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Nous avons donc exposé longuement, quant à sa possibilité, la métaphysique telle qu'elle est donnée réellement dans les dispositions innées de la raison humaine, et même dans ce qui constitue le but essentiel de ses travaux. Cependant, comme nous avons trouvé que l'usage purement physique de ces dispositions de notre raison, si elle manque d'une discipline (qui n'est possible que par une critique scientifique) pour la retenir et la fixer dans ses limites, l'enlace dans des raisonnements dialectiques transcendants, qui, ou n'ont en leur faveur que l'apparence ou se contredisent même, et qu'en outre cette métaphysique subtile est inutile aux sciences physiques, ou leur est même préjudiciable; il reste toujours une question digne de nos
UMITES NECESSAIRES DE U lUlSON PURE. 178
efiforts, celle de trouver les fins naturelles auxquelles tendent dans notre raison ces dispositions aux notions transcendantes, puisque tout ce qui est dans la nature doit se rattacher originairement à quelque but d'utilité.
Cette recherche est en fait périlleuse, et j'avoue qu'il n'y a que conjecture dans ce que je puis dire 4e la manière dont toute chose se rapporte aux fins premières de la nature. Qu'il me soit cependant permis de m'y livrer dans cette seule circonstance, puisque la question ne concerne pas la valeur objective des jugements métaphysiques, mais les dispositions naturelles relatives à ces jugements, et se trouve ainsi placée dans l'anthropologie en dehors du système de la métaphysique.
Si je considère toutes les Idées transcendantales dont l'ensemble constitue le problème propre de la raison naturelle pure, problème qui la force à quitter la simple comtemplation de la nature, à s'élever audessus de toute expérience pos^ble, et à réaliser par cet effort la chose (savoir ou sophisme) qui porte le nom de métaphysique; je crois alors m'apercevoir que cette disposition naturelle tend à dégager notre conception des chaînes de l'expérience et à lui faire franchir les barrières de la simple physique, au point de voir au moins ouvert devant elle un champ qui ne contient que des objets d'entendement pur, qu'aucune sensibilité ne peut atteindre, non pas, il est vrai, pour que nous nous en occupions spéculativement (parce que nous ne trouvons pas de fonds où nous puissions
poser le pied), mais pour que des principes pratiques qui, sans la rencontre de cette carrière h leur développement nécessaire et leurs aspirations, ne pourraient pas s'étendre à l'universalité dont la raison ne peut se passer au point de vue moral, aient leur empire sur nous.
Je trouve donc que l'Idée psychologique , entendant par là la nature pure, et au-dessus de toutes les nolions expérimentales de Tâme humaine, si peu déterminée qu'elle soit, montre assez clairement du moins l'insuffisance de ces notions, et me détourne par là du matérialisme comme d'une notion physiologique qui ne peut convenir à aucune explication naturelle, et qui tient en outre la raison trop à l'étroit au point de vue pratique. De même les Idées cosmologiques, par l'insuffisance *nanifeste de toute connaissance naturelle possible à satisfaire la raison dans sa légitime curiosité, nous .préservent au naturalisme, qui prétend que la nature se suffit à elle-même. Enfin, comme toute nécessité physique dans le monde sensible est toujours conditionnée, puisqu'elle suppose toujours une dépendance des choses à l'égard d'autres choses, et que la nécessité inconditionnée ne doit être cherd'une cause différente du monde causalité , si elle était purement jamais faire concevoir l'existence e en étant l'effet, la raison, grâce affranchit du fatalisme, aussi bien ^cessité physique dans Tenchaî- [nême,sans un premier principe, causalité de ce principe même,