‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 18 sur 27 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

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vo PROMENADE AUTOUR DE L'ILE AUX COUDRES

‘“ sèrent plusieurs carèmes aux lé- ‘“ gumes ; outre cela, ils jeñnaient ‘tous les vendredis de l’année, au ” pal et à l’eau. Voici leur coucher:

“ le curé, sur un lit que les prêtres “voisins venaient voir par curiosi- “té: (C'était une mauvaise cou- { chette dont les planches du fond ‘“ fournissaient toute la mollesse.

‘“ François dormait pendant quel- ‘ ques heures sur deux chaises. Dès ‘ Ja pointe de laurore, ils allaient ‘“ tous deux à l’église et passaient un “ temps considérable en oraison de- ‘: vant le Saint-Sacrement. Tous les “ dimanches, ils passaient tous deux “ le jour entier à l’église; ils se te- “ naient en prière devart l'autel, “afin de donner bon exemple à la “ raroisse. Le serviteur était telle- “ ment recueilli qu’il avertissait son “ maître, si celui ci semblait quel “ quefois distrait. Le père François “ (comme on le nomme ici) a gardé ‘ à peu près le même genre de vie, “ seul dans une petite maison, vi- “vant d’une manière très-frugale.

“ Depuis quelques années seule- “ ment (car auparavant il couchaïit “toujours sur un banc) il couche “ sur un lit de paille, qui n’a été ni “ changé ni remué depuis qu’il est fait. Il a continué de jeûner tous les ‘“ vendredis, et jeûne encore aujour.

“ d’hui les carêmes. Depuis -qua- “rante ans, il n’a jamais connu “ d’autre chemin que celui de sa “ maison à l’église. A présent il dit “ des chapelets du matin au soir, “ pour le monde entier. | ‘“ Le père François s'était amassé, “ par son travail et ses économies, “une somme assez ronde, mais il a “ presque tout donné en bonnes “œuvres ; l’église de Saint-Hilarion “a eu £100 en or. Il n’a jamais en “qu’un capot, qui est celui que lui a laissé M. Eangiois; il est encore “neufet pouirait encore durer nn “ siècle, sil tombait entre les mains ‘d’un autre père François... 4.

J'ajouterai que le père François avait à l'Ile aux Coudres, dans la maison paternelle, un autre frère

d’une sagesse el d’une vertu singu.

lières: je l’ai bien connu. C'était lui, comme je l’ai dit plus haut, alors

ue l'Ile aux Coudres n'avait pas

e prêtre pour dire la messe, qui lisait, à l’église, les prières de l'office avec un accent d’une admirable piété, Cet homme avail une ass: z nombreuse famille qu’il a élevé dans la crainte de Dieu.

En outre, le rère François avait une sœur, mariée à un nommé Michel Desgagners, qui était vraiment un ange de bonté et de douceur chrétiennes. Le père François avait une prédilection marquée pour cette sœur qui, quelquefois, venait lui rendre visite dans sa pe'ite maison, afin de pouvoir parler de Dieu et des choses du ciel. A peu de choses près, le père François, était bien un second Saint Benoit, et sa sœur Marie, une seconde Sainte Scholastique, tant ils étaient bons l’un et l’autre.

Le mari de cette femme était l’homme de corfiance des Messieurs du Séminaire de Québec, et il méritait bien cette confiancs par sa probité et son intégrité.

Deux autres sœurs du même père François sont mortes religieuses hospitalières de l'Hôtel-Dien de Québec.

François Leclere a donc ét6, pendant sa vie, un de ces bons, fervents et courageux chrétiens, dont l’existence sans commotion, sans trouble, sans ostentation, s’est passée retirée et silencieuse sous l’œil de Dieu, ou ne paraissant devant les hommes que pour les édifier, On peut bien comparer le père François Leclere à ces petits filets d’eau qui, dans Ja crainte d’être souillés par la poussière que les vents soulèvent, se frayent un passage dans la terre, et se rendent ainsi vers les grandes eaux de l'océan, dans toute leur purété primitive.

Le père François Leclere a légué, dans sa paroisse natale, l’exemple de vertus dont l'Ile aux Coudres ne perdra jamais le souvenir,

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Maintenant que je vous ai donné une idée du solitaire qui a vécu dans la petite maison, dont vous voyez l'emplacement, et que je vous ai offert ce que j'ai appelé le bouquet de notre promenade autour de 1 Ile,

nous allons nous rendre chez M. le curé qui nous attend avec hâte pour nous offrir sa franche et cordiale hospitalité,

(4 la suite de la Promenade autour de l'Ile qui se termine ici, M. Mailloux a écrit la biographie de son vieil ami, et insulaire comme lui, M. l'abbé Godefroy Tremblay qui forme la fin de son travail sur l'Ile aux Coudres.)

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