‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 27 · L'LLE-AUX-COUDRES · texte numérisé non relu

L'LLE-AUX-COUDRES

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE |ses rivages, le pittoresque des mon: Je n’aurais fait connaître ma pe- tagnes qui l’environnent, et le mou-

üte Ile aux Coudres que bien impar- | "ment de ses flots qui s'approchent faitement si je me bornais à ce que ou se retirent sans cesse de ses rives

mrérqe t PY k semblent lui donner comme le jeu LUN ne 0e jusqu'à présent daus 807 de vastes organes de respiration. hommes remarquables, des traits ca-| Pour connaître les beautés que ractéristiques, des légendes singu-| renferme l'Ile aux Coudres et la julières, la configuration même decette | 8er équitablement, il faut la parcou- Ile, ne sauraient être passés sous |rir. Rien, au reste, n'est plus agrésilence. Le petit monde qui habite |able qu'une promenade autour de l'Ile possède une abondance de vie | celte petite Ile. Si mon lecteur veut et d'activité si remarquables ; ses|se procurer ce plaisir, je vais lui mœurs sont tellement distinctes de | servir de cicérone. celles des grandes paroisses ; s0n| Nous allons faire le tour dé l'Ile union, son inépuisable charité, 1a | aux Coudreset, sans hésiter le moins aix dont il jouit, méritent d’atrirer | du monde, je vous donne ma parole ’attention de tout homme observa-|que vous ne regretterez pas les quelteur. L'Ile aux Coudres elle-même ne | ques heures que vous allez consacrer saurait être jugée sans être connu en | à celte excursion. Car je vous assure détail. Pour en apprécier les beautés|que je connais parfaitement bien et ce qui la distingue de toutes les mon le natale, et, tout en nous danautres Iles, il faut la parcourir et|dinant dans une antique voiture, l’'examiner avec soin. Sa manière | j'aurai une foule de choses à vous d’êtreau milieu du fleuve, sesrivages, | faire remarquer et de belles légendes sa position, les points de vue qu’on y|à vous raconter. En passant auprès découvre, son isolement même, tout |des maisons,je vous frai connaître

y est remarquable et digne d’inté-|un certain nombre d'hommes, dont

resser ceux qui aiment notre Saint-|la vie, pour s'être passée sur un aussi

Laurent; la beauté de ses eaux, lapetit coin la terre, n’en est pas ê de | moins digne d'être connue,

variété de ses Iles, la singularit

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Permettez-mioi maintenant de vous donner une idée générale de la route que nous allons parcourir. Sa langneur est d'environ cinq lieues, A l'exception de qnelqnes arpents, dans les anses du bout d'en haut, le che:min est ouvert sur un terrain solide que les dégels du printemps ou les pluies de l'été ne sauraient endommager, Nous ne rencontrerons que deux côtes, dont l'une à descendre et l'autre à monter, Elles sont passablement longues et surtout assez raides, pour nous faire mieux appré cier la beauté du reste du chemin, surtout celui du sud. Quand nous y serons parvenus, je vous ferai remarquer le garde-corps de la côte du cap.. En examinant son état de vétusté, vous n’hésiterez pas plus que moi à croire que ce garde corps a dû être posé à une époque qui ne doit

as être de beaucoup postérieure à la écouverte de notre pays. Nous passerons sur deux ponts remarquables, vous vous en apercevrez à première vue, non par la beauté de leur construction ni par la richesse des matériaux qu'on y a employés, mais par leur cachet d’antiquité. À coinmencer au bas de la côte du vieux Vital Mailloux, un peu plus haut que l'extrémité est de l'Ile, jusqu’au ied de celle du Cap à Labranche, ge chemin suit les sinuosités du rivage du fleuve, à l'exception toutefois des deux bouts de l'Ile dont 1ls coupe les pointes. Entre la côte du vieux Vital Mailloux et celle du Cap, sur la partie-nord de l'Île, le chemin passe sur les hauteurs.

Vous connaissez maintenant les qualités de la route qu'il taut parcourir pour faire une promenade autour de l'Ile. Quant au temps convenable pour jomir des agréments qu'offre cette promenade, je vais vous aider à le connaître. Voulezvous voir l'Ile aux Coudres revê tue de ses habits de semaine ? Prenez le temps des marées basses, et vous la trouverez dans son déshabilié.

Peut-être alors ne vous paraîtra:t-elle pas digne de beaucoup d’admiration.

Car vous savez que les plus belles personnes ne paraissent guère belles dans leur négligé. Au contraire, voulézvous la voir dans toute sa beauté et dans toutes ses grâces ? choisissez le temps des grandes mers, au moment où les bel:es eaux de notre Saint Laurent viennent caresser ses rivages, après en avoir couvert les abords de leur manteau argeuté, Alors l'Ile aux Coudres sera en grande toilette et s'offrira à vos regards comme une dame des grandes villes qui s’est préparée | pour aller visiter les magasins de nouveautés. Dans ce temps, vous trouverez l'Isle aux Coudres belle à ravir.

Si le vent souflla et soulève les eaux du fleuve, vous verrez les vagues s’avancer, la tête haute et d'un aspect meaaçant, pour venir envahir le chemin où vous passez, et vous comprendrez peut être mieux, ces paroles du prophète-roi :

les soulevements de la mer sont admirables: mirabiles elationes maris.

Mais vous souvenant que Dieu les a bridées et que c’est lui qui tient les

| rênes, vous vous moquerez de leurs

menaces. Puis, vous verrez Îles vagues fondre avec impétuosité sur le rivage, comme pour le renverser ; mais, repoussées avec mépris par de petits grains de sable, vous les verrez reculer en frémissant de colère vers celles qui lies suivent, s’associer avec elles pour revenir livrer un nouvel assaut aussi impuissant que le premier, enfin, de guerre lasses, s'éloigner lentement de la plage. Et dans votre admiratior, vous direz lavec moi: voilà ce que peuvent [contre la barque de Saint-Pierre, qui est l'Eglise du Dieu vivant, ces hommes hautains qui, depuis plus de dix huit cents ans, menacent de la submerger dans les eaux soulevés par les tempêtes des passions, les fureurs de l'impiété, les emportements de l’orgueil et les ressorts du libertinage. Pardonnez moi ces réflexions que la vue de limpuis-

tance des vagues éontré des grains dé säble m'a si souvent rappelées.

Si toutefois vous n'aimies point

éntendre le bruit des vagues venant |

déferler au rivage de l'Ile aux Coudres, choisissez pour votretour de promenade, un de ces jours où lés

rtés dés Cavernes qui rénferment es tempêtes, orit élé fermées, comme dprès uné séance orageuse, où on

à ordonné de vider les galeries et |

de fermer celles de la grande salle des délibérations, pour y fâire revetir le calme.

Vous verrez alofs lés eaux qui bordent les rivages de l'Île, dans ün aspect qui n'est pas dépourvu de

Cé charme qu'aime les âmes paisibles |

ét craintivés. Vous admiterez l'ap- Lbige de düucéut et de bienveil ancé qu'elles ont en s'avançgant sans bruit, $ans commotion, saus même faire épée EX qu'elles péuverit deveñir redoutables quand

on ies excité à la colèré, Regarder plutôt comme elles touchent légèretent les sables du rivage! comme

een de la vois ainsi, clié m'avèr.

tit du danger que jé courfais en mé livrant à es fureurs. Lorsqu'an contrairé, je la vois paisiblé, tranquillé, ayant l'appirence d'uh agneau, jé m'en défie. Elle me sethble alors ressembler aux awis qui ue nous font des caresses, des douceurs, que pour préparer plus sûrément une trabison, Au reste, châcun $on goût.

D'ailleurs je suis asses de l'opinion de l’auteur de ce couplet:

“Ne va au bal qui n'âimerà la danse,

4 Ni aur La mer qui craindra là danger,

4 Ni au festin qui ne voudra maugér

# Ni à le Cour pour dire 66 qu'il pense, ”

Pour moi je suis d'avis que le tour de l’[le aux Coudres ne peut être une charmante promenade que lorsqu'on le fait à marée haute, pendant le temps des grandes mers.

Jé conseillerais de commencer cette promenade en partani de l'église et continuant par le cêté sud pour revenir par le côté nord. En suivant cette direction, Les points de vue, qu'offre la rive sud du f'uve, apparaissent dans toute leur beau'é.

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élles ôsent à peine én remuer les moindres grains ! Elles sémblent| L'arrivée au Cap à-Labranche, dont éraindre de lès déranger ou de les|l’élévation permet d'embrasser un froisser les üns contre les autres [| vaste et loivtain horizon, présenté Ne dirait-on pas qu'elles ne viennent ensuite un spectacle vraiment maäu rivage qué pour lé baiser amou-|guifique à l'æil dé l'observateur. reusément, le caresser doucement,| Nous partirons de l'église, vers l'huecter un peu, de crainte qu'il |lés trois heures de l'après-midi, par ñe souffre de la soif. Puis lui ayant | un beau soleil des mois de juillet fait uné visite pleine de cordialité, ou d'août, lorsque les eaux du éllés lui disent un long adieu, en |fleuvé, pendant les grandes mers, en rétirant petit à petit, Comme si | s’approcheront lé plus près possible éllés regréttaient de ne pouvoir du chemin de la Baleine, où nous REnee leurs caresses ! Si deés|allons passér d’abord, puis nous auteurs du rivagé vous portez au |réviéndrons par celui du nord de loin vos régards, vous r'’admirerez l'Ile, pas moins les douces éndutations | Quantà nôus procurer une Voiüi semblent vous dire dé vous côn-|ture, l4 éhôsé ne soufrira pas la r à leur mobilité sans craindre moindre difficulté. Æu premier cri, qu’elles aient la moindre envie dé mous én aurons dix si nous én vous ouvrir un tomibeau dans leurs | avons besoin. Cotmé vous le savez abimes. déjà, je pense, les habitants de l'Ile Chacun son goût sans doute. Sans |aux Coudrés aimeñt à rendre sérvice blrner celui qui dime la tranquillité | et & procurer aux éträugérs le plaidu feu ve, j'aime mieux con’empiér, |sir de faire lé tour de là terre où du rivage,la mer agitée par la brise |ils démeurent. C'est uné véritable et soulevant sen flot# reñagante. | lèté pour eux. D'ailléurs, jé voué

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avouerai confidentiellement, qu'’ayant l'intime persuasion que leur Ile est belle et charmante, :is aiment à la faire admirer par les trangers et à leur entendre dire qu'il n’y a aucune localité aussi admirable. En cela ils imitent la conduite d’une certaine petite fille que sa maman avait parée comme uve catin. La petite se croyait anssi belle qu'un archange, et elle voulait faire partager à d’autres l'admiration qu'elle avait pour ses grâces ; car :

# Cette reine des cœurs qu'on nomme la beauté, “# Aux plus libres esprits fait aimer eon ompire.” En conséquence elle avait été se placer sur le seuil de la maison de

pas un crime aux habitants de l'Île aux Coudres d'admirer les beautés de leur petite Île et d'être heureux quand quelqu'un les admire aves eux.

Je crois devoir vous avertir que si vous aimez à trouver le luxe qui dévore notre société Canadienne et qui se montre jusque dans les voi- |tures dont on se sert pour voyager, | vous n’en rencontrerez point de cette espèce à F'Ile aux Coudres +. Vous irouverez peut être les habitants en arrière de leur siècle. Quant à moi, je suis Convaineu qu'en cela, comme dans une foule d'autres choses, ik ne faut pas trop écouter les exigences de la nature, Je suis donc d'avis que les habitants de l’Ile aux Coudres

sa maman pour s'offrir aux regards! Ont raison et qu'ils feront bien de ne des passants. C'était dans une de nos | Pas avoir des voitures, qui contribue-

villes qu'avait lieu cette scène comique. Plusieurs passanis comprirent dans quel but la petite créa

|raient pour beaucoup à détruire le |peu de bien-être temporel que leur (ournit la Providence. Si les habi-

ture était venue se placer là, ils lui |tants de l'Ile aux Coudres avaient firent le compliment qu'elle était|de longs et pénibles voyages à faire belle à ravir et l'enfant de se gour-| Par de fort mauvais chemins, comme mer et de jeter un cri de triomphe. [1 | Ceux qui vivent sur la côte sud ou arrivaqu'un homme, occupé peut celle du nord du fleuve, on pourrai être de quelque affaire plus impor. | Peut-être les trouver répréhensibles tante que celle de regarder la petite de ne pas avoir des voitures plus à catin, ou peut-être encore qui n’ai-|là mode, mais ils sont renfermés sur mait guère ce genre d'exhibition,|leur petite Ile, les chemins qu'ils vint à passer auprès d'elle et ne dai-| Ont à parcourr sort parfaitement gna seulement pas jeter un regar“sur|Unis, et leurs voitures sont ce cette poupée. La petite en fut profon |du'elles doivent être pour de semdémentétonn$e, et, dans sa juste indi- | blab'es Chemins. Au reste, vous gnation, elle se retourna vers jui et|Maurez pas parcouru la distance cria de toute la force de sa voix:|de quinse arpents autour de lle Quoi! monsieur, vous ne regardez | AU® quelque délicat que vous soyez pas combien je suis belle ! [vous ne seutirez nullement le be- Je vous préviens que les habitants | “212 d'être assis sur un siége appuyé de l'Ile aux Coudres sont un peu de | *"! des ressorts élastiques et mollets. l'opinion de cette petite fille. Els| Je termine ici les remarques géaiment que les étrangers qui font le |Mérales que je croyais vous faire tour de leur IJe, ne passent pas de. |SUr noire promenade autour de 1 Ile vant ses beautés sans les admirer et|41x Coudres. Vous me pardonnerez de plus, sans le dire. Au reste, |{ y avoir fait entrer certaines réflexileur prétention vous semblera ‘un |—— peu misux fondée que celle de la! + Depnis que ceci à été écrit (printemps petite coquette, qui n'avait qu’une de 1869) on à commencé à introduire dans beauté empruntée, au lieu que les 13e 5e D sheet fa np Le Ange ne charmes que possède leur Ile gont |" 4072 de #20. JMalutenaut ghe la porte

: x est ouverte, où s'arrôtera-t-on ? Car rien des dons de Dieu, Ne faisons donc | n’est contagieux commale laxe.

PROMENADE AUTOUR DE L'ILE AUX COUDRES il

ons sur des choses qui ne s'y ratta-| Père François Leclerc, que j'ai touchaient pas. Mais elles se sont of.|jours regardé comme mon père fertes à ma pensée et, ma plume qui|adopntif, depuis qu'étant encore ‘ien parfois, marche sans trop savoir où | jeune j'ai passé un assez long temps elle aboutira, les trace sur le papier | seul avec lui seul. Je vous donnerai avant que je puisse m'apercevoir que | quelques détails sur sa vie au retour je divague. Je sens le b-soin de vous|de notre promenade. demander un pardon général pour :

les digressions que ma plume se, eut voilà rendu es use de D pendant notre promenade. | "à cé safe grey 4 de pa te Je suis convaincu que, quelquefois, |, 4e Pa ‘gants, je panso. elle pourra vous dédomuager de|C'est nn vrai modèle du gènre sans vous avoir fatigué. prétention. Les habitants de l'Île aux £ ne faut pas songer à vous mettre | Coudres, Jui #ont de grands amaen route aujourd'hui pour ia bonne|teurs d'antiquité, font durer leurs raison qu'il est trop tard pour faire[ travaux publics, autant qu'il est le tour de lle avant la nuit, temps] POssible, sans beaucoup s'inquièter où vous ne pourriez pas distinguer si, dans ces travaux, ils marchent les beautés que j'ai à vous indiquer, Je 28 me cr pas avec leur siècle. par la raison, dit-on, que ia nuit|9® Vous déclare ingénument que J6 tous les c‘ats sont gris n'ai pas le courage de les en blâmer. N'oubliez pas que nous partirons Car, à quoi doit servir un pont, si ce eur les trois heures de l’après-nidi.|N€Si pour fournir un moyen de

Adieu donc et à demain. sans faute. | PaSSer sur un cours d'eau ? Dès qu'il ? [nous rendra ce service, qu'avons-

nous besoin de nous occuper de ce qu'il est en lui même ?

CHAPITRE SECOND DÉPART POUR UNE PROMENADE AUTOUR DE L'ISLE AUX COUDRES. La grande maison de pierre que Il est trois heures de l'après-midi. | "OUS apercevez sur voire gauche, La marée montante couvre déjà les | 1554 loin du chemin où nous pascornes les plus avancées des pointes | 5005, est le moulin à farine qui ne de l'Ile, le soleil brille dans son | Peut marcher que dans la crue des éclat, le temps est clair et permet de |°2ux de l'automne et du printemps distinguer tous les objets. Un vent!®t Auelquefois pendant l'été quand léger soul: du large pour tempé- il plaît à Dieu de lui faire la charité rer la chaleur. Il fait le plus beau | d'envoyer de grands orages. Où a temps possible pour jouir des agré-| TU bien faire na plaçant " monts ments d’une promenade. Notre ene. | *uT Ce Cou: d'eau, mais on s'est val n’a pas l'air de prendre Le mors|t"ompé. L'opinion de Monsieur Deaux dents. Notre voiture est révulle. | . PEVCREQUE au SéIDINAITe aans ment du temps passé. Partons sans de. |:° teIDP8 qu'on l'a bâti, était contre lai, cur il nous faudra bien souvent | le chuix qu'on a fait de cette rivière. faire prendre à notre cheval le tram | [ avait raison. de la blanche, ou arrêter noire marcue,| Un souvenir bien douloureux se si nous voulous avoir le temps de | rattache à l’endroit de l'Ile où nous preridre connaissance de tout ce qui !soumes. C’est ici, sur le côté sudpourra nous intéresser, ou mériter | ouest de cette rivière, que le 28 de une mention spéciale. {juin 1819, Monsieur Pierre Thomas C'est daus la première maison |Boudreault, alors curé de l'Ile aux que nous rencontrons, à notre |Coudres, fut frappé d'une attaque gauche, sur le bord du chemin, que |d’apoplexie qui l'obligea à abandonle 27 janvier 1876, à l'âge de 9lans ner la desseïte de cette paroisse et mourait dans là paix du Seigneur !|le conduisit à la mort arrivée le 26 comme il avait vêcu, le bon vieux | mai 1822, |

lé PROMENADE AUTOUR DE L'ILE AUX COUDRES

Le “ati de ce même jour, il avait chanté le service d’un vieillard du nom de François Gacan, âgé de goixante-dir-ans. Ce Fe le dernier acte de son ministère.

C'est dans cette maison que voilà, à notre gauche, sur le bord du chemin quest né M. Elsi Victotorien Dion, aujourd'hui (1870) curé de Sainte Hénédine. Ji avait, nenf ans lorsque sa famille laissa l'Ile, On le compte avec raison, au nombre des prêtres que l'Ile aux Coudres a donnés au Clergë Canauien f.

Voici, à votre gauche, la clôture nù devait commencer la magni fique terre qui, lors de l’établissewent de l'ile devait appartenir à la fabrique. Elle embrasse tout le nord de la pointe où passe le chemin pour sy prolonger ensuite jusqu’au traitcarré qui sépare les terres du Cup à la Branche de celles de la Côte de la Baleine. Voyez vous même s’il y a quelque part ailleurs, une position vlus ravissante pour une église.

Quelle charmante place pour un presbytère ! Quelles délices n'aurait pas eues cette demeure pour un curé ce l'Ile aux Coudres, qui séparé de ses confrères, v:. dans un isolement, lequel ;rolongé pendant des années fatigue l'âme la plus courageuse.

Quel soulagement n’eût-il pas éprouvé dans ses longs eunuis, s’il eut pu jouir des agrétents d’une po sition cù il aurait eu tant et d'aussi ravissants points de vuel Mais jes aucieus da l’Ile aux Coudres n'en ont point jugé ainsi. Leurs vaines terreurs des vents du nord leur ont fait placer leur église dans cet enfoncemeut où vous la voyez, comme si elle eût dû être desservie par des curés qui ne devaient jama:3 avoir besoin de regarder d’autres objets que le petit bassin de l’anse qui se trouve auprès d'elle !

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tM. Eloi Victorien Dion est néle ler de wars 1828, I fut baptisé par M. Joseph Asselin.

Nous voilà au baut de cette belle et magnifique Pointe des sapins, que je regreklterai toujours de n'avoir pas été choisie pour y bâtir l'église.

Arrêlons-nous, ici, pendant un petit quart d'heure... Portez vos regards sur la r:ve-nord du fauve.

Vous allez apercevoir les maisons de la Petite Rivière Saint Frangais, comme accolées au pied des hautes montagnes qui bordent le f:uve : ces maisons semblent s’y appuyer pour trouver un refuge contre l'envahissement des eaux qui, travaillent incessamment à détruire les riches terres qu’on voyait autrefois s'6tendre au loin vers le large. Comptez ces maisons et vous serez surpris de leur petit nombre. La plupart de celles q'ie vous voyez aujourd’hui seront envahies par les flots, dans un terups peu éloigné, et obligées de leur céder la place qu'eiles occupent.

La Pelite Rivière est très-renommée par ses pêches à anguille. J'ai connu un nommé Pierriche (Pierre) Bluteau qui, dans une seule marée en avait pris trois mile. San fils, Grégoire Bluteau, me disait que, dans l’automne 1868, il en avait pris seize cents, dans une seule marée. On y fait aussi une grande quantité de sucre qui, avec les pêches à anguille est à peu près le seul moyen de vivre. Si jainais vous mettez le pied à la Petite Rivière, vous ferez Rien d'aller visiter l’église paroissiale, ek vous verrez avec étonnement qu'elle est suffisamment longue pour recevoir cioq à six bans, l’un devant

| l'autre, dans l'étendue de sa nef.

Après avoir regardé en pitié ces maisons acculées çontre ia bâse des énormes montagnes, voulez-vous contempler quelque chose quiétonne et ravit un même temps ? Considéres d'ici, de cette belle Pointe des, sapins, où nous sommes celle majestueuse chaîne de Mmoutaguües rocheuses, que les habitants de l'Ile aux Coudres appellent les Caps, Regardez-les depuis leurs larges et solides bâses qui viennent sé baigner dans les eaux du grand fleuve jusqu'à leura cimes

si pittoresques, si différentes leslet si charmante, qu'on ne peut en unes des autres par leurs hauteurs, | détacher ses regards quand on les leurs formes et leur étendue. Ne !Côtoie de près enpassant sur les eaux semblent elles pas s'élancer jusqu'à |de notre Saint-Laurent. Un peu la voûte du ciell La bâse la plus!|plus au sud, considérez ces gros éloignée que vous apercevez allon-|points noirs que l'eau environne, geantson cou dans les eaux du fleuve, | ce sont les rochers de l’Zle aux Grues est celle du Cap rouge qui cache à |et de l’Z le aux Oies, chacune encore votre v' celle du célèbre Cap|plus petite que l'Ile aux Coudres. T'ourmente sur la cine duquel a été | Un peu plus vers le nord, voilà la planté une eroix t par d'anciens | Butte à Chatigny, placée sur la partie élèves du Séminaire de Québec. On | ouest de la batture aux Loups-marins, la voit distinctement du fleuve. très-remarquable endroit de chasse. Tournez maintenant vos regards | Autrefois, les vieux chasseurs de vers le sud ouest et vons ailes aper-| l'Isle aux Coudres y ont tué beaucevoir la crête de plusieurs Iles|Coup de gibiers de mer, alors que les qui ressemblent à des satellites en-| Messieurs du Séminaire de Québec vironnant la belle et féconde Ile|la regardaient comme faisant pard'Orléans, dont la rive sud, de-ltie des batlures attachées à leur puis surtout l’église Saint-Jean, en [seigneurie de l'Ile. remontant le fleuve est si pittoresque! Le gouvernement canadien ayant TT contesté les droits du Séminaire à t Cette croix, que l’on peut apercevoir à | la possession de cette batture, le Sé-

denx lieues de distance, à été plantée le 5| minaire a mieux aimé l'abandonner août 1869. Su hauteur est de 25 pieds et sa plutôt que de subir les frais d’un

largeur de 14 pouces, Elle est couverte en À

fer-blanc : elle est près de 200 pieds plus | procès pour conserver uue propriété bas que la cine du Cap Tourmente, qui est à | qui était d'aucune valeur pour lui. lus de 1850 pieds ae du nivens a Aujourd’hui elle est exclusivement euve Saint-Laurent. Par une singulière à AUS ex ee ; : coincidence, elle est à 1063 piods au-dotansdu réserve à une sauIoes de chasseurs fluuve. Cette année représente celle de la de Saint Jean Port-Joii, qui l'ont fondation du Séminaire de Québec, Cette louée du gouvernement pour une

croix & coûté, pour façon et pour transport rente annuelle excédant de beaupiès de cent piastres. C’est Monsieur le

graud Vicaire Taschereau qui a eu l'honneur coup les bénéfices de leur chasse. de la bénir, en présence d’un grand nombre | Il n’y a guère plus de cinquante aus de piêtres. d’ecclésiaatiques nt de laïques. |qne les eaux d+s grandes marées,

Cette croix est la troisième qui a été|couvrent presqu'entièrement cette plantéesur lo Cap Tourmente. La première fut | batture à l'exception toutefois de la posée vers l’année 1816 ou 1817. On ignore où | butte à Chati Mainte t 1 élle fut placée. Eile n'avait que 12 pieds de | + augny. Mainienant es haut. La seconde fut plantée en 1844; elle | Sables apportés par les vaguesde la avait 24 pieds de hauteur et6 pouces de lar-| marée montante, ont tellement sougeur et était con verte eu fer-blanc. Les élèves | ]ay6 le sol de cette battureet l'ont teldu Séminaire de Québec qui ont érigé celle! on ; & x de 144 et celle de 1869 sout : Messieurs : | lement agrandie, sd 15e étendue de F, Frédéric Baiilargé, ingénieur civil ; Ovide | plusieurs arpents n ést jamais envapronet rêtre, professeur à l'Université-| hie par les eaux.

aval; Paul de Villers, curé de Sainte-Ger- | … , trude ; Bellarmin Godbont, médecin ; Pierre Ce que nous venons de contem- Huotavocat et membre du parlement ; Léon | pler serait bien plus que suffisant Lahayr, curé de Si. Jean des Chaillons; | pour fiire chérir cette belle Pointe Antue Lemay, aotaire de le commission | 42 SAPins; d'où 005 regards ont pu

a “| nous faire jouir de tant d'objets

du Hävre de Québec. “ À quelques arpents plus haut qmelendroit | piitor-sques,. Nous n avuns pourtané où estla croix de 1869 M. Th, Hamel profes | considéré que ja petile partie des

seur au Séminaire de Québec, & fait bâtir ‘a . ira une petite chaperle dédiée à notre Notre- beautés qu'elle offre à notre admira

Dame du Cap Tourmente, Elie à été béuite tion. C'est ainsi que Dieu, dans son le 5 soût 1970, Ou y à célébré la messe, |itmimense bonté pour sa créalurs

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