LIMITES NÉCESSAIRES DE U RAISON PURE
faction, et, ce qui peut se faire commodément aussi, sans tomber dans lanthropomorphisme , qui transporte des prédicats tirés du monde sensible à un être tout différent du monde, puisque ces prédicats ne sont que de simples catégories qui n'en donnent aucune notion déterminée, mais non plus, par la même raison, aucune notion restreinte aux conditions de la sensibilité) : rien alors ne peut s'opposer à ce que nous attribuions à cet être une causalité par raison à regard du monde, et à ce que nous nous élevions ainsi au théisme, sans être obligés de lui attribuer cette raison en lui-même, comme une propriété qui lui serait inhérente. Car, en ce qui regarde le premier point, c'est l'unique voie possible pour porter au plus haut degré l'usage de la raison, par rapport à toute expérience possible, universellemc elle-même dans le monde sensible, même de nouveau une raison sup cause de toutes les liaisons dans h principe doit toujours lui être 8 jamais pouvoir lui nuire dans son Quant au second point, la raison n'eî transportée par là comme qualité à soi, mais seulement à son rapport ai et de cette manière se trouve entièrement évité l'anthropomorphisme. Car il ne s'agit ici que de la cause de la forme rationnelle, qui se rencontre partout dans le monde , et si la raison est attribuée à l'être suprême , en tant qu'il contient le principe de cette forme rationnelle du monde, ce n'est que par ana-
logie, c*est-à-dire en tant que cette expression montre seulement le rapport de la cause suprême à nous inconnue avec le monde, pour y déterminer raisonnablement toute chose au plus haut degré. De cette manière donc on évite de se servir de la propriété de la raison pour concevoir Dieu; on ne s*en sert que pour concevoir le monde , comme il le faut bien, si Ton veut avoir le plus grand usage possible de la raison par rapport au monde suivant un principe.
Nous avouons donc que Têtre suprême, considéré en lui-même, nous est tout à fait impénétrable , et inconnaissable même durhe manière déterminée, ce qui nous empêche, d après les notions que nous avons de la raison comme cause efficiente (à Taide de la volonté), d'en faire aucun usage transcendant pour déterminer la nature divine par des propriétés qui cependant sont toujours prises de la nature humaine, et de nous perdre dans de grossières et mystiques notions. Par là nous évitons aussi de noyer la contemplation du monde, d'après des notions de la raison humaine transportées à Dieu , dans des explications hyperphysiques , de détourner cette contemplation de sa fin propre , suivant laquelle elle doit être une étude de la simple nature par la raison, et non une dérivation téméraire des phénomènes physiques, d'une raison suprême. L'expression qui convient à nos faibles notions sera donc : que nous concevons le monde comme s'il dérivait^ quant à son existence et *à ces déterminations internes, d'une raison suprême ; ce qui nous permet , d'une part , de