‹ Promenade à travers le Paris des martyrs, 1523-1559Chapitre 3 sur 23 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La Croix du Tiroir

(du Trahoir, du ïirouer), au coin do la rue Sainl-Honorc et de la rue de l'Arbre sec.

La Croix du Tiroir. — Ses victimes. — Audebert Valeton. — Nicole Lhuillier. — Simon Foutrct.

« La croix du Tiroir, est la première chose remarquable que l'on distingue dans la rue de St- Honoré » ainsi s'exprime un historien de Paris en 1698. « Elle est au ooin de la rue de l'Arbre-sec (1), appuyée sur l'an^^le d'un pavillon dont la maçonnerie est assez belle, dans lequel se fait la décharge des eaux d'Arcueil, qui pas-

(i) Aujourd'liui au coin de la rue de l'Arbre Sec et de la rue St-Honoré.

L' (( Arbre Sec », c'est la potence qui s'élevait sur la place du Tiroir.

sent SOUS le pavé du Pont-Neuf, ensuite mêlées avec celles de la pompe de la Samaritaine, elles se distribuent au Louvre, aux Tuileries, au Palais-Royal, et à d'autres endroits particuliers et la manière dont cette distribution se fait est assez curieuse à voir. Ce pavillon a été bâti par François Miron, prévost des marchands qui entra en charge en l'année 1604. » Quelques historiens prétendent que c'est à cet endroit que Brunehaut fut traînée à la queue d'un cheval indompté par ordre de Clotaire II. C'est pure légende.

En tous cas, en 1698, on exécutait encore des criminels sur cette place puisque Germam Brice dit : « On fait assez souvent des exécutions de criminels devant cette croix, principalement de ceux qui sont convaincus d'avoir fait de la fausse monnaie, à cause que la maison où l'on fabrique la monnaie n'est pas fort éloignée de cet endroit. « (1)

La raison est naïve — mais la coutume était ancienne.

La place du tiroir s'appelait ainsi parce que l'on y tirait les étoffes dit Lebeuf (2), mais, d'après Berty, ce que l'on y tirait ou plutôt triait, c'étaient des animaux de boucherie qu'on y amenait ? La croix que l'on avait érigée d'abord sur la place avant de l'appliquer au pavillon de François Miron, remontait à la plus haute antiquité. Elle fut détruite en 1789.

(i) Germain Brice, Description nouvelle de la ville de Paris, Paris, 1698, t. I, p. 97.

(2) Histoire de la Ville de Paris, éd. Coclieris, t. I, p. 98, et ihid., p. 176.

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