‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 66 sur 98 · LIMITÉS NÉCESSAIRES DE LA RAISON PURE · texte numérisé non relu

LIMITÉS NÉCESSAIRES DE LA RAISON PURE

mais pas de choses en soi. Mais \r limitation du champ de lexpérience par quelque chose qui lui est d'ailleurs inconnu, est cependant une connaissance qui reste encore à la raison à ce point de vue,parcequ'elle n'est pas renfermée à Tintérieur du monde sensible, et qu'elle n'extravague pas non plus en dehors, mais que, ainsi qu'il convient à une connaissance de limites , elle se borne au rapport de ce qui les dépasse à ce qu'elles renferment.

La théologie naturelle est une notion de cette espèce, qui se rapporte aux limites de la raison humaine, puisqu'elle se voit obligée de s'élever à l'idée d'un être suprême (et, au point de vue pratique, à l'idée d'un monde intelligible), non pas pour déterminer quelque chose par rapport à ce pur être de raison, par conséquent en dehors du monde sensible, mais seulement pour donner suivant des principes la plus grande unité possible (théoriquement et pratiquement) à son propre usage daos ce monde même, et se servir à cet eflfet du rapport de cette unité à une raison indépendante, comme cause de toutes les liaisons, sans toutefois ^'imaginer simplement par là un être, mais, — puisqu'on dehors du monde sensible doit nécessairement se trouver quelque chose que l'entendement pur doit seulement concevoir, — pour le déterminer uniquement de cette manière, quoique par simple analogie.

Ainsi subsiste notre proposition précédente, qui résume toute la Critique : « Que la raison, avec tous ses « principes «jonon, ne nous apprend jamais rien de

« plus que les simples objets de l'expérience possible, « et de CQS objets rien de plus encore que ce qui peut « être connu dans rexpérience. » Mais cette limitation ne Tempêche pas de nous conduire jusqu'aux limites objectives de l'expérience, à savoir, le rapport à quelque chose qui ne doit pas être l'objet môme de l'expérience, mais qui doit être cependant le principe suprême de toute expérience, sans toutefois rien nous apprendre de ce principe en soi, mais seulement par rapport à son propre et parfait usage en vue des fins suprêmes dans le champ de l'expérience possible. Telle est aussi toute l'utilité qu'on peut raisonnable ment désirer, et dont il faut savoir se contenter.

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