L ABREUVOIR POPIN OO
D'autres regardent comme fondateur de l'église ce Séverin d'Agaune que Clovis aurait fait venir de Savoie et qui l'aurait, par ses prières, guéri d'une fièvre mortelle.
Quoi qu'il en soit, il y avait à Paris en 1535 un cordonnier qui habitait près de l'Eglise St-Séverin. En même temps que cordonnier, il était aussi maître d'école. Sa femme que les documents appellent aussi « maîtresse d'école » était communément appelée la Catell'j. Le Martyrologe qui nous fournit son nom déclare savoir peu de choses sur elle. Il rapporte seulement qu'elle fut emportée par la tempête déchaînée par l'affaire des placards et qu'elle fut brûlée vive sur la place qui est au bout de la rue de la Huchette, autrement dit la place St-Michel d'alors (1). Mais nous croyons qu'il y a ici i ne erreur. C'était la justice de l'abbé de St-Germain dos Prés qui s'exerçait place St-Michel. Or cette place se trouvait à la limite extrême de cette justice et le quartier St-Séverin n'en relevait plus.
Driart paraît, ici, mieux informé et plus précis. Il dit que La Catelle était maîtresse d'école de la paroisse St- Séverin, qu'elle avait 36 ans environ, qu'elle était luthérienne, qu'elle fut menée dans un tombereau devant Notre-Dame, puis, ramenée à l'abreuvoir Popin où elle fut pendue à une potence et laissée choir au feu toute vive. »
Le Journal d\m bourgeois de Paris nous rapporte un
(i) Martyrologe, éd. Toulouse, p. 3o5.
des crimes de la Gatelle, elle mangeait de la chair aux vendredis et samedis. Quant à la Chronique du roy François /" elle ajoute qu'elle défendait à ses écoliers de dire leur Ave Maria ni aucune autre salutation à la Vierge Marîe. (i)
L'auteur de cette Chronique est un prêtre qui n'aime pas voir les « luthériens » mourir impénitents. Il prétend que la pauvre institutrice se repentit, qu'elle confessa avoir erré avec plusieurs, qui depuis ont été exécutés à oe même temps, qui seraient longs à nommer, tant de ceux qui avaient attaché les placards que autres qui avaient erré en notre foi. »
Nous verrons qu'Erasme repoussait ces témoignages intéressés au sujet de prétendues abjurations tardives. Ici, la Chronique est prise manifestement en défaut puisque, au dire de Driart lui-même, la condamnée fut brûlée vive. Si elle avait fait le moindre acte de repentir, consenti seulement à répéter une prière à la Vierge, elle aurait, comme d'autres, bénéficié de l'étranglement préalable.
(i) Chronique du roy Fmnçois Z*"", p. ii3.
L'AiiciiE ET l'A HiuH vont l'cii'iN i:.\ ISiO.
La Place de Grève