‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 71 sur 98 · LA MÉTAPHYSIQUE GOMME SCIENCE · texte numérisé non relu

LA MÉTAPHYSIQUE GOMME SCIENCE

donc d'autre usage que de voir ses règles (quoiqu'elles soient en lui a priori) confirmées dans rexpérience ; par conséquent les apercevoir a priori ei indépendamment de Texpérience, est laffaire de Tentendement <>péculatif, et dépasse tout à fait l'horizon du sens commun. Et cependant la métaphysique ne s'occupe que de la dernière espèce de connaissan coup sûr un mauvais signe du sens c appeler à un garant qui est ici sans qu'on dédaigne fort quand on n'est pas p et qu'on peut se tirer seul d'affaire dî lation.

C'est une défaite ordinaire dont ces sens commun (qui le prisent dans l'occaj d'ordinaire le méprisent) ont l'habitude de se servir, que de dire : qu'il doit enfin y avoir des propositions immédiatement certaines , et dont non seulement on ne peut donner aucune preuve, mais dont on ne peut non plus rendre raison, parce qu'autrement il n'y aurait pas de terme aux motifs des jugements. Mais ils ne peuvent jamais donner d autre preuve de ce droit (si l'on excepte le principe de contradiction, mais qui ne suffit pas pour établir la vérité des jugements synthétiques), quelque autre chose d'indubitable qu'ils puissent immédiatement attribuer au sens commun, que des propositions mathématiques, par exemple que deux et deux font quatre, qu'entre deux points la ligne droite est la plus courte, etc. Mais ce sont là des jugements qui difiTèrent totalement de ceux de la métaphysique. Gar je puis, en mathématiques, exécuter,

18S PROLÉGOMÈNES A LA fiiÉTAPHY^QUE.

construire par la pensée même tout ce que je conçois possible par une notion : j'ajoute à deux unités deux autres unités successivemrat , et je forme ainsi le nombre quatre ; ou je tire par la pensée d'un point à un autre toutes sortes de lignes, et je n'en puis tirer qu'une seule dont toutes les parties (égales ou inégales) se ressemblent. Mais je ne puis tirer de la notion d'une chose, par toute ma faculté pensante , la notion de quelque autre chose dont l'existence est nécessairement liée à la première ; l'expérience doit être consultée, et quoique mon entendement me donne a priori (toujours par rapport à l'expérience possible seulement) la notion d'une pareille liaison (de la causalité), je ne puis cependant pas l'exposer en intuition a priori, comme- les notions mathématiques, ni par conséquent en faire voirla possibilités jonbn; mais cette potion, avec les principes de son application , a toujours besoin, pour valoir a priori, — comme il le faut bien en métaphysique, — d'une justification et d*une déduction de sa possibilité; ce n'est qu'à cette condition qu'on en sait la portée légitime, et si elle ne peut être employée que dans l'expérience ou bien encore en dehors d'elle. On ne peut donc en métaphysique, comme science spéculative de la raison pure , en appeler jamais au sens commun, mais bien, s'il le faut, l'abandonner el renoncer à toute connaissance spéculative pure, qui doit toujours être un savoir, par conséquent à la métaphysique même et à son enseignement (en certaines occasions) ; une foi raisonnable, seule possible à nous, sera estimée suffisante (peut-^

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