CHAPITRE III. ÔQ
Voici ce que raconte la Galette de Florence du 2 octobre 1 8 1 S, à propos de ce mariage, qui, du reste, comme magnificence et comme fêtes, n'eut rien d'extraordinaire :
« Hier, le son des grosses cloches du Duomo et du Palazzo Vecchio, mêlé aux salves de l'artillerie, annonçait le grand événement du jour. Quelques corps d'infanterie formaient la haie du palais Pitti à l'église métropolitaine. Celle-ci était prodigieusement illuminée et parée. De gigantesques tribunes, construites dans le chœur, regorgeaient de diamants, de fleurs, de plaques et d'uniformes.
« A onze heures, le cortège royal fait son apparition. Un peloton de chasseurs à cheval ouvre la marche, suivi par les piqueurs de la cour. Ils précèdent les voitures de gala. Celles-ci sont au nombre de sept. Dans la première, se trouvent les écuyers de M. le prince de Carignan. Dans la seconde, viennent les chambellans de service; dans la troisième, ce sont les grands de cour; dans la quatrième, Son Altesse l'archiduc Léopold est assis auprès de M. le prince de Carignan; dans la cinquième, apparaît le grand-duc Ferdinand, ayant à ses côtés l'archiduchesse Marie- Thérèse. La sixième voiture menait l'archiduchesse Marie-Louise, sœur cadette de la mariée. Puis enfin, suivaient quelques dames d'honneur dans la septième voiture.
« Toutes les rues étaient pavoisées et encombrées d'une foule enthousiaste.
<( A la porte du Duomo, les princes furent reçus par
le clergé. Les charges de cour, les ministres, les magistrats, en grand habit, remplissaient la nef de la basilique. Le grand-duc, l'archiduc Léopold et sa femme se placèrent à droite de l'autel, tandis que le prince de Carignan et l'archiduchesse Marie-Thérèse s'agenouillaient sur des prie-Dieu magnifiques, au centre de la basilique.
« Comme témoins, figuraient auprès d'eux le prince Rospigliosi, grand majordome, et le comte de Robilant, lieutenant général au service de Sardaigne. L'archevêque de Florence prononça, plutôt mal que bien, le discours de circonstance et maria les époux. Quant à la messe qui suivit, elle fut d'une musique merveilleuse.
« La voiture du grand-duc ramena les mariés du Duomo au palais Pitti. Après un grand couvert, il y eut promenade de gala aux Cassines. Et puis enfin, sur la grande tour du Palais Vieux, un magnifique