‹ Promenade à travers deux siècles et quatorze salonsChapitre 4 sur 6 · ÉCOLE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

ÉCOLE FRANÇAISE

Clouet dit Jeannet. — La reine Claude^ femme de François r\

Id. — Les trois Grâces.

Curieux tableau sur bois, portant dans les angles les écussons de la famille de Grolier, le célèbre bibliophile, trésorier du roi François I*'. Au-dessous des trois Grâces, qui sont représentées dans le costume traditionnel, on lit ces vers latins :

Très nudse Charités genuit quas Jupiter almus,

Connectunt variis brachia nuda modis ; Par tribus est faciès qualem decet esse sororum,

Par tribus est aetas, par quoque forma tribus.

Van Blarenberghe. — Un camp Louis XV.

Sur le premier plan^ une sentinelle; un peu en arrière une cantine avec buveurs et servantes. Dans le fond un camp. Morceau très-rare, exécuté avec la même finesse que les petites aquarelles si recherchées aujourd'hui de cet officier ingénieur dont Marie -Antoinette avait fait le maître de dessin des enfants de France.

Signé.

Boucher. — Paysages. (Deux pendants.)

Une Ferme et un Moulin à eau avec personnages. Signés et datés 1769.

Greuze. — Tête de paysanne.

Une des plus belles têtes expressives de Greuze. Cette tête de paysanne est réellement un des plus beaux Greuze connus.

Collection du marquis du Blaizel.

Greuze. — Tête déjeune garçon.

TocQuÉ. — Portrait de Jean Charles, baron des Essart\, aïeul de M. L. Double.

Très-belle qualité du maître.

Watteau. — Portrait de madame de Julienne.

Ce grand Watteau, dans le genre du célèbre Gille, est un morceau hors ligne. Madame de Julienne (femme du directeur des Gobelins, amateur distingué de tableaux et grand ami de Watteau) est représentée à mi-corps, sous le costume ultra léger d^une naïade : elle est couronnée de roseaux et s'appuie sur une urne. On sait que ces portraits mythologiques étaient fréquents autrefois, et que la tête seule était garantie ressemblante. Décrit avec détail dans le Trésor de la curiosité, par Charles Blanc, tome II, page 60 1.

Vient de la Collection Barroilhet.

Watteau et Lajoue. — Le Perron.

Sur un grand perron ruiné, différents personnages, dames et cavaliers, causent, les uns debout, les autres assis.

Les personnages sont de Watteau, l'architecture est de Lajoue.

Penguilly-l^Haridon. — La Danse macabre.

Ce tableau, qui a eu à Texposition de i855 les honneurs du salon carré, se compose d'un sujet central entouré de huit compartiments. Au milieu, la Mort entraînant un vieillard, un homme mûr, un couple d'amoureux et un enfant. Les huit compartiments sont peints en camaïeu: dans Tun, Treize à table y la mort vient surprendre un seigneur ; dans un autre, elle frappe brusquement un soudard au sortir du cabaret. Deux autres compartiments représentent la Naissance et la Mort. Aux quatre coins du tableau quatre compartiments plus petits : dans le premier, les emblèmes des grandeurs ecclésiastiques, mitres, crosses, etc., et une tête de mort; dans le second, des armes, des parchemins, des écussons (dont un aux armes de Penguilly et un autre aux armes de Double) et une tête de mort; dans le troisième, des masques, des bouteilles et l'inévitable tête de mort ; dans le quatrième enfin , la borne fatale où toutes les grandeurs et tous les plaisirs viennen se briser, l'angle d'un cercueil. Ch. Baudelaire parle avec grand éloge dans ses œuvres de ce tableau , qui convenait parfaitement à son humoristique talent.

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