‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 27 · CONTINUATION D'UNÉ PROMENADE AU- TOUR DE L’ILE—ANECDOTES · texte numérisé non relu

CONTINUATION D'UNÉ PROMENADE AU- TOUR DE L’ILE—ANECDOTES

Nous avons coupé la pointe est de

l'Ile; les arbres ne bornent plus notre horizon. Regardez la rive nord un peu à l'est; le premier objet, qui s’offre à nos regards, ce sont ces deux longs rochers qu’on dirait d’un géant qui allonge ses longues jambes, au loin dans le fleuve, comme pour y cacher ses pieds.

Si jimais vous voulez avoir une idée des saults que devaient faire les béliers dont parle le prophète-roi, accordez-veus la liberté de vous embarquer dans une chaloupe, et d’aller faire un tour de promenade dans le rang-de-marée qui se forme à quelques arpents du bout des pieds de mon géant métamorphosé. Choisissez l’heure de la marée baissante, dans le temps des grandes mers, quand il fait un fort vent d'est.

Lorsque vous serez de retour de votre humide promenade, vous

ourrez vous vanter d’avoir dansé e plus sautillant rigodon qui ait ja.

mais été dansé dans une salle de bal.

Comme vous le voyez, les capsauxoies, avec leurs longues pointes, nous dérobent la vue du reste de la rive nord du fleuve. Ne dirait-on pas qu'ils se sont placés là parce qu'ils ont craint que la vue du rivage, qu’ils dérobent à nos regards, eût empèché de faire attention à leur gigantesque longueur. Cependant je vous avouerai que, réflexion faite, j'ai reconnu que la Providence avait bien fait de les allonger de la sorte, parce que leur avancemeut dans le fleuve fournit un abri aux navigateurs, dans l’anse de la grosse-roche qui les avoisine à l'ouest, contre la fureur des vents de l’est qui se déchaîne, sur cette partie de la côte nord, peutêtre plus qu’en aucun autre endroit de notre Saint-Laurent.

Mais c'en est assez, peut-être même trop, sur mon géant aux longues jambes. Portons donc nos regards ailleurs. D’autres objets vont nous intéresser bien davantage.

Page 1