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On peut divaguer de bien des manières en métaphysique sans même appréhender d'être surpris dans Terreur. Pourvu en effet qu'on ne se contredise pas, ce qui est très possible dans les propositions synthétiques, quoique entièrement imaginaires, nous ne pouvons jamais être contredits par Texpérience dans tous les cas otL les notions que nous lions sont de pures idées qui ne peuvent absolument pas être données quant à leur entier contenu) dans l'expérience. Comment en effet décider par expérience si le monde est éternel ou s'il a un commencement ; si la matière est divisible à l'infini ou si elle est composée de parties simples? De pareilles notions sont en dehors de l'expérience, même de la plus étendue, et la fausseté du pour ou du contre ne peut se découvrir par cette pierre de touche.
Le seul caa possible oti la raison découvrirait malgré elle la dialectique secrète qu'elle donne faussement pour dogmatique, serait celui où elle assolerait une assertion sur un principe universel, et oti d'un autre principe aussi bien fondé résulterait de la manière la plus rigoureuse tout le contraire. Or c'est ici le cas, et même par rapport aux quatre Idées naturelles de la raison, d'où résultent d'un côté quatre assertions, et d'un autre côté quatre propositions diamétralement opposées aux précédentes , et chacune déduite avec une conséquence rigoureuse de principes recon-
lH)SSiaiUTÉ D'UKE BIÉTAPHYSiQUE. 141
nus pour universels, et qui par là témoignent dans Tusage de ces principes de l'apparence dialectique de la raison pure, apparence qui autrement eût pu rester éternellement cachée.
Il y a donc ici une expérience décisive, qui doit nécessairement nous révéler un vice secret dans les suppositions de la raison (1). Deux propositions qui se contredisent Tune l'autre ne peuvent être fausses toutes deux, excepté le cas où la notion même qui leur sert de fondement commun est elle-même contradictoire; par exemple les deux propositions : Un cercle quadrangulaire est rond, et Un cercle quadrangulaire n est pas rond, sont fausses toutes les deux. Car la première est fausse puisqu'il n'est pas vrai qu'un cercle carré soit rond, attendu qu'il est carré; mais il est faux également que ce qui est un cercle né soit pas rond, ou qu'il ait des angles. Le caractère logique de l'impossibilité d'une notion consiste précisément en ce que sous la supposition de celte notion deux propositions contradictoires seraient fausses en même temps, et qu'ainsi rien d'intermédiaire entre elles ne pouvant être conçu, rien absolument n'est pensé par cette notion.
(i) Je désirerais donc que le lecteur judicieux s'occupât surtout de cette antinomie, parce que la nature même semble Tavoir établie pour corriger la raison opinîAtrée dan9 ses prétentions et la forcer à Tezamen d*eUe-même. Je me fais fort d'établir chaque preuve que j'ai donnée à l'appui de la thèse et de l'antithèse^ et de prouver ainsi la certitude de l'inévitable antinomie de la raison. Si donc le lecteur est amené par ce fait singulier à revenir sur ses pas pour examiner la supposition fondamentale dans la circonstance^ il se trouvera -forcé de rechercher avec moi le premier fondement de toute la connaissance de la raison pure.
us PftOLteOMiNBS A LA MÉTAPHTSiQUE.