‹ Promenade à travers le Paris des martyrs, 1523-1559Chapitre 10 sur 23 · LE CIMETIÈRE SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

LE CIMETIÈRE SAINT-JEAN

fait champions en l'ordre de son fils Jésus-Christ. Tous deux ont été instruits en la ville de Genève et d'icelle sont sortis pour aller au combat spirituel de sa querelle. Etienne, comme aîné de son frère Denis, fut mis en exploit le premier, étant sorti de Genève (oij il avait sa famille) pour y amener et conduire quelques fidèles d'Orléans et de Blois. Mais le Seigneur qui par sa puissance admirable besogne continuellement et conduit tous les mouvements de ses créatures, arrêta tout court ce sien serviteur et toute sa compagnie à Château-Renaud (1) par un prévôt des maréchaux exécuteur de son décret — Anne Audebert (de laquelle ci-après sera décrit le martyre) était en la dite compagnie pour venir à Genève. Mais le chemin et le but de leur entreprise fut abrégé, et pour une cité et ville de refuge qu'ils cherchaient ici-bas, le Seigneur en donna une permanente et durable à jamais. Etienne fut mené de Château-Renaud à Paris ; où après avoir rendu témoignage à la vérité de l'Evangile, fut condamné par les conseillers de la Chambre qu'on a nommé ardente, du Parlement de Paris, d'avoir la langue coupée et d'être brûlé à petit feu. Le cruel tourment qu'il endura de courage tant résolu, en la place du cimetière St-Jean, étonna grand nombre de spectateurs de sa mort. »

Martyrologe, t. I. p. 537.

(i) Cliàteau-Rcnaud, dans l'Orléanais, à trois lieues de Montargis.

L'Abreuvoir Popln

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