‹ Promenade à travers deux siècles et quatorze salonsChapitre 3 sur 6 · ÉCOLE HOLLANDAISE · texte numérisé non relu

ÉCOLE HOLLANDAISE

GoNZALÈs Coques. — Famille de distinction composée de trei:{e personnages.

Ainsi catalogué dans Smith, t. IV : « Le père, habillé en soie foncée et coiffé de son chapeau, est assis au milieu ; sa femme est assise à sa gauche ; deux jeunes dames se tiennent debout près d'eux, et tout près sont un jeune homme et deux enfants; un second cavalier tient une des jeunes dames par la main ; derrière le vieux couple sont encore deux autres dames, chacune ayant un cavalier au bras. » [Collection du comte Manfreni (Venise) et du vicomte Haterton (Angleterre) .]

Très-beau tableau de ce maître rare, dont Smith n'a pu trouver que trente-trois œuvres.

GoNZALÈs Coques. — ^ V intérieur de Gonialh Coques.

Très-précieux tableau représentant le peintre lui-même avec sa femme, ses enfants et un homme âgé. Gonzalès tient à la main un dessin.

La muraille de la pièce est tapissée de microscopiques tableautins copiés d'après Zurbaran, P. Brill, Hobbema, Ruysdaël, toute la galerie du peintre. Gonzalès Coques aimait sans doute à peindre ainsi des tableaux dans des tableaux, car M. Biirger, Téminent critique d'art, signale au Musée de la Haye une composition de ce genre.

Hals (Frans). — Portrait de Wilhem van Heythuysen.

« Ce portrait est le même que le gentleman acheté 35,000 francs par le baron J. de Rothschild à la vente du baron Van Brienen. Frans Hals de première qualité. • (Note écrite par M. Biirger au dos du tableau.)

Gravé par Jacquemart,

Hals (Dirck) et Van Dblen. — Intérieur hollandais.

Des daines et des cavaliers causent gaiement dans une pièce ornée de gravures et de tableaux. Très-curieux sous le rapport des modes du commencement du dix-septième siècle, ce tableau a été reproduit en chromolithographie dans VHistoire du Costume. Paris, Didot.

« Ce Dirck Hals avec Van Delen est le plus beau du maître, a écrit M. Biirger ; c^est une peinture amusante, gaie, claire, très-intéressante pour la richesse et la variété des costumes, à ce point que le Musée de la ville de Paris avait envie de Tacheter. »

Signé et daté 1629.

Kbyser (Théodore de). — Famille hollnndaise.

Sur le premier plan trois personnages, homme et enfant debout, femme assise, dans le fond une servante. Les trois personnages du premier plan sont entièrement vêtus de noir.

' Keyser, presque inconnu de la foule, est un des plus grands

peintres de la Hollande. Impossible de rien voir de plus

I expressif, de plus vivant que les figures de cette œuvre ma-

, gistrale.

Meer (Van der). — Le Soldat et la Fillette qui rit.

Ce tableau, un des plus célèbres du maître, était resté dans sa collection particulière ; on le voit figurer à sa vente après décès, en 1696. M. Burger en a longuement parlé dans sa notice sur Van der Meer, cet artiste si connu en Hollande, et remis par le grand critique d'art au premier rang en France. « Le Soldat de Van der Meer, le de Keyser, le Terburg, tous trois à M. Double, sont des morceaux de haut goût et de premier choix. » [Compte rendu de Vexposition rétrospective de 1866, dans la Presse^ par Paul de Saint-Victor.)

Voir Touvragede M. Burger sur Van der Meer, N* 7.

Gravé par Jacquemart.

Meer (Van der). — Géographe, la main droite sur une sphère.

Ce tableau est le pendant du Géographe^ de la vente Péreire, représentant le même géographe, la main gauche sur une sphère ; il a fait partie successivement des galeries Danser Nyman en 1797 et Gildemeester en 1800 (Amsterdam), et de la collection de Lebrun. Nulle part les effets de lumière, qui sont comme la signature du maître, ne sont plus remarquables que dans cet intérieur rempli de sphères, de cartes célestes, etc.

Voir l'ouvrage de M. Burger sur Van der Meer, N' 36.

Gravé par L. Flameng.

Gravé précédemment par Garreau en 1 784 et reproduit dans la galerie Lebrun.

Signé et daté 1668.

Rembrandt. — Portrait de V artiste par lui-même.

Catalogué dans Smith :

N* 220. « Rembrandt à l'âge d'environ soixante ans, « vu de trois quarts, coiffé d'une toque jaunâtre et portant « sur les épaules une écharpe de la même couleur ; son corps « est légèrement incliné en avant par Tâge, et il paraît être « encore occupé à son art, car on voit à son côté une portion « d'un appul*main, quoique la main qui le tient ne soit pas « visible. A sa droite est placé un buste peint dans sa ma- « nière ample et libre.

« Toile H. 2 pieds 6 pouces, « L. 2 pieds (anglais).

»< Maintenant (en i836) dans la collection d^lord Saye « et Sele au Belvédère, »

« Il n'y a, écrit M. Btirger, que deux autres portraits de Rembrandt riant : une petite eau forte de i63o et le beau tableau de Dresde, où il tient sur ses genoux sa femme Saskia. Celui-ci est le troisième. C'est bien précieux et bien beau I II va passionner les artistes et les raffinés. >»

Deux articles consacrés spécialement à cette œuvre magistrale ont paru, l'un dans la Galette des Beaux-Arts de Paris (i" mai 1870), l'autre dans la Galette des Arts de Vienne.

Gravé deux fois par J. Jacquemart et L. Flameng.

Terburc (Gérard). — Intérieur £ une pharmacie.

Extrait £une lettre de M. Bûrger.

« Je pense â votre grand et beau Terburg, et je ne

puis m'empêcher de vous en écrire. J'avais déjà vu ce tableau en Hollande, et même j'avais pris le fac-similé de la signature et de la date. Il y a plaisir à posséder une peinture comme celle-là, dont Tauthenticité est au-dessus de toute contestation. A cette époque, Terburg était dans sa force la plus magistrale, il devait être alors rentré de ses voyages et établi à Deventer, dont il fat bourgmestre. \J Assemblée des magistrats qu'on voit à THôtel de ville de Deventer, le plus grand tableau qu'ait fait Terburg, environ trois mètres de large, est peint à peu près dans la même manière ample que le vôtre. Vos personnages sont certainement des portraits, et le docteur debout et de face devait être quelque ami du peintre. G>mme les fonds sont beaux dans ce tableau! ils font penser à Pieter de Hooch et presque à Rembrandt. »

Extrait d'un article de T Etendard, 23 juillet i866, sur V exposition rétrospective de peinture, par Zacharie Astruc.

« Il suffit de citer Tétonnante boutique d'apothicaire

que je vous prie d'aller voir. Certes, elle mérite à elle seule le voyage des Champs-Elysées. Que de merveilleux détails, quel choix et quel classement pour l'effet lumineux ! Les pots, les balances, les pilons de cuivre, les mortiers de marbre sont

rendus* avec une finesse de pinceau qu'on peut dire prodigieuse. Eclat et douceur, voilà la gamme. Les cuivres sont des merveilles. Les figures méritent une attention plus spéciale. Là se révèle la grande qualité de portraitiste de Terburg; on n'a pas une tournure plus fière, un dessin plus correct. »

Signé et daté i655.

Velde (Van de) et Van der Heyden. — Paysage hollandais.

Une maison de campagne au bord d'une rivière. Le paysage extrêmement fin et délicat, comme tout ce qu'a produit le pinceau de Van der Heyden, est animé par plusieurs personnages, dames et cavaliers, voyageurs, paysans peints par Adrien Van de Velde. Sur la rivière, une barque richement décorée et des cygnes.

Signé.

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