‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 27 · ITI M. MAILLOUX DIRECTEUR DU COLLÉGE— SUPÉRIEUR-—-ET OURÉ DE STE ANNE · texte numérisé non relu

ITI M. MAILLOUX DIRECTEUR DU COLLÉGE— SUPÉRIEUR-—-ET OURÉ DE STE ANNE

Nous voici arrivés à LApeg ue prin cipale de la vie de M. Mailloux:

A. MAILLOUX. G.-V

|époqu» de diffisnltés malgré 12 belles

apparences, où il a dû mettre en œuvre tous ses lalents et ernployer toute sou énerzie ; en un moi se dévelopner tout entier.

(Ici finit le travail de M. Buteau. -Ce qui suit est extrait du manuscrit d'un contemporain et de la “ Biographie écrite par M. l'abbé G. P. Côte, ” vicaire à la Ba ilique Notre Dame de Québec.)

& J'ai eu le bonheur, raconte un contemporain, de vivre an Collège de Ste Anne sous M le Grand-Vi:

caire Mailloux, deux ans comme écolier et deux ans comme professeur, C'est là que je l’ai connu pour la première fois, et depuis j'ai toujours eu une vénération quasi religieuse pour cet homme. M. le Grand Vicaire Mailloux ss montra au Collège à la hanteur de sa position. Directeur exemplaire en tout, dirigeant avec sagesse la communanté qui lui était confiée, il était venéré et aimé de tous les écoliers.

“ Vous me demandez s’il rencontra des difficultés. 11 peut avoir eu quelques difficultés, car ilest impossible que dans ure communauté d'enfants, il n’y en ait point; ces difficultés ne pouvaient exister qu'entre luiet ses confrères. Mais il était sidiscret que jamais on lui entendit dire un mot contre personne. Pour des difficultés, avec la communauté, elles n'étaient pas possibles : direction sage, imparlial envers tous. Qui aurait ôsé lui résister ? iorsque chacua comprenait qu'il agissait pour l’avantage de tous, et qu’il se sacrifiait pour le bien des élèves. IL attachait les élèves au devoir, par conviction.

Je me rappelerai toujours ses entretiens aux écoliers pendant une an uée entière, tenant lieu de lecture spirituelle. C'étaienut les commentaires sur une brochure intitulée : Le chemin de la vie, prenant l’homme à son berceau, le conduisant jusqu'à la tombe, en lui indiquant les dangers qu’il rencontre, pendant la vie,

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pour son salut, s’il n’est par fortement appuyé sur la religion. Je crois qu'il avait persuadé, au moins, la moitié des élèves; tous les soirs il était admirable et tout le monde semblait être convaincu de la vérité.

“M.Mailloux,commedirecteur, aimait sincèrement sa communauté ; ilne s’en séparait jamais. A quelquesuns qui lui remarquaient, qu’il ne sortait point et ne visitait personne, il répondait: ‘* Comment sortir et ‘ laisser seule une communauté d’en- % fants,ilne faudrait qu'un jour pour “ y voir entrer une grosse misère qui “ïirfluencerait, pour la vie, l’aveair ‘“ d’un jeune homme. ”

# Cependant, quoiqu'il réussit trèsbien à gouverner, 1l désirait et sollicitait sans cesse son départ dn Collègé, se croyant incapable de diriger des enfants, ‘ car ”” disait-il souvent. ‘“ conduire des habitants qui n’ont ‘* autre chose à faire qu’à labourer ‘“ leur terre, C’est peu important ; “ mais diriger des enfants, plus tird ‘“ des hommes ayant missio : de con- “ duire les autres, et exercer une “ influence plus ou moins grande ‘ dans la société, c’est trop grosse af- ‘ faire pour moi.—Quelle humili 6 !

“Si M. Mailloux dirigeait bien les écoliers, on peut dire avec vérité qu'il excellait à conduire les ecclési astiques. Si quelques-uns de ceux qui ont été sous sa direction n’y ont pas correspondu, ils ne l# doivent qu’à eux-mêmes, car combien de fois u’a-

- t-il pas répété ces paroles : “ Si vous

‘* voulez être prétra, soyez bon prètre, ‘* ou ne le soyez point, car les mau- “ vais prêtres sont faits dans la co ‘lère de Dieu pour punir les ‘“ peuples.” Aussi, presque tous les jours, il trouvait le moven de nous parler sur les graves obligations du prêtre. C'est surtout dans son enseignement de théologie que perçiit sa science profonde dans cette branche.

Toutes les questions lui étaient familières. Chez lui, point de doutes ; ses déisions étaient claires et pratiques, appuyées de preuves solides.

Il savait rendre cet enseignement

tellement intéressant, que les heures qui y étaient employées paraissaient toujours trop courtes.”

(Extrait de la Biographie écrite par M. l'abbé Côté.)

A la mort de M Painchand, qui eut lieu, le 8 février 1838, M. Mailloux accepta la cure de Sainte-Anne, tout en demeurant attaché au collège, au soutien duquel il consacrait presque tous ss revenus ecclésiastiques, avec cette charité qui ne s’est jamais démentie un seul instant.

C’est pour reconnaître tant de bons offices, qu’au mois de juin de la même année, Mgr Signay le nomma vicaire général, honneur qu’il méritait à tant de titres. Pendant dix ans, M. Mailloux se voua corps et âme à la desserte de cette immense paroisse, sans jamais oublier l’œuvre du collège dont il espérait tant de bien pour le p'ys.

Depuis longtemps cependant, ce saint prêt e mürissait dans son es-:

prit et réchauffait dans son cœur un projet aussi plein de patriotisme que de religion. et l’heure semblait ve nue Gù il allait pouvoir le mettre à exécution. L’ivrognerie faisait de terribles ravages dans tout ie Canada ; et elle avait alors ce caractère parti.

culier, qu’on semblait ne la coneidérer ni comme une honte ni comme un pécné bien grave. Pour combattre ce désordre affreux, monsieur le grand vicaire Mailloux se fi: exclusivement l’Apôtre de la Tempérance, et bien que le mal cût jeté déjà des racines profondes, après quelques années de travaux, ce zélé missionnaire avait changé la face du pays.

On le vit donc, pendant longtemps, armé de l’étendard de la croix, parcourir les unes après les autres les paroisses des villes et des campagnes et y établir cette Société admirable de Tempérance dont la sainte rigueur était bien nécessaire au caractère du seuple canadien et qui demanderait peut être, de nos jours encore, un

apôtre pour la raviver au milieu de nous.

Lee générations qui ont été témoins de cette première croisade, se rappellent eucore combien ce prèlre vénéré mettait d'ardeur dans l’accomplissement de son œuvre. Sa parole, forte et onctueuse à la fois, ne connaissait pas d'obstacles, et si quelquefois, en lui, le prédicateur paraissait austère, le confesseur rechetait cette sévérité apparente par la plus miséricordieusedouceur.Que de ir devront leur salut éter:

ne

Après des semaines et des mois de travaux incessants, de veilles et de fatigues, l’apôtre des retraites et de la Timjerance s'accordait comme à re gret quelques jours de r.pos Il avait choisi pour demeure la maison de son ami le plus intime, le Rétér nd Messire Pierre Villkneuve, alors curé de Saint-Charles. Là, jouissant,

our ainsi dire, de la vie de famille, s'occupaut de quelques travaux manuels, consacrant ses loisirs à la culture d: la musique religieuse et à quelques autres amusemen!s favorie, il trouvait encore l’occasion de satisfaire son zèle en aidant son confrère bien-aimé dans tous les soins du ministère et surtout dans la prédication et dans la direction des âmes.

C’est à peu près vers cette époque qu’il présentaaux associés de la Tem pérance son opusrule ivtitulé Za Croix, qui se conserve avec respect dans presque toutes nos familles chrétiennes. Il publia aussi vers le même temps Le Manuel des parents chrétiens, œuvre remplie de couseils salutaires pour le bien spirituel et temporel de ce peuple qu'il voulait enchaîner à jamais sous le joug de la foi et de la vertu.

Non content de se montrer patriote dans ses travaux apostoliques, dans 88 écrils, il voulut encore en- “ou. ager, par ses exemples, l’œuvr de la colonisation ; et on le vit, un jour, à la tête d’une nombreuse cohorte de défricheurs, aller travailler, pendant plusieurs semaines, à l’avan

A. MAILLOUX, G.-Y

cment de ce township qui porte son nom et 5ù sont établis maintenant des cultivateurs à l'aise qui lui sont redevables d’une large part de leur prospérité.—On rapporte que pendant cette expédition si ardue, après de pénibles journées, il passait encore une partie de ses nuits en oraison, voulant, diseitil, prier à la place de ses chers compagnons qu'il voyait accablés de fatigues etqui plus que lui avaient besoin de repos.

M. Mailloux menait, depuis huit longues années, cette vie laborieuse, lorsqu'un pénible incident vint encore une fois modifier son genre d’apostolat. Le 31 août 1256, le révérend M, Pierre Viileneuve mourait à l'Hôtel-Dieu de Québec, e nportant dans sa tombe les regrets et l'amour de la paroisse de Saint Charles tout entière. Monsieur le Grand-Vicaire Mailloux pleura ce tendre ami avec lequel il avait coulé des jours si heureux ; et, comme pour faire diversion à sa douleur, il s’cff.it pour la mission des Illinois que de tristes circonstances avaient rendue nêécessaire. Et qui mieux que lui pouvait arrêter Ce schisme naissant? En face d’un prêtre apostat et infidèle, ne fallait il pas un prêtre véritablement digne de se nom, un prêtre inviolablement attaché à la doctrine de l'Eglise, et portant sur son front le triple cachet de la mortificalion, de l’obéissance et de la pureté sacerdota!e ?

Cette mission des Illinois fut fé.

conde en fruits de salut: et quand, en 1862, 1l laissa à ses dignes coopérateurs cette terre qu'avait voulu ravager l'ennemi, il put emporter dans son cœur la cert.tude d’avoir remis pour toujonrs dans le droit chemin grandnombre de familles qui s'étaient laissées entraîner presqu’invinciblement dans les senticrs de lerieur.

De retour äu Canada, il se donna \ avec une nouvelle ardeur à l’œuvre des retraites. Pendant un an, il interrompit ce travail pour se charger de la paroisse de Bonaventure, dans

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le district de Gaspé; mais le Ciel, content de ses nables efforts, voulait qu'il terminâÂt ses jours dans les occupations plus paisibles et plus proportionnées à son Âge, ainsi qu'à sa santé qui allait s’altérant de jour en jour.

Depuis cette époque jusqu'à sa mort, il fut successivement l'hôte d'amis de son choix qu'il mentionne et remercie tout particulièrement de leur charité, dans son testament. Du mois de mars 1866 au mo's de juin 1870, il accepta l’hospitalit“ du révérend M. Martineau, curé de Suint- Charles, qui le traita toujours avec une déférence toute filiale. En retour de toutes ces prévenances respectneuses, Monsieur le grand vicaire Mailloux leur rendait tous les services dont il avait besoin, et c'est grâce à lui, et même sur ses instances, que Monsieur le curé de Saint-Charles put faire, en 1870, l’année du Concile du Vatican, son vovage en Europeet son pèlerinage à la Ville Eternelle.

Depuis 1870, jusqu’à sa mort, M.

Mailloux vécut à Saint-Henri de Lauzon, auprès de ces deux autres amis de son cœur, M. le curé Grenier et le révérend M. J.B. Côté, qui n’ontces sé de lui prodiguer jusqu’à la fin, les marques du plus sincère attacht ment,

Pendant ces dix dernières années de sa vie, M. Mailloux ne resia pus inactif. De temps en temps encore, autant que ses forces le lui permettaient, il donnait quelques retraites, avec moins de vigueur peut-être qu’autrefois, mais avec des résultats non moins précieux. C'est aussi

ndant ce laps de temps qu’il éla Era, à force d’études et de veilles, ses ouvrages si bien connus sur La Tempérance, sur Le Luxe, et tout récemment encore, un volume inti tulé: Le Petit Arsenal. C’est un livie de controverse élémentaire destiné à la classe peu ins'ruite et qui a raçu l'approbation des évêques de la Province.

Monsieur Mailloux a laissé de

plus l'Histoire de l'Ile-rux Cuulres, et un résumé inédit de l'Histoire de l'Eglise, ainsi qu'une foule de notes précieuses et de documents qui peuvent servir à notre histoire ecclésiastique, en particulier. Son testament lègue au Séminaire de Québec tous ses manuscrits, Comme: nn gage de reconnaissance et d’aff ction pour cette maison envers laquelle il se trouve, dit-il, redevable de tant de bienfaits.

Ce qu’il faut rechercher, avant tout. dans la série des ouvrages de M. Mailloux, re ne sont pas, sans doute, les délicatesses d’un style brillant et châtié: un travail trop rapide lui faisait négliger ces justes exigences de l’art; mais si on oublie un instant ces quelques défauts, on sera étonné, en lisant ses œuvres, de voir les recherches qu'elles ont dû exiger et l’érudition dont elles témoignent. La science qui semble y prédominer, c’est la connaissance approfondie des Saintes Ecritures et des Pères de l'Eglise. Mais à chaque page aussi se révèlent, sous une doctrine quelque peu sévère, an jugement généralement sûr et une cha'eur d'âme, qui portent la convietion dansles esprits et la persuasion dans tous les cœurs f.

t On sait quel attachement M. Mailloux avait pour son île natale. Cet attachement, ditun contemporain, était fondé sur certains principes qu’il invoquait souvent. Il disait ‘“ qu’un homme bien ué doit aimer sa patrie, et dans sa patrie le coin de terre qui a vu naître ; que ce lieu, quelque petit et pauvre qu’il fut, était bien le plus cher à son cœur. ” Et comme ji! était grand appréciateur des dous spirituels, le fait d’avoir été baptisé et d'avoir fait sa première communion dans sa paroisse natale, étaient des dons si précieux, qu'un enfant ne devait jamais l’oublier, dans aucune circonstance de la vie. Aussi la veille de sa mort, en regardant l’église, il disait: “ Chère petite église, c’est dans toi que j'ai été baptisé et reçut pee la première fois mon Sauveur et mon Dieu!” Il était loin de panser que six jours plus tard il y serait inhumé,

Voilà, sans doute, les seules raisons qui pouvaient Pattacherà cette petite île : aussi semblait-il y.arriver toujours avec joie; il considérait les habitants, non-seulement comine 8es COMpPagnons, IMAÏS COMINE 8€

Jusqu'ici nous avons admiré l’a.

thlète du Seigneur combattant les bons cora1bats de la foi et la confassant par ses œ'ivres admirables de vant une multitude de témoins : certa bonum certamen fidei : confessus bonam confessicnem coram multis testibus.

Il nous reste à le contempler maintenant au moment où il va cueillir le prix de ses travaux et recevoir la couronne de gloire qni lui est destinée: apprehende vitum œternam in qué vocatus es.

Pendant son séjour à Sain'-Henri de Lauzon, M. legrand-vicaire Mailloux s’occupait activement du saint ministère. Le tribunal de la pénitence et la prédication de la parole de Dieu attiraient particulièrement son attention. Au mois de mai de cette année 1877, pour accomplir un vœu qu'il avail fait, il prêcha tren e sermons sur la sainte Vierge. Ces sermons furent les derniers de sa vie. Cet effort d'amour pour glorifier la Reine

amis d'enfance, et il cherchait toutes les occasions possibles pour leur faire du bien.

Avec quel zèle il leur annonçait la parole de Dieu, voulant à tout prix leur procurer le salut de leur âme. I1 cherchait à les encourager dans cette impertante affaire, c’est en cette vue qu’il leur procura tout ce qui

ouvait y contribuer. C’est Ini-même qui fur donna le premier Chemin de Croix placé dans l’église; plus tard, en 1869, il plaça dans la même église un second Chemin de Croix, un des plus beaux du diocèse, préparé par lui ; cette préparation lui avait coûté deux années de travail tel que lui seul, avec sa patience persévérante, pouvait l’acsomplir. Ce fut dans cette année, 1869, qu’il enrichit l’église de l’Ile-aux- Coudres des dons précieux suivants, savoir:

de reliques de la vraie croix, de la Bonne Sainte-Anne, de Saint-Louis patron de la paroisse, de Saint Alexis son patron à lui, et ds celle du Bienheureux Port-Maurice :

ce qui donna lieu à cette belle fête dites de la translation des reliques, ge fut la plus solennelle qu’on ait vue dans lIle-aûux- Coudres. Déjà, quelques années auparavant, il avait placé lui-même dans l’église nn superbe instrument de musique qui contribue grandement aux solennités du culte divin.

‘ Tous ces dons, ” disait-il, “ il les devait à sa paroisse natale, à l’église où il avait reçu le bienfait inestimable d’avoir connu la religion de Jésus-Christ, et d’avoir participé à 8es précieux dons.”—Rien ne montre mieux combien il estimait notre sainte Religion.

A. MAILLOUX, G.-V

des Cieux lui démontra combien ses forces s’en allaient rapidement ; et dans l’allocution du dernier jour, comme par un instinct prophétique, il la‘ssa comprendre aux fidèles, et à ses confrères chéris, que désormais sa voix cesserait de se faire entendre Il ne disait que trop vrai. Pourtant il continua enc re de se rendre au confessionnal et de célébrer la sainte messe; mais plus d’une fois, il fut pris de défaillances, et un jour en particulier (c'était pendant le Triduum de la Bonne Sainte Anne), il demeura assez longtemps évanoui, dans le jardin du presbytère, où personne ne l'avait aperçu.

Le 31 juillet, ilquittsitSaint Henri pour se rendre à l’Ile-aux-Coudres, pressé, disait-il, par le besoin de r pos, et voulant respirer encore une fois l'air natal! Dans l’état de faiblesse où il se trouvait, on peut affirmer que la Providence seule l’a soutenu et conduit jusqu’à cet endroit où il devait terminer sa carrière. Deux ans auparavant, lorsqu'il célébrait, à l’Ile-aux-Coudres même, sa cinquantième année de prêtrise, par une fête de famille qui restera à jamais célèbre dans l’Ile tout entière, il avait déciaré publiquement aux paroissiens qu’il viendrait mourir au milieu d’eux. {l tenait sa parole :

encore quelques jours et ses vœux allaient ê're exaucés! Le 4 du mois d'août, jour de l'ouverture des Que£rante-Heures dans l’église paroissiale, M. le grand-vicaire se leva dès l’aurore et commerçga la saintemesse, mais, après la consécration, il futatteint d'unenouvelledéfaillance.

Sentant que c'était la dernière, il se communia lui même avec cette piété qu’on admirait en lui: il prit également le calice du sang précieux, puis après ce viatique sacré, il se rendit en toute hâte à la sacristie, où M. le curé de l'Ile aux Coudres lui prodigua ses soins empressés et le reconduisit au presbytère.

Les forces lui revinrent, cependant quelque peu, et dans le cours de la

journée, il put voir quelques vieux

ibien ses nent; et er jour, hétique, dèles, et ssormais sntendre >ourtant ndre au la sainte is, il fut jour en , le Tri- Anne), il évanoui, tère, où

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prêtrise, restera à entière, ent aux

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parole :

es YVæ:1x du mois Les Que.paroiseva dès saiinteation, il illance.

re, il se te piété rit égaécieux, é, il se acristie, oudres essés et

endant s de la s vieux

amis de la paroisse et con verser avec eux. Mais, sur les quatre heures et demie de l'après-midi, se seutant plus mal, il appela. Où lui prépara aussitôt en toute diligence une potion cordiale pour le réconforter; mais lorsque, quelques minutes après, on so rendit auprès de lui pour la lui présenter, on le trouva immobile et doucement étendu sur son lit. Il venait de rendre le dernier soupir sans autre effort que celui d'un voyageur qui, au terme d’une longue course, s'endort d’un paisible sommeil. Son bréviaire était encore dans sa main et témoignait hautement que son dernier acte avait été un acte de religion, sa der-

nière parole, une élévation de son

cœur vers Dieu.

M. l'abbé Demers, vicaire de la Baie Saint-Paul, se trouvait en ce moment au presbytère. Espérant qu'un reste de vie pourrait peutêtre errer encore sous ses membres glacés, il prononça les paroles de ’absolution et fit l’onction générale pe les mourants, mais il constata ientôt que c’en était fait et pour toujours.

Une mort subite laisse toujours dans l’âme de pénibles émotions ; mais en considérant les traits si paisibles de cet ami de Dieu, on se consolait au souvenir de cette parole de la sagesse : Quand même le juste mourrait d'une mort précipitée, il se trouve.

rait dans le repos: Justus, si morte

| præoccupatus fuerit, in refrigerio erit.

Ah ! s’il était quelqu'un sur la terre qui pût se passer des derniers secours que l'Eglise réserve à ses enfants, n’était ce pas celui qui, le matin même, s'était nourri du pain des forts ? n’était-ce pas ce vaillant so!dat du Christ qui depuis longtemps avait vaincu la puissance du démon et qui n’attendait plus que la couronne incorruptible promise par le Prince des Pasteurs ?

La nouvelle de la mort de M.

Mailloux tomba partout comme un coup de foudre et se propagea avec la rapidité de l'éclair, En un instant

tous les paroissiens en furent informés et le soir même, le télégraphe annonçait que le Seigneur venait d'appeler à lui son bon et fidèle serviteur.

Pendant que les anges du ciel se réjouissaient du triomphe de ce saint apôtre de la Croix, ses amis de la terre le pleuraient et lui préparaient des funérailles dignes de lui, Elles furent célèbrées le huit août, dans l'église de l’Ile-aux-Coudres, au milieu d'un concours immense de fidèles et en présence d’un grand nombre de membres du clergé. Monseigneur l’Archevêjue de Québec, voulant témoigner de sa vénération pour l'iliustre défunt, présida luimême à cette lugubre cérémonie; et, avant de confi'r à la terre la précieuse dépouille, il prononça sur la tombe l'éloge funèbre de ce prêtre distingué dont le nom béni sera à jamais la gloire du sanctuaire.

Après un demi-siècle de travaux incessants dont le théâtre s'étend des limites de lIllinois aux côtes lointaines de la Gaspésie, après tant de privations, de peines et de fa.

tigues, qu’il repose en paix! Qu'il dorme le sommeil des saints dans cette église où il a prié à tous les âges de sa vie, auprès de cet autel où tant de fois il célébra les saints mystères et où ilest venu, à son dernier jour, déposer cette riche moisson de mérites dont il reçoit mainte.

nant la juste récompense!

Quelque bien approprié, cependant, que soit le lieu de sa sépulture, ce n'était pas là celui qu'il avait désiré. Ce qu'il voulait, ce qu’il avait demandé instimment, dans l’expression écrite de ses dernières volontés, c'était d’être déposé dans le cimetière de la paroisse où il mourrait, au pied mème de la pue croix qui protége ce séjour de la mort, en souvenir de la Sociéié de la Croix qu'il avait établie f.

t Extrait de son Testament :

“ .…...Troisièmement.—Je veux et ordon-, ne que mon corps soit inhumé dans le cime

tière de la paroïtse où je décèderai, au pied

he.

lteposer à l'ombre de cet arbre de vie, én attendant le jour du jugement, tel était son vœu suprême. B:

pouvaitil réclamer un monument plus glorieux, cet homme de la éroix, cèt apôtre dont'la vie ne pré.

cha jamais autre chose que Jésus et Jésus crucifé ?

Ce saint prêire voulait encore, en agissant ainsi. rester plus présent à l'esprit des fidèles et leur recom mander même après sa mort la flaélité aux ligons de vertu qu'il leur

de la grande eroix du cimetière, en souvenir de la Société de la Croix que j'ai étabiie et je défends expressément qu'on inhume mon corps daus l’église.

4 Quatrièmement,—Je veux et ordonne Li fasse chanter sur mon corps, le jour de mes funérailles, un service très-commuu, qu'on ne fasse sonner qu’uue cloche pour mes glas et mon inhumation, qu'on mette mou corps dans un cercueil très-commun,

u’on ne fasse pas d'oraison funèbre, ni Léloges à mon enterrement, point d’éloges sur Jes journaux, mais qu’on insère seulerent l’annonce de mon décès, et qu’on me recommaude aux prières des membres du clergé, des communautés religieuses et des associés de la Croix ; et je veux et ordonne que mon corps ne soit exposé ni au presbytère, ni à l’ég'ise, mais qu’on fasse de moi à cet égard comme 8j j'étais laïque, et je dé:

fends aussi expressément qu’on ne fasse ou érige aucun monument sar ma tombe, ne voulant être qu'à l’ombre de la grande Croix. ”

avait enseignées. Mais si l'autorité ecclésiastique n'a pas eru devoir oh-.

tempérer à ses désirs; si on a préféré mettre dans le sanctuaire celui

ui fut une colonne dans la maison e Dieu, celui qui sera à jamais le modèle de la sainteté sacerdotale, le peuple canadien n’en conservera pas moins, malgré cela, le souvenir de cat homme si dévoué à Ja religion et à la patrie, et qui ne connut.

d'autre joie ici bas que celle des'oublier lui même pour ss donner tout entier à l’am)ur et au service de ses frères,

Dans une des dispositions de son testament, après maintes recommandations toutes dictées par l'humilité la plus profonde, M. le grand vicaire Mailloux a demandé qu’on ne lui fit aucun éloge sur les feuilles publiques. Nous avons dû pr: À, AN ses ordres.

Puisse-t-il du haut du ciel uous pardonner notre pieuse désobéis, sance! Puisse surtout cette humble notice contribuer quelque peu à conserver plus longtemps parmi nous le souvenir de ce saint prêtre qui fut toujours si agréable à D:eu et si vénérable aux yeux deshommes !

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