‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 27 · O; 1 FOUR ——.——. D · texte numérisé non relu

O; 1 FOUR ——.——. D

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O mes mains! Ô mes yenx! à mor cœur ! quels moyens ai je employés pour vous garder purs depuis que, jour la première fois, je tenais dans res mains l’adorahle victime du cal vaire, je la contemplais sous mes yeux, je la rerexais dat s mon cœur!

O mon Dieu! pardrn!

Après qu'il eut fini son action de grâres, avec qui Île respectueuse affection nous, lesprétr: s de la cure de Saint-Roch, nous ermbrassions le bon M. Tremblay, qui venait prendre sa place dans les rangs de la milice sacerdotale et s'associer à nos travaux du saint ministère dans la grande paroïsse de Saint Rocà de Québec! 1!

Mais il était réglé, là haut, que nous ne devions pas avoir longtemps cette consolation; car le nom de

vicux veyageur que lui avaient don 6 certzines femmes de Saint Roch, pendre qu'il allait aux conférences du Séminaire, allait, je ne sais trop pourquoi, devenir comme un pronostic du sort qui l’attendait pendant une grande partie de sa car-

rière sacerdotale.

A peine M. Tremblay avait été ordonné prêtre, que Monseigneur Panet l’envoyait à Charlebourg pour avoir soin de la cure du digne et vénérable M. Antoine Bedard, que ous, ses contemporains, avons tant aimé et qui métitait tant d'être aimé. Une maladie assez grave qui heureusement n’eût pas de longues suites, l’empêchait de jouvoir remplir ses fonctions. M, Tremblay s’en acquitta à la comp'ète satisfaction de cet excellent cuié qui, la première fois qu'il me rencontra, ne parla avec admiration du z2le, de la prudence et de la piété de M.

“remblay. J'étais ainsi déjà bien ré- ‘on pensé pour ce que j'avais fait en faveur de ce jeune prêtre. Car l’opinion de M. Antoine Bedard était sans replique ; il s’y connaissait.

Après quinze jours d'absence, M.

Tremblay revenait à Saint-Roch. Je n'eus qu’à me féliciter de la sagesse et de la diligence que M. Tremblay apportait en toutes chose.

M. G. TREMBLAY

Nous allions bientôt entrer dans l'été âe 1832, qui à laissé ue si douloureux souvenirs dans notre pays, surtout dans les villes de la Province.

{De même qu'à l'approche des grandes commotions, qui doivent bouleverser le monde, des pressen timents étranges, un malaise universel, des craintes sinistres qui oppressaient toutes les âmes, une même pensée de terreur que rien ne pouvait éloigner, jetaient dans les familles, dans les relations sociales, dans toutes les classes de la société et sur tous les visages, un deuil profond qui se manifostait par des soupirs et des larmes, Le choléra semblait à tous apparaître dans le lointain et menacer de faire un grand rombre de victimes.

Les fêtes de la Pentecôte qui, en l’anriée 1832, tombaient les 10e, 11e, et 12» jours de juin, approchaient.

Une atmosphère huaide, brumeuse, sombre et nestilentielle environnait la ville et les faubourgs ; une tristesse profonde apparaissait sur tous les visages.

Après l'office du matin, nous étions réunis à table, M. Tremblay était avec nous, lorsqu'un messager accourut au presbytère pour d:mander un prêire. Un nommé Letarte, je crois, demeurant au nord de l'église de Saint-Roch, venait d’être frappé par la cruelle et impitoyable épidémie. M. Ferland était demandé, et c’est lui qui eût l'honneur de nous montrer le chemin du dévouement sacerdotal. Pendant les vêpres, une seconde victime fut atteinte dans l’église. Dieu commerçait À visiter son reuple aveu la verge qui frappe les corps pour sauver les âmes. Le choléra était déclaré; il n’y avait plus moyen d'en douter,

Je m'y attendais, et il ine semble que j'y élais préparé. Mais ce n'était que comme de loin et en spéculation, lorsque l’arrivée du choléra et l’idée d’une mort qui me semblait inévitable, vinrent porter la terreur dans mon âme. J'avoue, à a grande confusion, qu’il me fallut

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BIOGRAPHIE DE M. G. TREMBLAY 93

trois jours pour me résigner à cette mort. Elle m’apparaiscait, j' ne sais pourquoi, comme plus terrible que toutes les autres. Ce n'était plus la mort en spéculation ou telle qu’une profonde méditation peut en faire naître la conviction, mais bien la mvyrt en réalité et à un âge où doit agir, dans toute sa (or'e, cet amour de la vie inhérente à la nature hu maine. Dieu cependant eût pitié de moi; il vint au secours de cette triste nature humaine, qui ne sait ce qui lui est avantageux. Car c'était bien réellement un gain pour un prêtre que de mourir pour ses frères et de sacrifier une vie périssable pour leur procurer une vie impérissable. Je savais tout cela; je l’a.

vais médité ; Je m'étais déjà résigné bien des fois, et je frisonnais à la seule pensée de mourir du choléra.

Dicu me donna le temps de me peipans, car je fus le dernier qui ui demandé pour aller administrer un cholérique. Et les trois jours de combats term'rés, Dieu me fit la grâve d’une srofonde résignation.

Vivre on mourir, mourir ou vivre, devint une même chose pour moi.

Par les combats qu’il m'avait fallu livrer pour en venix là, j'ai compris quels doivent être ceux d'in homme condamné à monrir sur une po tence, dans to te la vigueur de l’âge, et qui cor.pte les heures qui précèdent l'heure de cette mort qu’il ne peut éviter. Quel acte héroïque de résignation fait cet homme! quel imin nse pardon il doit attendre de la miséricorde da Dieu, s’il accepte cette mort en expiation de ses péchés!

M. Trembiay, comme toujours, beaucoup plus courageux bu moi,

arce qu’il possédait à un plus haut

egré que moi le véritable esprit sacerdotal, ne se trobla d'aucune faço'i à l'apparition de la terrible maladie. !1 fit comme font tous les bons prêtres, il humilia son âme sous la main de Dieu, et puis il se dévora avec un zèle admirable, une charité sans bornes et un héroïque

Aévouement, à porter les cecours re ligieux aux pauvres cholériques, dont il me semb'e entendre encore le cri de douleur que, malgré leur résiguation, les souff ances aïgues que leur causaient les crampes, faisaient sortir de leur poitrine ces paroles: Oh! oh! ça me dévorel Le courageux M. Tremblay se dévouait jour et nuit, à visiter les malades, dans un temps où l’état humide et brumeux de l’atmosphère fournissait un nonvel aliment à cette désolante maladie!1

Au moment où le redoutable fé.

au allait sévir avec la plus grande rigueur, mes trois vicaires se trouvèrent, en même temps, obligés de garder le lit par une indisposition assez sérieuse qui dura je pense, pen.

dant un jouret demi à deux jours.

On comprend que me trouvant seul en état de visiter les malades, qui tombaient par dix et quinze à la lois, je ne pouvais suffire et que, malgré toute ma bonne volonté, plusieurs mal2des seraient morts sans recevoir les sacrements si je n'avais eu M Tremblay ;car,dansungrandnombre de cas, la violence de la maladie était telle que l’homme le plus robuste, qui en était frappé, n’avait que pour une heure ou deux à vivre.

Ce fut alors qu'il me fut douné de comprendre ce que renfermait de vigueur cette àme sacerdotale, dont le corps pouvait à peine se soutenir debout sans chanceler, sous le poids de la douleur. Pour me secourir en allant administrer les malades, il se multiplia d’une manière vraiment prodigieuse. Haletant, soufilant à peine, courbé par d’atroces douleurs, ce digne prêtre ne prit aucun repos, et montra une force morale et un courage qui me jetaient dans l’admiration.

Je me rappelle que la première nuit où nous n'étions que nous deux pour administrer les malades, j'étais parti peu de temps après le soleil couché pour aller parcourir plusieurs rues où presque à chaque maison, il fallait entrer pour administrer

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