‹ ProlégomènesChapitre 54 sur 55 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Au point de départ des temps historiques, nous sommes en présence de civilisations locales extrêmement éloignées les unes des autres, tout à fait distinctes, qui ont évolué pendant des siècles et des siècles en s'ignorant réciproquement et complètement. Puis, peu à peu, des contacts se sont produits, des liens d'interdépendance se sont établis. Ce mouvement se poursuit, avec d'énormes interruptions, des régressions, des récurrences, pendant toute la durée de l'histoire. On peut môme dire, sans forcer les termes, qu'il constitue l'histoire. Je voudrais ici en marquer les principales étapes. La tâche n'est pas simple. Il y entre forcément une part d'appréciation subjective, chaque his-

lorien attachant plus ou moins d'importance à tel ou tel ordre de faits particulier. Cependant les nécessités de la narration historique donnent des indications assez impérieuses. Il est des moments où il devient très difficile d'exposer un fait relatif à un peuple, à une civilisation, sans avoir parlé de faits relatifs à un autre peuple, à une autre civilisation. On dirait que l'historien se trouve alors en présence d'un « nœud ». Ce sont les plus gros de ces nœuds que je vais m'efforcer d'indiquer.

L'Eg-ypte et la Chaldée, pourtant assez voisines, ont vécu pendant des siècles sans se rencontrer. On peut, sans aucun embarras, parler de l'une sans faire allusion à l'autre. Cette situation n'a changé qu'aux environs de l'an ioOO avant J.-C. Par les conquêtes égyptiennes en Asie, par celles de ïhoutmès III surtout, des rapports se sont trouvés impliqués. Et il s'est écoulé deux ou trois siècles avant que le contact se relâchât.

Vers la même époque, le milieu égéen, qui, lui aussi, avait jusqu'alors vécu à peu près à l'écart, commence à se mêler peu à peu à cette vie commune. Enfin, vers l'an 1180 avant J.-C, l'invasion des Peuples de la Mer, partie des contrées égéennes, et qui clôt définitivement la période d'hégémonie égyptienne en Syrie, est un événement d'intérêt général dans tout l'Orient méditerranéen. Ensuite vient une nouvelle période d'isolement.

Si l'on songe qu'en même temps commence à apparaître dans le monde méditerranéen-oriental les masses indoeuropéennes, et que c'est probablement à la même époque à peu près qu'elles fondent leur domination dans l'Inde, on sera tenté d'accentuer encore

l'importance de l'époque au point de vue des contacts. Mais ce serait pur jeu d'esprit, et nous ne marquons le point que pour montrer le peu d'importancequ'a au fond, pour l'historien, cet épisode des migralions etliniques. La parenté proche des envahisseursde la Grèce et de Tlnde, qui est un des faits les mieux étahlis qui soient, le synchronisme même des deux événements, qui est probable, sont sans portée aucune. Tandis que les contacts établis entre civilisations méditerranéennes ont été dès lors gros de conséquences multiples pour toutes les populations de la zone, l'évolution des Hindous s'est poursuivie suivant ses lois propres. Mêmes les cousins germains des Hindous, les Ariens de l'Iran, par le fait qu'ils ont été rejetés vers le milieu méditerranéen, ont subi un développement psychique nettement divergent, et connu des destinées tout autres.

L'histoire méditerranéenne poursuit longtemps encore son cours séparé. Dans la période suivante, il est difficile d'isoler l'empire assyrien des Phéniciens, et ceux-ci de la colonisation grecque. Mais c'est avec l'empire achéménide que l'intérêt se concentre en une action unique. Vers 480 avant J.-C, la réaction contre l'expansion des Grecs s'est traduite, en Orient comme en Occident, par des faits simultanés et importants. Seuls, les peuples de l'extrême Occident restent encore à l'écart : ils ne se mêlent à la vie méditerranéenne qu'avec les invasions gauloises du iv** siècle.

L'Inde, pendant cette période, a dessiné les traits principaux de la civilisation qui lui est propre. Elle a produit sa création la plus originale, le bouddhisme. A son extrémité nord-occidentale, elle a été effleurée par la conquête perse. Mais le premier événement qui la mette en contact direct avec les Méditerranéens est l'expédition d'Alexandre (32t)). Les rapports qui ont

suivi ont duré deux siècles. H ne faut pas en exagérer la portée. Mais enfin des questions importantes d'influence réciproque se posent cette fois.

La Chine aussi a eu son développement tout-à-fait particulier, qui culmine avec Confucius vers uOO avant J.-G. Jusqu'au ii® siècle avant notre ère, les indices de relations avec l'Occident ou avec l'Inde sont trop fugitifs pour qu'on s'y arrête. Mais, vers 126 avant J.-C.» une série d'événements portent les Cliinois en pleine Asie Centrale, où ils vont rester longtemps, et leur révèle les autres humanités.

Par une coïncidence curieuse, Socrate. Bouddha, Confucius, sont grossièrement contemporains. Quand nous aurons présenté avec quelque détail les trois figures susdites, on verra quel abîme les sépare, et quelle est l'insignifiance des rapprochements, fortuits ou non, par rapport à l'énormité des dillérences. En attendant, nous sommes autorisés à placer au iv*' siècle pour la Méditerranée et l'Inde, un peu plus tard pour la Chine, la fin d'une première période, qui est par excellence celle des civilisations séparées. ; .. ,. j;!

A partir du v^ siècle, l'Orient et l'Occident méditerranéens avaient eu des destinées assez distinctes. Cela cesse avec l'établissement de l'hégémonie romaine, définitivement assise par la journée de Pydna (168). Dès lors, les événements se précipitent vers l'établissement de l'Empire romain. C'est la période par excellence de l'unité méditerranéenne. En dehors de l'Empire romain, il n'y a que les peuplades germaines et la monarchie des Parthes. Mais, par la résistance des Parthes, puis des Perses, le contact est coupé entre le monde méditerranéen et les civilisations de l'extrême Orient. Les relations ne font pas complètement défaut, mais n'ont guère qu'un intérêt de curiosité.

Le grand changement commence avec l'apparition des peuplades hunniques, qui affecte à la fois le monde romain, la Perse et l'Inde, au v^ siècle de notre ère.

Les mouvements ethniques de l'Asie Centrale au 11^ siècle avant J.-C, en faisant naître la puissance des Indoscythes, avaient mis en contact l'Inde et la Chine. Le résultat capital fut le passage du bouddhisme de la première à la seconde. A partir du ii^ siècle de notre ère, les deux régions reprennent leurs histoires séparées, mais la solidarité spirituelle subsiste, et s'affirme par les voyages des pèlerins bouddhistes : Fa-hien (vers 400), puis Hiuan-tsang (vers 630) ont été ceux dont les voyages ont été le plus féconds.

En même temps, au vu" siècle de Tère, pour la première fois depuis des siècles, la puissance politique des Chinois reparaît dans l'Asie Centrale, où elle va entrer en contact avec les peuplades turques, et par elles avec les Arabes.

Il est donc raisonnable de clore cette seconde période d'histoire, pour le monde méditerranéen aux invasions hunniques des iv^ et v^ siècles, pour l'Inde un peu plus tard, pour la Chine au vii^ siècle.

Les invasions hunniques ont, par contre-coup, substitué une série de royaumes germaniques à l'empire romain d'Occident. D'autre part, l'invasion arabe, au VII*' siècle, a recouvert l'Asie antérieure, le nord de l'Afrique, même l'Espagne. Vers 800, l'évolution était achevée. A part le lambeau qui restait aux empereurs de Constantinople, le monde méditerranéen était divisé en deux : le monde européen occidental d'une part, alors appelé monde franc, — et le monde arabe ou musulman. Dans les deux ou trois siècles suivants, l'un et l'autre se sont augmentés d'éléments nouveaux. Le monde chrétien s'est annexé les Scandinaves et

leurs colonies d'Occident et d'Orient, surtout la Russie. Le monde musulman a absorbé les Turcs et les Maures. C'est dans ces conditions que les deux mondes se sont affrontés au temps des Croisades (1095-1270). Durant toute cette période, le trait fondamental du monde méditerranéen est le dualisme.

L'Inde a vu, pendant la même période, s'avancer peu à peu par le nord-ouest la conquête musulmane. Mais la majeure partie du pays a conservé sa civilisation originale, et l'a même répandue au dehors. Car les échanges entre Arabes, Hindous et Malais ont été alors très actifs sur l'Océan Indien.

La Chine, après une période d'expansion brillante, mais éphémère, s'était vue couper de l'Asie Centrale par les Tibétains et les Arabes (viii« siècle). Elle a même été envahie au nord par des Tartares. Durant la plus grande partie de cette période, la vie civilisée s'est concentrée dans le sud du pays. Et cette Chine a pris part au mouvement maritime dont nous venons de parler.

Mais les conséquences de ce mouvement maritime ont été dépassées de beaucoup par celles de l'expansion des Mongols au xiii^ siècle : c'est alors seulement, par exemple, que les progrès techniques réalisées en Orient ont été communiqués à l'Europe. La première expansion mongole a affecté le monde chrétien, le monde musulman, et la Chine entière. Une seconde transgression, à la fin du xiv« siècle, n'a pas eu moins •d'envergure. Si la Chine, cette fois, y a échappé, l'Inde à son tour en a été touchée. C'est même là que les Mongols, après ces deux débordements énormes, mais passagers, étaient destinés, à la fin du xv^ siècle, à faire œuvre durable.

La période ainsi caractérisée se termine, pour le monde méditerranéen, avec la fin des Croisades au

XIII® siècle. Pour le monde hindou et le monde chinois, elle s'étend jusqu'au xv" siècle.

Sinon pendant les trois périodes, au moins pendant les deux dernières, les rapports intéressants et féconds n'ont donc pas manqué entre les diverses civilisations du Vieux Continent. Mais le Nouveau Monde en était resté complètement inatfecté. Les visites des Chinois en Amérique n'ont jamais eu lieu que dans l'imagination de certains amateurs d'histoire. Les rencontres entre Esquimaux, Peaux-Rouges et Scandinaves, vers l'an 1000. ont été sans portée. Les civilisations qui se sont développées dans l'Amérique tropicale ont évolué dans des conditions d'isolement et d'indépendance qui constituent leur intérêt singulier. C'est à partir de la découverte du Nouveau-Monde par les Européens (1492) qu'on peut, pour la première fois, parler d'histoire universelle. En outre, le retard énorme de l'humanité américaine, en permettant aux Européens de créer là une « Nouvelle-Europe », a eu un autre résultat important. Les ressources de l'Europe occidentale se sont trouvées multipliées au point qu'elle a pu désormais, non seulement balancer, mais surpasser, les grandes dominations continentales qui continuaient à s'édifier, particulièrement en Asie : empire ottoman, empire des Grands-Mogols, empire mandchou, empire russe.

Avec les découvertes des Européens à la fin du XV® siècle et au début du xvi'^ siècle commence donc une nouvelle période, caractérisée par la suprématie croissante de l'Europe occidentale. Au xvi® siècle, l'Amérique tropicale est conquise, mais les côtes de l'Océan Indien ne sont encore qu'effleurées. La mainmise européenne s'y précise au xvii® siècle. Au xviii® siècle

s'ouvrent l'Inde et l'Amérique du Nord. Au xix^, c'est le tour de l'Afrique et du monde jaune. Il y a avantage dès lors à mener les diverses histoires de front, en les subordonnant à l'histoire européenne.

L'Europe, telle qu'elle est définie historiquement par la théocratie du moyen-âge, a deux fronts: sur la Méditerranée et sur l'Atlantique.

Le front méditerranéen, le seul qui comptât au temps des Croisades, important encore au temps de Totiensive turque, met l'Europe en contact avec le monde musulman. Les rapports et les conflits nés de ce contact ont été désignés sous la rubrique de « question d'Orient » : depuis deux cents ans, ils sont dominés par l'attitude de la Russie, dont l'indépendance d'abord, puis les possibilités de développement, sont sorties de la réaction contre les masses tartares et turques, r . ■ /

Le front atlantique s'ouvre sur deux routes, tracées par Vasco de Gama et par Christophe Colomb. La première a conduit les Européens dans le monde de l'Océan Indien, et les a mis en présence de l'Inde et de la Chine: ils ne se sont introduits largement, dans celle-là qu'au xviii^ siècle, dans celle-ci qu'au xix^. La seconde route les a menés dans l'Amérique, et cette nouvelle Europe est devenue, à partir de la fin du xviii^ siècle, indépendante de l'ancienne.

Si maintenant on envisage l'histoire intérieure de l'Europe, dominée si complètement au moyen-âge par la Papauté, elle devient, depuis la chute de la théocratie, l'histoire des Etats. Là encore, le sujet se dédouble.

Pour qui considère, d'abord, l'histoire externe de ces Etats, autrement dit leurs rapports entre eux, ces rapports ont été réglés, après quelques tâtonnements, par le principe d'équilibre, — c'est-à-dire

par les coalitions des Etats secondaires avec l'Angleterre contre les hégémonies qui se sont successivement dessinées. Les besoins des Etats occidentaux et centraux ont peu à peu impliqué intimement dans ces combinaisons les Etats orientaux, même non-européens ou à demi européens, la Turquie et la Russie.

Quant à l'histoire interne des Etats, c'est-à-dire à leurs rapports avec les autres modes d'agrégation des individus, sectes, partis, classes, etc., ils ont traversé deux crises principales, Réforme et Révolution. D'une manière générale, étant donnée la similitude d'origine et de civilisation de ces Etats, il n'est guère de crise qui ait été localisée, qui n'ait pas intéressé peu à peu tous les Européens, et amené des chevauchements qui se sont croisés avec les conflits internationaux.

Il est impossible de suivre isolément les quatre ou cinq évolutions que nous venons d'indiquer, et il est nécessaire, sans perdre de vue ces divisions générales, de les étudier ensemble par périodes. Heureusement il y a à chaque époque une puissance qui peut remplacer à peu près ce qu'est la Papauté au moyenâge, et qui, par son rôle éminent, offre un centre d'où les grands faits se laissent dominer sans trop d'artifice. En effet, les peuples européens qui, successivement, ont été à la tête du mouvement maritime et colonial, se sont trouvés par là en mesure d'exercer une influence prépondérante sur l'histoire interne de l'Europe.

Le premier de ces peuples a été l'Espagne. On sait quelle a été sa puissance au xvi« siècle. En lo80, par l'annexion du Portugal, elle a même réuni à peu près toutes les possessions lointaines des Européens. Pour un instant seulement, car déjà les autres peuples de l'Europe atlantique étaient entrés dans la lice.

Les Hollandais et les Français y ont d'abord paru avec éclat. Mais l'empire hollandais a été vite localisé dans le Sud de l'Afrique et dans les îles de la Sonde. Et la France, si elle a eu le mérite d'ouvrir l'Inde et l'Amérique du Nord, n'a pas su s'assurer le bénéfice de ses brillantes actions.

C'est l'Angleterre qui, au xviii'' siècle, a édifié sa puissance sur les ruines de tous les empires coloniaux antérieurs. Au xix® siècle, elle a possédé une domination dont aucune autre, jusqu'alors, n'avait égalé l'étendue, la population, ni l'ubiquité. Encore avaitelle perdu, chemin faisant, les Etats-Unis. Le monde anglo-saxon s'est trouvé ainsi coupé en deux, mais sans que les liens aient disparu complètement.

Parallèlement aux hégémonies successives par lesquelles s'est affirmée la thalassocratie européenne, une domination, continentale celle-là. et par conséquent localisée, mais considérable aussi, s'était développée à partir du xv° siècle. Dès le xvii® siècle, la Russie et la Sibérie formaient un tout. Au xix^ siècle, cet empire a continué à mordre sur les empires asiatiques dont le déclin allait s'accentuant en présence des progrès des puissances maritimes: il n'a rencontré d'obstacle sérieux qu'au Japon. Quoique renfermant d'incontestables éléments européens, la Russie était trop imprégnée d'asiatisme pour n'avoir pas été toujours considérée, en Europe, comme un monde à part.

Tel est le milieu dans lequel, à la fin du xix*' siècle, l'Allemagne a tenté de s'insérer. Elle a trouvé le nombre des places disponibles singulièrement raréfié. Et les anciennes puissances lui ont prouvé, par la dernière guerre, leur force de résistance. Sur cette guerre, on ne peut encore affirmer qu'une chose: c'est que jamais encore tant de peuples n'avaient été mêlés dans une action commune aussi générale et

aussi pénétrante. Quant au reste, elle est beaucoup trop près de nous pour que l'on puisse dès maintenant en mesurer la portée.

La quatrième période, qui ne compte encore que cinq siècles, est donc la période de la suprématie européenne. Il ne suffît pas de constater le fait brutal : il faudrait analyser les éléments de supériorité qui expliquent et justifient cette suprématie. Mais, ici, le recul et l'objectivité nous manquent. Le côté parculièrement brillant de cette civilisation paraît bien être le développement des sciences de la Nature, avec les applications multiples qu'il a entraînées. C'est là un fruit assez tardif du développement européen, puisqu'il est éclos d'hier. C'est le produit le plus immédiatement visible, le plus immédiatement assimilable par les non-Européens. Les progrès techniques ont eu des conséquences qui certainement ne s'effaceront plus jamais complètement à la surface du

globe..

Mais, en Europe même, et a fortiori hors d'Europe, nombre d'hommes n'admettront jamais que la connaissance des lois de la Matière soit le seul facteur, ou même le facteur essentiel, de la civilisation. On lui conteste le pouvoir d'assurer, môme le bien-être, à plus forte raison le bonheur. A des hommes dont les besoins grégaires se satisfont dans la famille, comme en Chine, ou dans la caste, comme dans l'Inde, le culte de la patrie territoriale sera difficilement intelligible. A ceux dont les aspirations individualistes visent avant tout l'au delà, comme c'est le cas pour tout ce qui a été conquis par le bouddhisme, à ceux-là sera toujours étranger ce goût de la vie et de l'aclion que rien n'a pu étouffer chez ceux qui dérivent, en dernière analyse, de l'héllénisme. Ces observations.

qu'on multiplierait aisément, montrent à quelles résistances se heurte l'adoption des points de vue de l'européanisme. Au vrai, celui-ci repose sur deux bases essentielles : christianisme et humanisme ; le christianisme, tel qu'il est sorti en dernier lieu des crises du xvi^ siècle, Réforme et Contre-réforme ; — l'Iiumanisme, qui, par une de ses principales manifestations, l'idée de l'Etat souverain, a engendré les transformations politiques de 1688 (Angleterre), 1789 (France) et 1848 (Europe continentale). Les milieux humains sont européens dans la mesure où ils ont « dans le sang », par hérédité ou par infusion, l'humanisme et le christianisme. C'est dire que de grandes masses d'hommes restent encore complètement étrangères à notre conception de la civilisation. Il est fort possible qu'elles n'y arrivent jamais.

Il reste que la civilisation européenne est, en tous cas, un fait énorme, le plus « pantellurique » qu'ait encore enregistré l'histoire de l'humanité. Il a paru utile d'en rassembler en un dernier volume les aspects divers.

Au reste, la justifîcati(m de l'ordre adopté ne pourra être fournie réellement que par les volumes suivants. Celui-ci n'a été conçu que comme explication de la table générale des matières, explication que j'ai faite aussi brève que possible, mais qu'il était pourtant indispensable de développer quelque peu.

fable des Matières

Préface vu

Page 1