ANDES
Amérique du Sud
Andes
La partie occidentale du continent sud-américain, qui en constitue le tiers (7 millions de kilomètres q.), appartient d'un bout à l'autre, depuis le 12^ degré de latitude au nord de l'Equateur jusqu'à 11 degrés seulement du cercle polaire, à la chaîne formidable, longue mais étroite, de la Cordillère des Andes.
Les Andes commencent immédiatement au sud de la dépression de l'Atrato, et se composent d'abord de trois chaînes. La chaîne médiane renferme des sommets volcaniques de plus de 5000 mètres. La chaîne de l'est et la sierra de Mérida qui la prolonge sont moins hautes, mais opposent encore aux communications des difficultés sérieuses, qui furent vaincues par le Vénézuélien Bolivar dans la campagne décisive de 1819, terminée à Boyaca. Entre les chaînes coulent le Rio Cauca et la Magdalena, coupés dans le haut de leur parcours, comme leurs affluents, de chutes pittoresques, mais qui finissent par se réunir pour déboucher dans la mer. Ce sont, malgré tout, de beaux fleuves, qui du temps des Espagnols portaient à Carthagène, aujourd'hui déchue, les produits de leurs forêts, le précieux quinquina, et surtout les produits du district minier d'Antioquia.
Un peu au nord de l'Equateur, les trois chaînes se réunissent en un nœud, et ensuite, sur une longueur de 2000 kilomètres, les Andes offrent le spectacle de
deux chaînes parallèles, se rejoig-nant de loin en loin dans des nœuds (cerros), et enserrant de hauts plateaux ipunas). Les chaînes présentent, sous l'Equateur même, à hauteur de Quito, des sommets de 6000 mètres, les volcans du Pichincha, du Cotopaxi, du Chimhorazo, qui ont servi aux savants du xviii® siècle à mesurer l'arc du méridien. Plus au sud, les sommets sont moins hauts, mais les défilés restent à des altitudes comparables à celles des sommets alpins, etles chemins de fer qui, de Lima et des ports péruviens, escaladent la chaîne de l'ouest, montant à 4750 mètres sur un parcours de 140 kilomètres, sont parmi les merveilles du monde contemporain. Les hauts plateaux sont à des altitudes de 2000 ou 3000 mètres, ce qui, dans cette zone équatoriale, comporte un climat tempéré et rend le travail possible : il n'y faut que l'irrig'ation, qu'avaient su leur donner les Incas. Quant aux pentes extérieures, elles comportent toutes les successions de climats, depuis les neiges éternelles, en passant par la « tierra templada » qui finit en bas à 2500 mètres, jusqu'à la « tierra caliente ». Sur la côte du Pacifique, la descente est trop brusque pour que ces zones aient un développement notable. Mais, vers l'est, outre les vallées longitudinales, qui sillonnent la Cordillère et s'ouvrent vers l'Orénoqueou l'Amazone, il y a descente plus graduelle: le vent qui souffle des Andes est un vent pluvieux, et, quoique les régions subandines au sud de l'Amazone appartiennent encore aux forêts, le défrichement permettrait certainement, en Colombie et en Bolivie, d'en tirer meilleur parti.
En Bolivie, les deux chaînes s'écartent, et encadrent un plateau qui fut jadis occupé par des lacs immenses, mais qui, par le dessèchement progressif du climat, ne comprend plus que les nappes du Titicaca (8300 kilom. q.) et de l'Aullagas, reliés par le Desaguadero. Le