PRÉFACE
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Les lecteurs de l'Opinion Publique savent que l'Histoire de l'Ile aux- Coudres de M. le Grand-Vicaire Mail loux, qui à paru en grande partie dans ce journal, a été interrompue soudainement sous prétexte qu'elle n’offrait pas assez d'intérêt, Mais bien peu d'entre eux savent qua les propflétaires de ce journal ont été forcés ensuite d'imprimer le reste de cette Histoire, de la mettre en brochure et de m'en livrer deux cents exemplaires. Il n’est pas inutile de faire connaître les circonstances qui ont amené ce résultat, parce qu’elles peuvent servir de leçon aux imprimeurs, etde moyen de protection aux auteurs qui ordinairement ne s’entendent pas en affaires et qui sont souvent exposés à être frustrés du prix du leurs labeurs.
Lorsque j'acceptai la tâche ingrate le surveiller l'impression de | Histiré de l'Ile-aux-Coudres, je ne me dissimulai pas qu'elle serait regardée avec dédain par un certain public.
IL s’y rencontre, en effet, une foule de détails qui peuvent paraître minutieux et insignifiants pour les esprits frivoles et superficiels, accoutumés aux lectures à sensation ; mais je savais aussi que les lecteurs réfé.
chiset v'aimentsérieux en jugeraient autrement; el j'en ai eu le témoignagne de la part des bommes les les plus éclairés, Ils savent qu’il n'e-
xiste dans notre pays aucune paroisse qui possède son histoire complète ; et pourtant qui pourrait nier que ce.
ne soit là un sujet réellement digne d'attention et dont l'étude est inême nécessaire pour quiconque veut connaître à fond notre histoire et notre génie national, Pour nous autres Canadiens qui avons chaque jour sous les yeux le spectacle de nos mœurs et de nos coutumes, un pareil sujet peut paraître, au premier abord, vulgaire et sans intérêt; mais les étrangers qui arrivent parmi nous, y reconnaissent un cachet d’origi-
| nalité qui leur plait et les attire
| parce que, venant d’un milieu diffé-
rent, ils peuvent établir une à à raison qui nous échappe; et s'ils | veulent en chercher la description dans les livres, ce n’est pas dans la grande histoire qu'ils la trouveront, mais dans les histoires particulières, | simples et vraies, pleines de détails et de faits où ils se voient, pour ainsi |dire, face à face avec le peuple dans sa vie journalière et dans lesdiverses phases de son existence.
D'autres compatriotes écriront tôt ou tard l'histoire de leur paroisse avec plus de talent et d'élégance que M. Malloux; mais personne ne le fera avec plus de conscience et de vérité.
L'impression de l’Æistoire de l'Ile.
aux-Coudres était commencée depuis plus de six mois, lorsque je reçus de
Pal J PREFACE
M. David, l’un desrédacteurs de l'Opi-| remplirles conditions. Force leur fut
nion Publique, une lettre me demandant le reste du manuscrit, afin, m'écrivait.il, d'en abréger ceriains détails qui lui paraissaient trop longs. Je
donc de s’exécuter, d'imprimer le reste de l'ouvrage et de m: livrer deé deux cents exemplaires, dont j'ai pu distribuer gratuitwment une bonne
rm'empressai de le lui expédier par/|partie aux amateurs et collection-
le retour de la malle, quoiqu'il me parût regrettable de tronquer ce tra-
ñeurs d'ouvrages canadiens.
Avis aux imprimeurs et rédacteurs
vail tout canadien, tandis qu'on rem-|de journaux qui seraient tentés d’a-
lissait tant de colonnes
’écrits européens plus ou moins bien choisis, et de romans plus ou moins moraux.
Quelques jours après, sans avoir requ aucun avis préalable, je lus dans i'Opinion Publique que l'impression de l'Histoire de l'Ile aux-Coudres était discontinuée, parce qu'on y trouvait pas un intérêt suflisant. Je laisse à juger de la délicatesse d’un pareil procédé. Four moi, personnelment, accoutumé depuis vingt ans aux incidents du journalisme, il m'’é6tait assez indifférent et me débarrassait d’un travail de correction fastidieux. Mais c'était une injure
u journal} buser de leur position ; et aux au-
teurs qui ne veulent pas devenir leurs dupes.
M. le Grand Vicaire Mailloux avait écrit à la suite de son Histoire de l'Ileaux-Coudres, une Promenade autour de l'Ile, dans laquelle 1l avait fait entrér une multitude d'observations
judicieuses, d:notices biographiques,
de souvenirs de sa longue vie, qui n'avaient pu trouver place dans son premier travail, Ce manuscrit-m'était resté en mains, et j'avais renoncé, quoiqu'à regret, à le publier, lorsque M. Firmin H. Proulx, rédacteur de la Gazette des Campagnes qui prend un singulier intérêt à toutes les pu-
gratuite et publique faite à l’un des| blications canadiennes, et à qui j'en
prêtres les plus vénérés du clergé canadien qui venait de mourir,
En s'en rendantcoupable, M.David était loin de soupçonner quelle sé.
vère réprimande il allait s'attirer de la part de ses maitres, les propriétaires de l’'Opinion Publique. Je m'étais muni, avant de commencer l'impression de l’ÆHistoire l'Ileaux-Coudres, d'un contrat, écrit en bonne et due forme, par lequel ils s’engagaient à m'en livrer deux
cents exemplaires en brochure, après
l'impression dans le journal. Je mis ce eontrat entre les mains d’un avo-
cat qui somma les propriétaires d'en | Ririère-Ouelle, novembre 1880.
parlais un jour, m'offrit spontanément d'imprimer ce manuscrik en feuilleton dans son, journal et de le mettre ensuite en brochure. J'acceptai vet offre avee empressement, heureux Ge pouvoir, grâce à l'initietive éclairée de M. Proulx, soustraire à l'oubli une des peintures les plus fidèles de nos mœurs qui ait paru jusqu'à ce jour, et d'ajouter celte œuvre de mérite à tant d’autres qui ont rempli la carrière de M. le Grand Vicaire Mailloux et ont reudu sa mé:
moire si chère au peuple canadien.
L'apsé H. R. Casénaix.
Histoire. Une foule d'événements des