PROGRÉS
en des notions qui se
dément, et qui ont U
C'est un système qu'jo
ver péniblement, si 1
légitime usage de ces
rintérêt d'une connai
Texpérience confirme
ce qui n'a pas lieu, si Ton se propose de passer do
sensible au sursensible. Ce dessein ne peut s'a,ccom-
plir qu'en approfondissant avec soin et détail la
portée de l'entendement et de ses principes, afin de
savoir d'où la raison peut hasarder sa marche, avec
quelle baguette magique elle peut tenter le passage
des objets de l'expérience à ceux qui ne le sont pas.
Le célèbre Wolf a donc rendu un service incontestable à l'ontologie, par la clarté et la précision de son analyse de cette faculté, mais il n'en a pas étendu la connaissance, parce que la matière était épuisée.
Mais la définition ci- dessus, qui indique seulement ce qu'on veut dire par le mot métaphysique, et non ce qu'il y a à faire en métaphysique , ne la distinguerait des autres sciences que comme une instruction pour la philosophie, dans le sens propre du mot, c'est-à-dire pour la théorie de la sagesse, et donnerait à l'usage pratique absolument nécessaire de la raison ses principes; ce qui n'a qu'un rapport indirect à la métaphysique, par laquelle on entend une science scolastique et un système de certaines connaissances théoriques a priori^ qu'on se donne immédiatement pour objet. Là définition de la métaphysique d'après
OLP. 391
La métaphysique est de la coDDaissance )ar notions ; ou plus [a philosophie théodoctrines pratiques les doctrines théoriques qui servent de fondement à leur possibilité. Elle ne contient pas de propositions mathématiques, c est-à-dire des propositions qui produisent une connaissance rationnelle par la construction des notions, mais bien les print^ipes de la possibilité d'une mathématique en général. Mais dans cette définition , on entend par raison, seulement la faculté de la connaissance a priori^ c'est^à-^dire de la connaissance qui n'est pas empirique.
Pour avoir un moyen d'apprécier ce qui s'est fait dernièrement en métaphysique, il faut comparer ce qui avait été {dxi auparavant , et les deux choses avec ce qui aurait dû être fait dans ce genre. Mais nous pourrons compter le retour rétléchi, délibéré, aux maximes de la manière de penser, comme un progrès négatif, parce que, n'y eût-il là qu'une extirpation d'une erreur dont les conséquences vont loin , il aurait cependant quelque avantage pour la métaphysique. C'est ainsi qaon félicite celui qui s'étant écarté du droit chemin, revient à l'endroit d'oti il était parti, pour prendre sa boussole, de ce que du moins il n'a pas continué à suivre une n^auvaise route, et qu'il n'est pas resté sur place, mais est revenu à son point de départ pour s'orienter. îi
3S2 PROGRÈS m LA MÉTAPRY^QUE
L6S premiers et plus anciens pas dans la métaphysique n'ont pas eu lé caractère d'essais quelque peu réfléchis; ils ont été faits au contraire avec une entière assurance, sans qu^on eût fait préalablement des recherches soigneuses sur la possibilité de la connaissance a priori. Quelle a été la cause de cette confiance tie la raison en elle-même? Le succès présumé. Car en mathématiques la raison parvient à connaître a priori la propriété de§ choses, bien au delà de ce que les philosophes peuvent attendre; pourquoi n*en devait-il pas être de même en philosophie? Les métaphysiciens n'ont pas eu la pensée de faire un problème important de cette différence capitale par rapport à la connaissance a priori, que les mathématiques espèrent sur le terrain du sensible, où la raison même peut construire des notions, c'est-à-dire les exposer en intuition a priori, et connaître ainsi a priori les objets, tandis que la philosophie entreprend d'ét^dre la connaissance de la raison par de simples notions, où l'on ne peut pas, comme là, se représenter son objet, mais qui flottent pour ainsi dire dans l'espace. L'accord de ces* jugements et de ces principes c^ec r expérience, prouve suffisamment l'extension de la connaissance a priori^ en dehors mênie des matl^matiques, par de simples notions. ,
Qoique le sursensible , qui^st cependant la fin suprême de la raison mi métaphysique, n'ait proprement pas de fonds, les métaphysiciens tout consolés se sont cependant mis en campagne, sur la foi de leurs prin* cip^ ontologiques, qui $ont bien d'origine ^ priori j
DBPUIS XJSIBNIZ BT WOLP. SHi
c'est vrai, mais qui ne valent que pour des objets de l'expérience ; et si l'acquisition présumée de connais-sances infinies sur cette voie ne pouvait être confirmée par aucune expérience, parce qu'elle concerne le sursensible^ elle ne pouvait pas non plus en être infirmée; seulement on a dû faire attention de ne point se contredire dans ses jugements , ce qui peut très bien arriver, quoique ces jugements, et les notions qui s'y trouvent soumises, puissent être, du reste, absolumient vides.
Cette marche des dogmatiques antérieurs à Platon ^t à Aristote, et qui comprend même l'époque d'un Leibniz et d'un Wolf^ quoique pas bonne, est cependant la plus naturelle d'après le but de la raison et la persuasion illusoire que tout ce qu'entreprend la raison d'après l'analogie d'un procédé qui lui a réussi, doit lui succéder également.
Le second pas de la métaphysique, presque aus^i ancien que l'autre , a été, au contraire, un pas en arrière, qai eût été sage et avantageux à la métaphysique, s'il n'eût pas dépassé le point de départ, mais non pas poury rester avec la résolution de ne tenter aucun progrèç à l'avenir, mais plutôt afin de se remettre en marche en prenant une autre direction.
Ce pas rétrogade, négation de tous projets ultérieurs, avait sa raison dw[isY insuccès complet de toutes les tentatives faites en métaphysique. Mais à quoi pouvait-on reconnaître cet insuccès et ce qu'il y avait de malheureux dans ses grands projets? Serait-ce que l'expériepce les contredisait? Point du tout ; c^r cb
324 PROaRÉS DE LA MÉTAPflYStQUE
que dît Texpérience comme extension a priori de sa connaissance des objets d'une expérience possible, en mathématiques comme en ontologie, ce sont des pas réels qui conduisent en avant, et qui font gagner du terrain à coup sûr. Non, ce sont de prétendues conquêtes entreprises dans le champ du sursensible, où il s'agit de la totalité absolue de la nature, qui n'est Tôbjet d'aucun sens , comme aussi de Dieu , de la liberté et de rimraortalité, principalement les trois derniers objets auxquels la raison attache un intérêt pratique, à l'égard desquels cependant toutes les tentatives d -extension restent impuissantes. Ce* qu'on n'attribue sans doute pas à ce qu'une connaissance du sursensible plus profonde, comme métaphysique supérieure, enseigne peut-être le contraire de ces opinions, car nous i^ pouvons comparer avec ce sursensible cette connaissance, parce qu'elle nous échappe dans son immensité (tf/^i^^^r^cAt^cm^Z/cA); mais c'est parce qu'il y a dans notre raison des principes qui opposent à ui^e proposition extensive sur ces objets une autre proposition en apparence aussi fondamentale, et qu'ainsi la raisondétruit elle-même ses tentatives.
Cette marche des sceptiques est naturellement quelque chose d'origine postérieure, mais cependant assez ancienne, et qui se rencontrera toujours dans de très bons esprits, quoiqu'un autre intérêt que celui de la raison pure force un grand nombra d'hommes à dissitauler en cela l'impuissance de la raison. On ne peut raisonnablement considérer comme une opinion sérieuse celle qui étend la doctrine du doute jusqu'aux
DEPUIS LKIBNiZ ET WOLP. 39K
principes de la connaissance du sensible, et à Texpérience même. Elle peut avoir eu lieu à quelque âge de la philosophie; mais elle a été peut-être une sommation faite aux dogmatiques de prouver ces principes a priori sur lesquels même repose la possibilité de lexpérience; et comme ils ne Tant pas pu, Texpérience aussi leur aura été présentée comme douteuse.
Le troisième pas, le plus récent que la métaphysique ait fait, et qui doit décider de son sort , est la Critique de la raison pure même , par rapport à sa faculté d'étendre la connaissance humaine en général, à Tégard du sensible ou du sursensible. Si la Critique a tenu sa promesse, à savoir de déterminer la circonscription, la matière et les limites de cette faculté, si elle la fait en Allemagne, et même depuis Leibniz et Wolf, le problème de l'Académie des sciences serait résolu.
La philosophie avait donc à parcourir en métaphysique trois périodes : la première était celle du dogmatisme; la seconde, celle du scepticisme; la troisième, celle du Criticisme de la raison pure.
Cet ordre chronologique a sa raison dans la nature de Tintelligence humaine. Durant les deux premières périodes, Tétat de la métaphysique peut chanceler pendant des siècles, passant d'une confiance illimitée de la raison en elle-même à une défiance sans bornes, et , à l'inverse , d'une défiance excessive à une confiance démesurée. Mais, par une critique de sa faculté même, la raison serait dans un état constant par rapport non seulement à l'externe, mais encore à l'interne, sans avoir besoin d'augmentation ni de diminution, et sans même en être capable.
S26 PROCHES DE U MSTAPRYSIQUE