LETTRE CXXXVIII
De Sidney-ToWD, capitale du duché de Cumberland (Nouyelle-Galle du Sud).
xJes voleurs dévastaient l'Angleterre , des filles de joie désolaient les familles; un coin de terre presque à Fantipode de Londres avait offert aux nations un asile sûr contre les tempêtes ; quelques pêcheurs de baleines, et un capitaine expérimenté avaient fait de ce pays une brillante description; un sage conçoit une pensée généreuse et philantropique. Des navires de l'Etat sont chargés de ceux que la métropole désavoue pour ses enfans;
ils abordent dans la Nouvelle -Hollande Le
voleur fait oublier ses délits par ime vie active et laborieuse; la fille publique devient épouse et mère, et ne se souvient de ses égaremens que pour les abhorrer: ses enfans reçoivent d'elle des leçons de probité et d'honneur; les terres sont partagées par un Gouverneur sage, impartial et sévère, qui donne avec discernement et refuse avec fermeté; elles sont défrichées par des bras vigoureux, qui leur demandent des richesses dont on n'aura
plus à rougir. Ces végétaux împosans^ que les siècles avaient eu tant de peine a ^élever , tombent et roulent sur le sol qui les avait nourris. De vastes édifices remplacent des huttes enfumées; une population vive et brillante s'agite , impatiente de plaisirs, dans les lieux mêmes où des* hommes sauvages se livraient naguère des combats meurtriers; les sentiers obâcurs devtenoeat des routes larges et nivelées; ime cité ^'élève, une cdome est formée , Sidaey devient une vUle flonfisante.