LETTRE CLI
De Sidnej.
JLrois-JE te parler des fêtes, des bals et des autres parties de plaisir dont nous sommes l'objet , et ne trouveràs-tu pas ëtonnant que moi, qui t'ai entretenu de MM, les Anglais av^c une franchise si peu bienveillante pour eux, J*en reçoive aujourd'hui des civilités et des caresses? . . . . Je te l'ai déjà dit : le mot Anglais ne résonne jamais doidoureusenient à mon oreille ^ et la meilleure preuve que je ne suis pas mu par des préjugés^ absurdes , c'est que j'accepte avec une vive reconnaissance toutes les offres amicales qui me sont faites. Je trouve des négocians intègres et instruits , de» militaires braves et amis de la gaîté, des dames remplies de grâces et de modestie , qui me permettent de m'associer h leurs amusemens et a leurs jeux; j'y cours avec empressement, et je sens, ici surtout, que lorsqu'on est éloigné de sa patrie de tout le diamètro de la terre, o^ n'est ni Russe, ni Anglais, ni Espagnol, ni Français : on est Euro* péen , on est du même pays.
11 est certain que le Gouverneur de Diely nous a reçus avec une bienveillance toute particiiKèref que celui de Guham nous a accables de politesses , et qu'à l'île de France et à Bourbon, nous avons été traités comme des frères ; mais liuUe part les fêtes n'ont été si briUantes qu'a Sidney; et les capitaines des navires ont rivalisé avec les citoyens de la cité pour nous faille regretter une r^Iâclie qui 4€vtît être une des dernières de notre pénible campagne.
Il m'est doux de t'apprendre que jamais la plus légère discussion n'a eu lieu, que l'urbanité la plus franche a régné dans toutes nos réunions, et que nous sommes partis avec le regret bien vif, je t'assure, de n'avoir pu répondre à tant d'amitié, à tant d'honorables attentions, que par notre recoanaissance.
Il n'y a pas d'ingratitude à ne désigner aucune des personnes qui nous ont accueillis avec le plus de bonté, puisque je devrms nommier Içs plus recommandablQs de la colonie. M^is apre^ le Gouverneur Macquarie , et MM. Field , Waal, Peper et Blighs , qui sont les premières autorités , MM. Forb^, WoUestoneroft*..-. Allons, voilà qu^ ]'allais UHnber dans Une longue nomenclature. Si nous partons avec regret, du**nioiiius avons nous^
récris ces noms sans en cqpiuiltre «s^ctmieB^ VàflikOffimplm.
AUTOUR DU lIO^DE. 3^7
aussi la certitude que notre amitié a été sentie et appréciée*
P.. S. Je ne tie parle pa&de Parramatta que je nai fait qu'entrevoir, et de plusieurs autres établisr sepaens de cette partie de la Nouyellc-Hollande que je n'ai pas vus ^ et que m^ camarades n'ont pa^ plus vus que moi^ parce q[ue je tiens a ne te doi^ner que fies détails positi&. Mais je nç puis m'empécher de . faire i,ci une remarque dont tous le* voyageuiç apprécieront la,just^se : c'est que les Anglais ne varient pas assez les noms qu'ils donnei^ aux pays qu'ils découvrent^ et que celte série perpétuelle de rwière du roi George , pic du rôi George, plaine du roi George y golfe de la reine Charlotte^ anse delà reine Charlotte y marais de la reine Charlotte y répandent beaucoup d'obscurité dans leurs narrations. Leur patrie est cependant assez féconde en noms illustres qu'ils auraient pu attacher à leurs découvertes.
J'ajouterai encore qu'il est facile de deviner, par les noms que portent les pays étrangers, et surtout les ports , les villes et les petits établîssemens , quels sont les peuples qui les ont découverts ou formés. Aux Mariannes, le fort Sainte-A gathe y le château Saint-Raphaël y la jj^ierge des Douleurs, la Heine des CieuXy XAnge gardien , etc., etc., tout cela n est-il pas espagnol ? Quant à nous ,
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Il est certain que le Gouverne^/ SertHollél , a reçus avec une bienveillance '/ - ces noms sont que celui de Guhani nous a af / iifficile de nous et qu'à l'île de France et % Tt'f - nomenclature est traités comme des frères ■'''' -rce cpiê, quoiqu'elle n'ont été à brîHantes p ' .;moire, c'est celle qui des navires ont rival' jépHses.
pour nous faire rr i^ns après demain, et en cas être une des der ^révu, je t'envoie ma lettre parmi
il m'est do',j d'abord en Chine et ensuite à Caïléeère dise ^ière qu'il est possible que je soîsauprè» franche ^ t" la rccewasque no je t'a'
AUTOUR DU MONDE. SSg
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