinomie et l'idéal de la raison pure. Par cette dérivation nous sommes parfaitement sûrs que toutes les prétentions de la raison pure se trouvent ici pleinement reprémntées, qu'il n'en est aucune qui n'y trouve sa place, parce que la faculté de raisonner elle-même, doù elles tirent toute leur origine, est par là complètement parcourue,

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